L’Europe dispose du potentiel nécessaire pour améliorer sa situation économique
Les actions menées par la Banque centrale européenne pour stimuler l’économie de la zone
ont été plus tardives et limitées qu’aux Etats-Unis mais, du fait de la menace de déflation, des
efforts accrus de stimulation vont probablement être entrepris. À la différence des précédentes
mesures, entravées par des menaces macro-économiques comme le ralentissement de la
demande chinoise et les tensions entre l’Ukraine et la Russie, nous prévoyons que le nouveau
dispositif de relance aura un plus grand impact sur la revitalisation de l’économie et qu’il
conduira à une croissance du crédit.
Malgré la persistance des tensions russo-ukrainiennes, plusieurs évolutions récentes pourraient contribuer à améliorer la confiance des entreprises et des consommateurs, le nouveau stimulus se traduisant alors en croissance économique et demande de prêts.
- Les prix de l’immobilier en Europe se sont stabilisés.
- Les banques européennes sont sorties sans dommage de la récente Asset Quality Review, version européenne des stress tests, ce qui contribue au renforcement de la confiance dans la santé du système financier.
- L’utilisation des capacités de production en Europe tourne autour de 80 %, seuil à partir duquel les entreprises réalisent, en général, d’importants investissements et dépenses d’équipement.
La progression des marges devrait bénéficier à de nombreuses actions européennes
Les entreprises européennes se sont lentement et discrètement assujetties à une cure
d’austérité et d’amincissement comme leurs homologues américaines. À la sortie de la crise
financière de 2008, les marges bénéficiaires avaient pris du retard en Europe par rapport aux
Etats-Unis du fait que les entreprises européennes ont été plus lentes à se soumettre à des
mesures de réduction de coûts. Au lieu de procéder à ces réductions de coûts ou à de difficiles
décisions de licenciements, la plupart d’entre elles ont attendu de leurs gouvernements des
plans de sauvetage de leur secteur d’activité ou de relance de l’économie.
Après un nouveau
ralentissement économique en 2012, puis en 2014, de nombreuses entreprises européennes
ont pris désormais les choses en main.
Dans nombre d’entre elles, nous voyons des équipes de direction procéder à des scissions ou à
des restructurations d’activités peu rentables.
Les entreprises opèrent également d’importantes
réductions de coûts et négocient avec succès des concessions majeures avec les syndicats afin
de d’améliorer leur rentabilité. Exemple probant : l’industrie automobile française.
Historiquement, la France est connue pour avoir des syndicats très puissants. Mais lorsque
l’utilisation des capacités est tombée à 50 % en 2012, ceux-ci ont compris qu’ils devaient
accepter des concessions ou faire face à une progression des délocalisations vers l’Europe de
l’Est et d’autres sites de production low-cost. Les syndicats français présents chez les grands
constructeurs comme Ford, Peugeot et Renault ont accepté des fermetures d’usines et des
réductions de capacité pour rendre les activités de ces entreprises plus productives et garantir
la survie à long terme des sites de production implantés en France.
Alors que les réductions de coûts se poursuivent dans les entreprises européennes, celles-ci
pourraient enregistrer une croissance importante de leurs bénéfices grâce à la progression des
marges, sans que soit nécessaire une conjoncture économique fortement porteuse. Le cours
des actions devrait suivre.
Investir en se tournant vers l’avenir, non vers le passé
Si nous estimons que les améliorations constatées dans les entreprises européennes sont en
bonne voie, elles ne se reflètent pas encore dans les valorisations. Pour les investisseurs qui
ont bénéficié de ce type de changements aux Etats-Unis au cours des six dernières années,il
est temps désormais de s’intéresser à d’autres zones géographiques telles que l’Europe.
Si nous voyons des opportunités dans de nombreuses actions européennes, il convient
d’adopter une approche sélective. La stimulation en Europe devrait être bénéfique à
l’économie dans son ensemble mais aura plus d’impact sur certaines industries et entreprises.
Fait plus important encore, l’ampleur des réductions de coûts diffère beaucoup selon les
entreprises. Si nombre d’entre elles ont mené d’importantes restructurations, d’autres ont opté
pour un service minimum en la matière. Les entreprises européennes qui se sont imposées une
réelle cure d’austérité sont prêtes pour une progression de leurs marges et une croissance de
leurs bénéfices, et constituent, aujourd’hui, les meilleures opportunités d’investissement sur
les marchés internationaux.
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