Analyse & Opinion - Asset Management Opinion

Le comportement des marchés : Retour de l’inquiétude

Les inquiétudes ont fait place à la panique sur les marchés financiers. Le point de Marché de Matthieu Grouès, directeur des gestions, stratégie et allocation d’actifs et de Julien-Pierre Nouen, stratégiste-économiste chez Lazard Frères Gestion...

La folle journée de mercredi :

  • Mercredi après-midi, en l’espace d’un peu plus d’une heure, le rendement des T-notes (obligations du Trésor américain à 10 ans) est ainsi passé de 2,15% à moins de 1,90% avant de rattraper une partie de la baisse. Ce mouvement très violent sur un des actifs les plus liquides a sans doute ébranlé la confiance des investisseurs anglo-saxons. Par ailleurs, l’abandon de la fusion Abbvie-Shire a causé des débouclements importants de la part de fonds spéculatifs
    qui ont pu amener ceux-ci à vendre d’autres positions. Les inquiétudes quant à une éventuelle sortie de la Grèce de son plan d’aide sans nouveau soutien des autres pays de la zone euro ont également pesé.

    Enfin, une rumeur démentie par la suite sur une contagion au virus Ebola à Barcelone a accentué la baisse.
  • La journée de mercredi a ainsi été caractérisée par des volumes très
    importants sur l’ensemble des classes d’actifs et s’est soldée par un repli important des actions de la zone euro.

Stabilisation jeudi :

  • Jeudi matin, la panique s’est poursuivie :
    dans ce contexte délicat, l’émission de dette
    publique espagnole a été difficile, ce qui a
    pesé sur les actifs des pays du sud de la
    zone euro, et à 12h00, l’indice Euro Stoxx
    était en baisse de 5,8% par rapport à la
    clôture du vendredi 10 octobre, le bund
    allemand offrant un rendement de 0,72%
    contre 0,89%.

Aux Etats-Unis, à ce moment, le S&P 500
devait ouvrir en baisse de 1,6% par rapport
à la veille.

  • Jeudi après-midi, après la publication de
    statistiques rassurantes aux Etats-Unis,
    les marchés se sont redressés, limitant
    les pertes à 0,6% sur l’Euro Stoxx, mais
    la baisse de l’indice atteint tout de même
    12,3% depuis les points hauts de
    septembre.

    Après avoir touché un point haut à 2,4%
    dans la foulée de l’émission, le
    rendement des obligations à dix ans du
    trésor espagnol est revenu à 2,2%

Perspectives macroéconomiques : toujours solides

Aux Etats-Unis, les ventes au détail
ont baissé de 0,3% en septembre mais
après trois mois plutôt forts. Par ailleurs, les
inscriptions hebdomadaires au chômage
sont au plus bas depuis quatorze ans et la
production industrielle a progressé de 1,0%
sur le mois.

Du côté de la zone euro, l’estimation
finale de l’inflation a été publiée et
amène une révision en hausse de l’inflation
sous-jacente de +0,7% à +0,8%. Les
immatriculations sont en hausse de 6,4% au
mois de septembre sur 12 mois.

En Chine, les chiffres du commerce
extérieur étaient plutôt bien orientés
pour le mois de septembre tant au niveau
des exportations, qu’au niveau des
importations.

Notre analyse des fondamentaux économiques est inchangée.

La croissance américaine est bien orientée et va
le rester, ce qui amènera la Réserve Fédérale à
remonter ses taux dans le courant de l’année
prochaine.

Dans la zone euro, la baisse de l’euro, dont
nous pensons qu’elle va se poursuivre, devrait
soutenir la croissance.

Globalement, la baisse du prix du pétrole est
une excellente nouvelle pour l’économie
mondiale : la baisse entamée cet été réduit la
facture énergétique de près de 1,1% de PIB, ce
qui est de nature à soutenir la consommation
dans les pays développés comme dans les pays
émergents. Aux Etats-Unis, les prix à la pompe
ont baissé de près de 14,0%. La faiblesse de
l’inflation un peu partout dans le monde nous
semble être surtout la conséquence de la baisse
des prix des matières premières, et constitue
donc une bonne déflation qui rend du pouvoir
d’achat aux ménages.

Valorisation des marchés et résultats

Les publications de résultats du T3 peuvent être
encore décevantes. Ce risque semble déjà
intégré par le marché, les valeurs cycliques
ayant fortement baissé.

Avec la baisse du marché, le niveau de
valorisation s’est ajusté et l’indice Euro Stoxx
traite sur un PE de 12,7. Un niveau qui était
celui de l’été 2013 et qui se situe en dessous de
la moyenne historique des vingt-cinq dernières
années qui est à 13,6. Le Price to book se situe
à 1,6 contre une moyenne historique à 2,0.

En conclusion

L’ampleur des volumes, la très forte
corrélation entre les actifs laissent envisager
un mouvement en grande partie technique.

Nous sommes donc confiants dans la
reprise économique et dans les marchés
actions et privilégions les actions
européennes.

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