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Les facteurs de risque ESG : Une approche innovante par les signaux faibles

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Selon David Usemma, Antoine Gougeon et Catherine Crozat, Ingénieurs financiers chez CPR AM, cette approche par les signaux faibles permet d’exploiter quantitativement la richesse de l’information extra-financière sur les émetteurs, et d’améliorer la robustesse des univers d’investissement.

Quelle est votre philosophie sur l’intégration ESG dans les processus d’investissement?

Aujourd’hui, une grande partie de nos solutions ESG sont
totalement sur-mesure, dans le cadre de fonds et mandats
dédiés ; elles sont le fruit d’un échange avec nos clients,
en fonction de leurs objectifs afin de s’inscrire dans leur
dispositif ESG.

Dans tous les cas, nous nous appuyons sur la recherche
du bureau d’analyse extra-financière du groupe Amundi
(couvrant 4500 valeurs dans le monde), qui mutualise
données, moyens et expertise pour le groupe.

Nous sommes guidés par le pragmatisme et l’association
réussie du financier et de l’extra-financier, pour permettre
à nos clients de remplir leurs objectifs de fiducie.
L’innovation est également au coeur de notre philosophie,
puisque tout cet écosystème est vivant et en évolution, sur
les plans technique et réglementaire.

Quels sont vos travaux les plus récents ?

Nous avons mené, en partenariat avec un de nos clients
Institution de retraite un important programme de
recherche quantitative de l’impact des « signaux faibles »
extra-financiers sur le risque financier et la performance
des émetteurs. Notre hypothèse de départ était que
l’information riche et très granulaire qui sous-tend la note
globale d’un émetteur peut être exploitée pour pointer des
risques extra-financiers structurels ciblés, affectant la
performance financière et potentiellement masqués par
l’effet de moyenne de la note ESG globale.

L’étude a été menée avec une approche « agnostique » de
la pertinence des critères, et une attention particulière à la
cohérence des exclusions.

Le filtre finalement implémenté combine une exclusion classique des émetteurs les plus mal notés selon le score ESG global, et une exclusion complémentaire sur base d’une sélection de sept critères E, S ou G ciblés, les signaux faibles. Les critères retenus sont une source de diversification, avec un niveau intéressant de corrélation (Gouvernance & Environnement sont par exemple corrélés à 40%).

Critères ESG retenus au terme de l’étude :

Axe environnemental :

  • Emissions de CO2 et consommation d’énergie
  • Gestion de l’eau

Axe social

  • Relations sociales
  • Communautés locales et droits de l’homme

Axe gouvernance

  • Structure du conseil d’administration
  • Audit et contrôle
  • Droits des actionnaires

Quels sont les résultats sur l’univers des actions
des pays développées ?

Pour des raisons de cohérence, nous avons fait le choix
d’appliquer le même jeu de critères et le même calibrage
de seuil d’exclusion par grande région (Amérique du
Nord, zone euro, Europe ex euro, Japon). La fréquence de
rebalancement est mensuelle.

L’analyse sectorielle par zone ne présente pas de pari
structurel stable. Cependant, certains secteurs peuvent
être périodiquement sur ou sous-pondérés. Par exemple,
sur la zone euro en 2015, la finance (-4,5%) et la technologie
(-3%) étaient les plus concernées par les exclusions alors
qu’en 2016 ce fut le tour des secteurs de la consommation
(-2,5%) et de l’industrie (-1,9%).

De 2010 à 2016, la simulation des univers filtrés pondérés
par les capitalisations boursières montre que notre
approche ESG par les risques crée de la valeur en zone
euro (+1,5% en annualisé par rapport au MSCI EMU) et au
Japon (+0,7% en annualisé par rapport au MSCI Japan). En
Amérique du Nord, la performance est légèrement en deçà
de celle du MSCI North America (-0,3% en annualisé).

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Quels sont les resultats sur l’univers Credit Euro
Investment Grade ?

Dans l’univers des dettes privées émises en euro sur
le segment 3-5 ans (hors subordonnées financières et
covered bonds), les notations ESG permettent d’exclure
80% des émissions ayant affiché une perte mensuelle
supérieure à 5% (cf. graphique ci-après). Or, les pertes
engrangées pour un investisseur Crédit peuvent provenir
de ventes en situation de stress sans espoir de profiter
par la suite de la reprise de l’émetteur (exemple du
« dieselgate » en septembre 2015). Ce filtre « anti-stress »
peut donc améliorer les conditions de risk management d’un
portefeuille géré activement ou sous contrainte buy & hold.

De plus, nous constatons qu’après filtrage, la structure
interne de l’indice est respectée (répartition par secteurs,
ratings, niveau de sensibilité taux / crédit) et que les performances sont très similaires à celles de l’indice qui
incluent les recoveries, gommant ainsi l’effet asymétrique
des ventes forcées. Du point de vue de la gestion, environ
25% des noms de l’indice sont exclus, ce qui laisse aux
gérants un « terrain de jeu » suffisamment large pour
effectuer leur sélection financière dans de bonnes
conditions de diversification.

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En conclusion, cette approche par les signaux faibles
permet d’exploiter quantitativement la richesse de
l’information extra-financière sur les émetteurs, et
d’améliorer la robustesse des univers d’investissement.
Ce filtrage intervient en amont de la gestion proprement
dite et en complément des approches extra-financières
qualitatives.
Elle s’inscrit dans une logique de prévention
des risques, déclinable selon les classes d’actifs et les
thématiques d’investissement.

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