Natixis Global Asset Management publie aujourd’hui le rapport 2015 sur l’indice mondial
des retraites (Global retirement index), benchmark permettant de comparer les modèles
de 150 pays en fonction des réponses apportées aux besoins de financement des
retraités. L’étude révèle que la sécurité des retraites est mondialement mise à mal en
raison d’un besoin en ressources publiques difficilement soutenable et de facteurs macro-
économiques affectant la valorisation de l’épargne retraite. Ceci pesant sur les
investisseurs privés eux même, contraints à davantage de responsabilités pour s’assurer
une retraite confortable.
« Les investisseurs particuliers seront toujours tributaires des évènements politiques et
économiques, mais ils ne doivent pas pour autant rester passifs, ils ont un rôle important
à jouer », explique Christophe Point, Directeur de NGAM Distribution, France, Suisse
Romande et Monaco. « En France, une grande partie de l’épargne des particuliers est
investie sur des actifs à garantie en capital, ou à taux garantis, dont les rendements sont
amenés à baisser d’année en année. Notre rôle est d’aider les investisseurs à prendre
conscience de cette réalité, mais surtout de la nécessité d’agir face à celle-ci, afin qu’ils
puissent garantir leur sécurité financière le moment venu ».
Pour préserver cette sécurité financière, la majorité des investisseurs aura besoin
d’accompagnement. Une étude mondiale menée par Natixis Global AM[[Natixis Global Asset Management a publié les résultats de son Etude Mondiale des Investisseurs Privés en mai 2014. Cette étude
est basée sur un travail de recherche mené par Coredata dans 14 pays à travers l’Amérique, l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient
auprès de 5 950 investisseurs détenant des actifs supérieurs à 200 000 USD. ]] a révélé que 68%
des investisseurs n’ont pas élaboré de plan de financement de leurs retraites et que seuls
16% ont une idée claire des revenus annuels dont ils auront besoin pour maintenir leur
niveau de vie pendant la retraite. Au niveau de la France les résultats sont également
préoccupants : 70 % des investisseurs interrogés n’ont pas d’objectifs financiers clairs et
79 % n’ont pas élaboré de plan financier en vue de la réalisation desdits objectifs. Les
investisseurs privés devront s’intéresser avant tout aux facteurs qu’ils peuvent maîtriser,
à savoir la planification financière, la définition d’objectifs et davantage d’engagement
dans la gestion de leurs finances personnelles.
L’indice classe 150 pays en fonction de 20 tendances, couvrant quatre sous indices
thématiques: la santé, le bienêtre matériel à la retraite, la qualité de vie, et le financement des retraites. En associant ces tendances, l’étude permet de mesurer les
conditions et le niveau de vie des retraités et de la population proche de la retraite dans
chacun des pays.
Décrochant 8 places parmi les 10 premières, les pays européens continuent de
bénéficier du meilleur niveau de sécurité financière pendant la retraite – la Suisse
et la Norvège se classant en tête pour la deuxième année consécutive. En troisième et
dixième place respectivement, l’Australie et la Nouvelle Zélande sont les seuls pays nonEuropéens
à figurer dans le top 10.
Le Japon, le Qatar et Kuwait affichent les plus grandes progressions dans le classement,
chaque pays gagnant plus de 10 places. Le Japon passe ainsi de la 27ème à la 17ème
position grâce à l’amélioration de son classement sur le sous indice santé. Le Qatar est
passé de la 31ème à la 21ème place, tandis que le Kuwait se hisse de la 40ème à la
26ème position. Les deux pays ont bénéficié d’une croissance soutenue et affichent le
premier et second meilleur revenu moyen par habitant au monde, ainsi que des taux de
chômage inférieurs à 1,5%. Au Qatar, la qualité des soins accessibles aux retraités a
fortement progressé au cours des dernières années. A contrario, la Grèce a chuté de 37
places pour se classer 76ème et l’Espagne, en 55ème position, a perdu 26 places.
Les pays où la sécurité financière des retraites est la plus difficile à garantir se situent
principalement dans les pays subsahariens, du Moyen-Orient et de l’Asie du sud-est.
Les pays du haut du classement confrontés à des difficultés budgétaires et au
vieillissement de la population
Les pays en tête du classement bénéficient globalement d’une économie en croissance, de
systèmes financiers et d’une réglementation solides, de politiques gouvernementales
offrant un accès généralisé aux soins et aux services sociaux, et enfin, d’un
investissement public conséquent dans l’infrastructure et la technologie. Du côté de la
population active, ces pays proposent des programmes d’épargne retraite obligatoires ou
semi-obligatoires.
Mais ces pays développés sont également confrontés à des difficultés. Le nombre de
retraités croit rapidement, et un pourcentage élevé de la population vit plusieurs
décennies après la retraite. En parallèle, la population active qui finance les programmes
sociaux sur lesquels reposent les retraites, diminue. Puisque les niveaux d’imposition sont
déjà élevés dans un grand nombre de ces pays, et que les Etats sont fortement endettés,
la viabilité à long-terme de ces systèmes de retraite est à risque.
« Dans l’idéal, le financement des retraites implique un engagement conjoint de la part
des gouvernements, des employeurs et des citoyens », ajoute Christophe Point. « Si la
capacité des gouvernements à soutenir le niveau de vie des retraités est limitée ou
compromise, cette tâche incombera à d’autres. Les salariés, les épargnants et les
investisseurs devront prendre à leur compte une part plus importante de cette
responsabilité. Et c’est dans ce contexte qu’ils doivent se fixer des objectifs
d’investissement de long terme, qui leurs sont propres, ce que nous appelons le
benchmark personnel ».
Le positionnement de la France dans le classement
Cette année, la place de la France au sein du classement reste relativement
stable, passant de la 15ème position en 2014 à la 18ème cette année. La France
s’insère juste entre le Japon, 17e et les Etats Unis au 19e rang. Cette légère baisse est le
fruit de l’augmentation de la pression fiscale, de la dette publique, et de la dépendance
liée au grand âge, auxquelles les retraités doivent faire face avec des taux d’intérêt
toujours plus bas. On peut néanmoins s’attendre à une reprise timide de l’activité économique en 2015, le PIB du pays donnant des signes de faible croissance, mais il reste
à savoir si cela aura un impact sur le taux de chômage (qui a augmenté de 9.3% à 9.9%
en 2014). L’inflation était déjà dangereusement basse avant la chute des prix du pétrole,
qui va encore davantage tirer les prix vers le bas. Cette situation pourrait se révéler à
double tranchant : bénéficiant aux consommateurs à court terme mais risquée pour
l’économie du pays. Cependant, la France réussit à se maintenir sur le podium concernant
le sous-indice « Santé », porté notamment par l’augmentation de l’espérance de vie (de
81.5 à 82.5 ans) et un système de sécurité sociale performant et favorable aux retraités
(92.6% de couverture des dépenses de santé).
Classement des 30 premiers pays de l’indice mondial des retraites de Natixis Global AM :
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