Le mois de septembre a continué d’être particulièrement instructif sur le marché
des convertibles. Au mouvement bien identifié ‘‘ d’américanisation du primaire
européen ’’ (qui se traduit par l’arrivée prédominante d’émetteurs connotés Croissance & Tech) est venu s’ajouter, par effet miroir, un mouvement « d’européanisation
du primaire américain » (qui se manifeste quant à lui par l’arrivée de coupons quasi
nuls sur des primes élevées par exemple Solaredge 0% & 50% de prime, Shopify
0.125% coupon & 60% de prime, Ring Central 0% coupon & 52.5% de prime…).
Pour filer la métaphore, on pourrait enfin trouver une certaine influence asiatique
sur le marché de la volatilité du Nasdaq : un acteur japonais ayant manifesté un
appétit parfois démesuré pour les sociétés technologiques américaines, a entraîné
le marché à la hausse, accroissant ainsi la volatilité optionnelle.
Durant ce mois, les convertibles ont continué à jouer leur rôle d’amortisseur de volatilité avec un repli en
moyenne de moins de -1%, mais continuent d’être la classe d’actifs
cotée globale ayant la meilleure performance en 2020.
Le mois d’octobre devrait selon nous continuer à être agité tant
les facteurs d’incertitude sont nombreux et incompressibles à court
terme (risques sanitaires, risques politiques aux Etats-Unis, risques
géopolitiques…).
Une étude interne réalisée par les équipes de gestion, s’agissant
de l’estimation de la volatilité hebdomadaire Ex Ante du fonds
Schelcher Prince Convertibles Euro, a permis d’estimer celle-ci à
9,42% dans un scénario central. Cette estimation a été réalisée au
travers des corrélations anticipées et des volatilités implicites par
secteur composant le fonds. Si ce niveau de volatilité peut sembler
élevé compte-tenu de la convexité propre aux obligations convertibles, il doit être nuancé en notant que
depuis le mois d’avril, le fonds réalise moins d’un tiers de la volatilité ex post des actions européennes,
mais capte plus de la moitié de leur hausse. Cette particularité d’amortisseur de volatilité propre aux obligations convertibles est donc à considérer sur le plan relatif et valide à nos yeux le traitement favorable
qui leur est réservé sous Solvency 2.
La résilience relative de la classe d’actifs est intimement liée aux sociétés qui constituent le gisement
global, à savoir des entreprises présentant des plans de croissance organique puissants tout en adoptant
une posture agile leur permettant d’évoluer dans un monde emprunt de fluctuations et d’incertitudes.
LA CONVERT’ DU MOIS : EDF 0% 2024
La thématique « Green » continue d’être très prégnante sur toutes les classes d’actifs et c’est naturellement qu’elle irrigue les convertibles comme outil de financement des entreprises ayant des plans de
CAPEX importants. Avec EUR 2.4bn, EDF a émis la plus grosse convertible depuis 2003.
Cette convertible permet d’être exposé de façon convexe au projet Hercule de scission de la société en
2 parties : Vert (Renouvelables) et Bleu (Nucléaire). Les 9 convertibles Green qui ont été émises depuis
septembre 2018 avec Sumitomo Forestry ont essentiellement adressé le domaine des énergies solaires
et éoliennes. Souhaitons que le primaire évolue dorénavant vers l’énergie de l’hydrogène telle qu’elle est
développée par des champions industriels européens.
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