PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES
Nous observons beaucoup de mouvements dans les portefeuilles internationaux en ce moment,
notamment en raison du rally sur le dollar. L’évolution de la devise américaine traduit les évolutions
constantes des politiques des banques centrales, la fin du super-cycle des matières premières et des
prévisions de croissance à la baisse pour les marchés émergents. Ces dynamiques figurent parmi nos
scénarios depuis un certain temps déjà. Nous avons tout de même été surpris par l’ampleur des
fluctuations sur les prix, notamment sur le pétrole, et la forte appréciation du dollar par rapport à certaines
devises émergentes à fort bêta et exposées au pétrole. Tous les acteurs de marché révisent à la baisse
leurs prévisions de cours sur les matières premières et à la hausse leurs objectifs sur le dollar. Une
situation inquiétante pour la croissance économique mondiale et qui présage d’éventuelles mauvaises
nouvelles à venir.
LA CHINE
Le yuan pourrait se déprécier en 2015 en raison de la vigueur du dollar, mais pas de manière
spectaculaire. Les dirigeants chinois et la Banque Populaire de Chine préfèrent un yuan stable pour
faciliter les investissements et le commerce. Un affaiblissement orchestré de la devise chinoise pourrait
déclencher des fuites de capitaux étrangers – ce qui n’est pas souhaitable pour la Chine, puisque les
investissements étrangers peuvent aider à lutter contre le « shadow banking ».
LE PETROLE
Le baril de pétrole à 40 ou à 140 dollars ? Il est difficile de comprendre si les saoudiens sont en conflit
avec le gaz de schiste américain ou avec les membres de leur propre organisation… En tout état de
cause, il faudra s’attendre à une période prolongée de prix bas, et à une reprise plus lente. Cependant,
les très faibles niveaux de prix à court-terme pourraient faire évoluer la situation en faisant couler certains
membres de l’OPEP, et donc provoquer une hausse significative des prix à plus long terme.
DES MANOEUVRES GEOPOLITIQUES
Nous sommes particulièrement attentifs en ce moment car la lutte mondiale pour les ressources
naturelles, notamment l’eau, l’énergie et les métaux, commence à créer des de situations étranges. Dans
certains cas, il semblerait que les ressources et le pouvoir soient tombées entre les mains d’Etats un peu
moins amicaux via des alliances étonnantes, par exemple : la Chine et la Russie, l’Iran et la Russie ou
encore le rachat par la Chine d’une ile au large de la côte du Venezuela. Ce phénomène, qui fera
perdurer les turbulences sur ces marchés, retardera une résolution rapide et équitable de la
problématique mondiale des ressources naturelles.
L’INFLATION DES SALAIRES AUX ETATS-UNIS
Le taux de participation plus faible aux Etats-Unis explique en bonne partie la baisse du nombre de
chômeurs dans les données officielles. Il sera intéressant de guetter la réaction de la Fed face à la
poursuite de la baisse. A moins d’une remontée de la pression sur les salaires, la Fed pourrait se donner
plus de temps que prévu pour rehausser les taux d’intérêt.
LE CREDIT MONDIAL
2015 sera une année marquée par les actions de la BCE et les éventuels rachats de dette souveraine et
privée. Les spreads sur les obligations privées de la zone euro ont affiché un beau parcours récemment,
sur fond d’un probable Quantitative Easing. Les spreads pourraient encore se resserrer avec sa mise en
œuvre effective.
LES ACTIONS INTERNATIONALES
Ceux qui attendaient une forte hausse de l’investissement en 2015 seront déçus. Toutes les données
pointent vers un ralentissement de la croissance mondiale ; la croissance des revenus restera donc sous
pression à court-terme.
TURBULENCES EN EUROPE
De nombreuses personnes au sein de la zone Euro sont ‘lassées’ de l’austérité après plusieurs années
de fort chômage et de dégradation du pouvoir d’achat. Ce sentiment explique la popularité croissante des
partis politiques d’extrême-droite et d’extrême-gauche avant la tenue d’élections nationales en Espagne,
au Portugal et peut-être en Grèce l’année prochaine. Les investisseurs doivent être très sélectifs dans
leurs choix de titres.
LA LIQUIDITE SUR LE MARCHE OBLIGATAIRE
Nous avons observé une évolution intéressante sur les dynamiques de trading. Depuis 2008, le nombre
d’intermédiaires prêts à prendre des risques s’est effondré. De surcroit, au cours des derniers mois, de
plus en plus de grands brokers buy-side ont des transactions de blocs importantes à traiter. Un énorme
bloc est remplacé par cinq ou six gros blocs, ce qui joue sur la concurrence. Ce mouvement a généré des défis d’exécution plus importants ainsi que des faux signaux autour de la liquidité. En soi, ce microcosme,
pourrait créer ses propres fondamentaux et sa propre liquidité.
LES DEFAUTS
En 2015, les dépôts de bilan seront limités car la plupart des entreprises en difficulté ont pu repousser
leurs échéances. Les sociétés les plus à risque : un petit segment des CCC – les Zombies CCC, des
entreprises dont les modèles économiques sont rompus et qui n’ont aucune chance de pouvoir renforcer
leurs structures capitalistiques, et qui seront probablement forcées de se restructurer en raison de
contraintes de liquidité et/ou de pression de la part des créanciers.
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