Estelle Ménard, Responsable Adjointe Actions Thématiques, et spécialiste de la thématique Restructurations, nous livre un bilan de ce marché en 2015,
les perspectives 2016, ainsi qu’un autre moyen de pallier ce
manque de croissance.
Considérez-vous que 2015 a été une bonne année
pour le marché des fusions acquisitions ?
Estelle Ménard: 2015 a été un excellent millésime pour les fusions acquisitions :
si l’on se penche sur les chiffres, le volume global des fusions
acquisitions a augmenté pour la troisième année consécutive,
atteignant un record de $5.03 trillions, dépassant la barre des
$5 trillions pour la toute première fois[[Source pour les chiffres cités : Dealogic. Données au 29/12/2015]].
L’Europe ne fait pas exception, puisque le volume total des
fusions acquisitions a atteint $1.03 trillion, son plus haut
niveau depuis 2008.
Les opérations de grande envergure ont également atteint
un niveau record cette année : 69 opérations de fusions
acquisitions de $10 milliards de dollars ou plus ont été
annoncées dans le monde, avec un total de $1.90 trillion en
2015, le plus gros volume jamais enregistré.
En novembre, la société pharmaceutique américaine Pfizer a
annoncé l’acquisition d’Allergan pour $160 milliards : c’est la
deuxième plus grosse opération de fusion acquisition depuis
que Vodafone a racheté Mannesman pour $172 milliards en
novembre 1999.
En termes de secteurs, la santé, la technologie et l’immobilier
sont restés les plus actifs.
Si 2015 a indéniablement été une belle année pour cette
thématique, des marges de progression subsistent. Le cycle
des fusions acquisitions en Europe n’a toujours pas retrouvé
son niveau d’avant crise (cf infographie 1).
Plus globalement, le cycle de fusions acquisitions n’est
pas à son plus haut sur la capitalisation boursière globale.
Les fusions acquisitions représentaient 11% de cette
capitalisation en 2000, 10% en 2007, et 9% en 2015. Si l’on en
croit les prévisions de Merrill Lynch, les fusions acquisitions
devraient progresser de 15 à 20%. Le meilleur resterait donc
à venir…
Pensez-vous que les fusions acquisitions
resteront inscrites dans cette tendance positive
en 2016 ?
Estelle Ménard: A mon avis, oui, car l’environnement reste très favorable aux
fusions acquisitions. La faiblesse de la croissance économique
pousse les entreprises à rechercher de la croissance externe
au travers d’acquisitions. Cette tendance est également
soutenue par des conditions de financement intéressantes
du fait des taux d’intérêt bas, et du niveau d’endettement
extrêmement faible des sociétés.
De plus, dans le contexte actuel d’inflation, la consolidation
des secteurs via les fusions acquisitions permet aux
entreprises d’augmenter leurs prix finaux et donc de
conserver leurs marges.
Par ailleurs, la faiblesse de l’euro rend les entreprises
européennes plus attrayantes pour les entreprises
américaines, qui peuvent utiliser leur trésorerie excédentaire
à l’international pour des opérations transfrontalières.
Enfin, les entreprises privilégient les opérations stratégiques
pour acquérir de l’innovation, notamment au sein des secteurs
pharmaceutiques et technologiques. Toutes ces raisons me
laissent penser que 2016 sera un autre bon millésime pour les
fusions acquisitions !
Les opérations annoncées en ce début d’année (OPA de
Deutsche Börse sur le London Stock Exchange, de Chem China
sur Syngenta) viennent conforter cette opinion.
Mis à part les fusions acquisitions, les entreprises ont-elles d’autres moyens de générer de la croissance ?
Estelle Ménard: Oui, les sociétés disposent d’un autre moyen de générer
de la croissance dans un environnement peu porteur : les
restructurations économiques. C’est d’ailleurs la deuxième
dynamique présente dans notre stratégie, la première étant
les restructurations financières ou fusions acquisitions.
Le thème des restructurations économiques regroupe
l’ensemble des changements internes à une société :
lancement de programmes de réduction de coûts, réduction
du niveau de la dette, cession d’actifs, changement d’équipe
managériale. Dans un environnement de croissance molle, les
sociétés peuvent choisir de réduire significativement leurs
coûts afin de maintenir leurs perspectives de croissance
des bénéfices, donc leurs marges. Ces programmes de
restructurations économiques ou de réduction de coûts
constituent une des dynamiques sur lesquelles nous sommes
actuellement investis à hauteur de 35%, 65% étant investis
sur les opérations de fusions acquisitions.
L’avantage de cette double dynamique est de pouvoir proposer
une thématique attrayante durant toutes les phases du cycle
économique. Cela nous a d’ailleurs permis d’afficher, sur trois
ans, une surperformance de plus de 6%[[Source : CPR AM au 29/02/2016. Performances nettes de frais calculées pour la P et
pour la part I du fonds Amundi Actions Restructurations. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.]] de notre portefeuille
par rapport à l’indice de référence, le MSCI Europe !




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