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Perspectives de croissance 2016 : les États-Unis à la croisée des chemins

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Qui occupe la deuxième place au rang mondial des grands groupes économiques ? Il ne s'agit pas de la Chine, mais des consommateurs américains. Ces derniers peuvent jouer un rôle clé en 2016 en matière de perspectives de croissance du PIB. Explications de Lukas Daalder, directeur de Robeco Investment Solutions.

Qui occupe la deuxième place au rang mondial des grands groupes économiques ? Il ne s’agit pas de la Chine, mais des consommateurs américains. Ces derniers peuvent jouer un rôle clé en 2016 en matière de perspectives de croissance du PIB. Explications de Lukas Daalder, directeur de Robeco Investment Solutions.

  • Il existe deux scénarios selon lesquels la croissance pourrait être supérieure ou inférieure aux prévisions
  • Les consommateurs pourraient être plus actifs que prévu, mais il y a un risque que le cycle de crédit se termine
  • Les États-Unis pourraient être à la croisée des chemins dans un moment où le monde attend le premier relèvement de taux par la Fed

Selon des statistiques largement ignorées, les consommateurs américains représentent 15% du PIB mondial, un niveau supérieur aux 13% de la Chine, surpassant largement le Japon (6%) et l’Allemagne (5%). Dans leur ensemble, les États-Unis représentent 22% du PIB. Le pouvoir d’achat de ce vaste groupe qui compte 322 millions de personnes pourrait jouer un rôle décisif en termes de réalisation des prévisions de croissance aux États-Unis pour 2016.

Les prévisions établies par les grandes banques divergent dans une fourchette allant d’un plancher situé à 1,7% à un point haut à 2,7%. Ce différentiel s’explique par l’incertitude face à ce qui va réellement se passer après la hausse de taux prévue courant décembre par la Réserve fédérale américaine (Fed). Cela pourrait aller dans un sens comme dans l’autre. Nous prévoyons donc deux issues possibles dans lesquelles les prévisions de croissance des banques pourraient s’avérer erronées.

Il est assez facile d’apporter des arguments convaincants tant pour des prévisions de croissance élevées que faibles. Et cela n’a absolument rien de fantaisiste : nous pensons vraiment que l’économie américaine pourrait être à une croisée des chemins.

Part des pays dans le PIB mondial
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Vive le consommateur !

Dans notre premier scénario, un tableau optimiste, les
consommateurs américains tirent la croissance au-delà des
attentes. Alors que le secteur des entreprises américaines s’est
rendetté au cours des dernières années, les consommateurs
américains ont sans cesse amélioré leur situation financière. Il
en résulte que les niveaux absolus de dettes comme de
richesses nettes sont en progression constante.

À cela s’ajoute le fait que le marché du travail est en régulière
amélioration, avec une baisse du taux de chômage qui est
actuellement à 5%. De plus, les salaires sont en hausse en
termes absolus. Le taux de croissance est faible sur un plan
historique, mais si l’on tient compte du fait que l’inflation est
nulle grâce au pétrole bon marché, il est clair qu’il reste encore
une grande marge de progression.

Il semble presque impensable que l’on aille droit vers une récession

Il serait bon de rappeler aux investisseurs l’importance que les
consommateurs américains ont eue sur l’économie mondiale
par le passé. Compte tenu des nettes améliorations
structurelles auxquelles nous avons assisté ces dernières
années, il semble presque impensable que l’on aille droit vers
une récession. Les consommateurs américains
recommenceront à dépenser et il est tout à fait possible que les
taux de croissances soient supérieurs à 3%. Cela dopera les
ventes ainsi que les bénéfices, tout en réduisant les risques
d’un cycle de crédit négatif.

Le risque de cycle de crédit

La fin éventuelle du cycle de crédit assombrit ces perspectives.
Si les États-Unis venaient à prendre ce chemin, un
resserrement du crédit consécutif à un relèvement des taux
pourrait avoir un effet domino conduisant à une récession.
Notre équipe a déjà signalé dans ses perspectives précédentes
que la dette des entreprises était un facteur de risque.
Toutefois, aucune des grandes banques ne l’a indiquée comme
étant un réel problème pour 2016. Certaines l’ont mentionnée
comme un risque pour 2017 uniquement.

Le risque d’un cycle baissier auto-entretenu est cependant bien
présent. La dette, dont le niveau est élevé, doit être refinancée
dans un environnement où les spreads s’élargissent et où les
conditions se durcissent. Un plus grand nombre d’entreprises
peuvent faire défaut, provoquant ainsi un nouveau
durcissement des conditions de crédit sur le marché. À cela
s’ajoute le problème technique d’une baisse de la liquidité du
marché obligataire, un problème qui a déjà été signalé par
plusieurs personnes au cours des derniers mois.

Le risque d’un cycle baissier auto-entretenu est bien présent

Les modifications d’ordre réglementaire ont conduit à une
diminution des stocks des négociants auprès des banques.
Cela pourrait signifier qu’en cas de chocs sur les marchés,
nous assisterions à des fluctuations de cours plus importantes
que par le passé. Cela pourrait inciter les investisseurs à retirer
leur financement… au moment précis où un financement plus
important est nécessaire. En d’autres termes, un cycle de
crédit classique pourrait commencer, faisant potentiellement
entrer les États-Unis en récession. Tous les facteurs sont
présents : l’endettement élevé, la hausse des spreads et le
risque potentiel d’une liquidité réduite. Il ne manque donc plus
qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres.

La Fed pourrait déclencher la spirale

Quelle pourrait être cette étincelle ? Il existe plusieurs options :
la Chine, un effondrement des marchés émergents, une
nouvelle baisse des prix du pétrole, l’aggravation de la situation
politique. Les candidats sont nombreux en la matière. Même le
premier relèvement de taux par la Fed pourrait agir comme un
détonateur, la situation de la dette privée étant actuellement
assez différente des deux dernières fois où la Fed à procédé à
un relèvement des taux.

Lequel de ces deux scénarios est le plus probable ? Les deux
sont plausibles, ce qui rend d’autant plus difficile d’apporter
une réponse à cette question. Comme la plupart des autres
investisseurs, nous conservons de ce fait une position
intermédiaire et nous surveillerons de près l’évolution des
marchés. Toutefois, une chose est sûre : les marchés du crédit
devraient faire l’objet d’une grande attention car c’est là que
les risques apparaîtront de la manière la plus évidente.

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