Le rendement de la dette en devises fortes – tel que mesuré
par l’indice JP Morgan EMBI Global – se
situe aux alentours de 5%, soit un niveau
attrayant par rapport à celui des obligations
d’Etat mondiales (environ 2%) et de la dette
américaine investment grade (environ 3%).
La prudence des économies émergentes
sur le plan budgétaire constitue également
un facteur de soutien pour la classe d’actifs.
Hormis en Chine, les gouvernements
des pays en développement ne recourent
pas à des mesures de relance budgétaire
pour stimuler leur croissance. L’équilibre
budgétaire central – soit l’écart entre les
recettes et les dépenses de l’Etat – se situe
aux alentours de 2%, ce qui dénote d’une
nette amélioration par rapport aux -3,7%
affichés en juillet 2009. Selon les chiffres de
l’EPFR, les obligations émergentes ont attiré
13 milliards de dollars, soit 6% des actifs
nets, depuis le deuxième trimestre 2014. La
dette en dollars capte une large part de ces
flux, du fait des inquiétudes persistantes
liées à la volatilité des monnaies locales.
Pour l’heure, nous restons prudents à
l’égard de la dette en monnaies locales,
un fléchissement des devises émergentes
par rapport au dollar n’étant pas à
exclure.
Une dépréciation des monnaies
émergentes constituerait une condition
préalable incontournable à des ajustements
structurels nécessaires dans l’ensemble des
pays en développement, et contribuerait
à stimuler les exportations, à diminuer la
demande intérieure de biens importés et à
réduire les déficits des balances courantes.
Les responsables politiques des économies
émergentes ont également agi de manière à
contenir la vigueur de leurs monnaies ces
derniers temps, augmentant du même coup
leurs réserves de devises.
Nous avons réduit notre exposition
aux obligations d’Etat européennes. Ce
changement d’allocation fait suite à la
forte hausse des marchés obligataires
de la périphérie de la zone euro, où les
rendements s’établissent désormais à
des plus bas records. Les attentes tablent
certes sur l’adoption de mesures de
relance supplémentaires de la part de la
BCE au cours des mois à venir, mais les
valorisations des emprunts d’Etat des
marchés n’appartenant pas au noyau
dur européen intègrent d’ores et déjà
pleinement ce scénario. Cette réallocation
s’est opérée par le relèvement de
l’exposition à la dette investment grade, de
sous-pondérée à neutre.
Nous maintenons la sous-pondération
de l’euro par rapport au dollar.
Dès lors
que la BCE devrait adopter une politique
monétaire plus accommodante au cours des
mois à venir, tandis que la Fed agit en sens
inverse, les différentiels de taux d’intérêt
plaident en faveur d’une sous-pondération
de la monnaie unique (voir graphique).
![]()
Les conditions économiques pourraient évoluer
selon des trajectoires divergentes dans les
deux régions, la dynamique de croissance
fléchissant dans la zone euro. On peut
raisonnablement penser que l’euro tombera
à un niveau largement inférieur à 1,30
dollars, contre 1,34 actuellement. Un tel repli
ne serait pas pour déplaire aux responsables
politiques, puisqu’il constituerait un soutien
majeur pour les exportations de la région et
renforcerait encore les liquidités.

Ajouter un commentaire