Opinion

Que retenir (économiquement) de Donald Trump ?

En devenant le 45ème président des Etats-Unis, Donald Trump a hérité d’une économie en expansion quoiqu'en ralentissement. La concrétisation de certaines de ses promesses de campagne (baisses d’impôt ; dérégulation) et son interventionnisme incessant...

En devenant le 45ème
président des Etats-Unis,
Donald Trump a hérité d’une
économie en expansion
quoiqu’en ralentissement. La
concrétisation de certaines de
ses promesses de campagne
(baisses d’impôt ; dérégulation)
et son interventionnisme
incessant (pressions sur la
Fed et le Congrès) ont réussi à
donner une impulsion plus forte
à l’activité économique. Cela
a facilité la décrue du taux de
chômage, revenu à un plus bas
niveau jamais vu en 44 ans.

On n’a toutefois pas pu voir le
plein effet de ces mesures sur
la croissance dans la mesure où,
bien avant la Covid-19, d’autres
orientations économiques du
Président, à commencer par
sa guerre commerciale ou ses
difficultés à travailler avec les
Démocrates de la Chambre des
Représentants sur des sujets
communs (infrastructures) sont
venus nuire à la conjoncture.

Puis est arrivé le « virus
chinois » qui a fini par rendre
définitivement impossible
l’atteinte de l’objectif de 4% de
croissance annuelle et brouiller
encore davantage le bilan.

A l’exception de Lyndon Johnson
et de Bill Clinton, peu sont
les présidents américains à
avoir échappé à une récession
pendant leur mandat. De ce
point de vue, Donald Trump
peut être vu comme dans la
norme. Pourtant, que ce soit par
sa personnalité extrêmement
clivante, son comportement
menaçant envers des parlementaires américains ou les
gouvernements étrangers ou
même par ses orientations
économiques, le 45ème
président diffère beaucoup de la
plupart de ses prédécesseurs.

Contre tous les enseignements,
il a ainsi relancé l’économie alors
que, selon le National Bureau
of Economic Research, le pays
était en passe de connaître sa
plus longue phase d’expansion
économique. En effet, jugeant
le rythme de progression du
PIB trop faible, l’Administration
Trump a mis en place une
politique de baisse massive
d’impôts pour les ménages
comme pour les entreprises.

Or, les effets multiplicateurs
d’une politique de relance ne
produisent pas les mêmes effets
selon que l’économie est au-dessus de son potentiel ou en
deçà. Et comme le craignait déjà
le Congressional Budget Office,
cette relance n’a apporté au
mieux que 0,3% de croissance supplémentaire en 2018 et 2019.

Les effets auraient pu être plus
importants si Trump ne s’était
pas lancé dans une croisade
commerciale tout azimut. La
Chine et les autres partenaires
ont répliqué par des mesures de
rétorsion qui ont fini par casser
la dynamique des échanges
internationaux, affaiblir l’activité
américaine et même mondiale.

Ainsi donc, bien avant l’arrivée
du « virus chinois », l’économie
rencontrait déjà des difficultés
avec un net ralentissement
dans les créations d’emplois (2,3
millions en 2018 ; 2,1 millions en
2019). Même les renégociations
des accords commerciaux
et les fortes incitations à la
relocalisation des unités de
production n’ont pas permis
de mettre fin au déclin de
l’industrie : 622 000 postes
supplémentaires en 2018 et
188 000 en 2019.

Au final, grâce
à ses politiques de dérégulation,
celui qui se voyait comme « le
plus grand créateur d’emplois
que Dieu ait jamais créé » va
achever son mandat avec une
perte nette de 3,7 millions de
postes. Jamais, depuis 1939,
un président américain n’avait
achevé son mandat avec moins
de postes qu’à sa prise de
fonction.

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