Sur les marchés financiers, on n’assiste pas à une remontée généralisée des taux monétaires. Il y a bien une légère
poussée du taux de l’OAT à 10 ans, qui ne pouvait pas rester durablement proche de zéro. Mais ce petit redressement
ne signe pas le retour durable de l’inflation, loin s’en faut. Les fondamentaux des marchés n’ont pas changé, ni en
Europe, ni aux Etats-Unis. Il n’y aura pas de hausse des taux monétaires avant une reprise économique réelle, laquelle
se profile peut-être pour le dernier trimestre 2015 et devra ensuite se confirmer en 2016.
Ce qui est vrai, en revanche, c’est que certains établissements financiers ont relevé récemment le taux d’intérêt de
leurs prêts immobiliers. De quelques points seulement et pour des raisons de tactique interne : les taux
exceptionnellement bas de ces derniers mois ont été très largement mis à profit pour renégocier ou refinancer des
prêts en cours. Les ajustements opérés sont donc d’abord destinés à calmer ce phénomène de surproduction et à
permettre aux banques de reconstituer leurs marges. C’est une question de politique commerciale bancaire, rien
d’autre.
Le danger d’un amalgame serait de pousser à la précipitation les actuels candidats à l’acquisition immobilière. Il serait
irresponsable de les inciter à acheter maintenant, dans l’urgence, soi-disant parce que demain, il sera trop tard… Un
achat immobilier est un engagement important et de long terme qui se prend après mures réflexions et une étude
minutieuse du projet. On ne se précipite pas pour acheter le logement dans lequel on va vivre 10, 15 ou 20 ans sous
prétexte que le taux du crédit pourrait ne plus être à son minimum.
Les candidats acquéreurs ont d’autant moins de raison de s’affoler que les marchés immobiliers, comme les marchés
financiers, sont toujours en leur faveur. Les ventes stagnent à un niveau relativement bas, les délais de transaction
s’allongent et les marges de négociation des prix s’élargissent. Il ne fait nul doute que, dans ces conditions, une
hausse des taux de crédit serait aussitôt compensée par une baisse des prix de vente. Concrètement, 25 points de
base en plus sur un taux de prêt immobilier se traduirait par une baisse des prix de l’ordre de 2,25%.
La donne des marchés immobiliers en serait sans doute modifiée mais le pouvoir d’achat immobilier n’en serait pas
pour autant affecté.
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