Ce changement s’est accompagné d’un
relèvement à neutre de l’allocation en
emprunts européens à haut rendement.
Nous avons par ailleurs conservé la
surpondération de la dette émergente
libellée en dollars.
Les rendements des Bunds à 10 ans
étant descendus en dessous de 0,7%, les
emprunts d’Etat présentent désormais un
potentiel de hausse limité, d’autant que
la Réserve fédérale américaine semble
préparer le terrain pour un relèvement de
ses taux d’ici à la fin de l’année.
Et si le marché devait effectivement
commencer à intégrer la notion d’un tour
de vis monétaire aux Etats-Unis au cours
des mois à venir – ce qui est probable –,
les segments de duration plus courte en
profiteraient. Cette perception explique
partiellement notre décision de privilégier
les obligations à haut rendement au
détriment des emprunts d’Etat.
A tout juste
trois ans et demi, la duration moyenne de
la dette high yield n’est pas seulement
deux fois moins importante que celles des
Bunds; elle aussi inférieure à celle de toutes
les autres classes d’actifs obligataires.
Mais l’attrait du segment du haut
rendement ne se limite pas aux facteurs
techniques de la classe d’actifs. Le profil
de crédit des entreprises qui composent le marché demeure solide dans l’ensemble,
de nombreuses sociétés ayant renforcé leur
bilan en prolongeant l’échéance de leurs
engagements. Selon des indicateurs tels que
le Liquidity Stress Index de Moody’s, qui
mesure la liquidité des émetteurs de faible
qualité, le nombre de sociétés en difficulté
reste bas en comparaison historique. Vu
sous cet angle, l’écart de rendement des
emprunts high yield européens, à peine
supérieur à 400 points de base, compense
largement le risque de défaut, soit 2,4 % par
an seulement.
Nous maintenons la surpondération
de la dette émergente libellée en dollars.
La classe d’actifs fait preuve d’une belle
résistance, malgré l’intensification des
inquiétudes liées aux perspectives de
croissance des marchés émergents.
Cette
vigueur nous semble partiellement
refléter les dynamiques favorables de
l’offre et de la demande. L’offre nette
d’emprunts émergents libellés en dollars
américains d’ici à fin 2015 devrait être
inférieure à 1 milliard de dollars, alors
que les investissements nets dans la
classe d’actifs demeurent positifs. Ces
tendances techniques favorables devraient
perdurer à court-moyen terme, et le billet
vert ne devrait plus marquer de hausse
significative par rapport aux principales
devises développées.


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