Le constat est cuisant, les investisseurs de long terme sur les marchés actions ont disparu ou sont
en voie de le faire au même titre que certaines espèces. Le délai de détention moyen est passé de
quelques années à quelques mois, tout cela en à peine une décennie. En particulier, depuis la
crise de 2008, le manque d’actionnaire à long terme capable d’investir sur les marchés actions n’a
cessé de croitre, notamment en France avec l’absence de fonds de pensions.
Les raisons de cette désaffection ? Tout d’abord la mise en place de réglementations de plus en
plus contraignantes pour les investisseurs institutionnels de long terme afin de respecter leurs
ratios prudentiels à la suite de l’adoption de nouvelles normes de solvabilité. Ensuite, le manque
d’appétit des investisseurs particuliers sur les placements à risque et qui ont fui les marchés il y a
maintenant quelques années, laissant la place aux algorithmes de toutes sortes.
Dans le vacarme de la tempête boursière qui a bousculé les marchés en ce début d’année, des
voix appelant à la raison ont tout de même réussi à se faire entendre. Certains papys ont décidé
de faire de la résistance !
Larry Fink, PDG de Blackrock, plus
gros gestionnaire d’actifs mondial
avec 4600 Mds$ d’encours, a cette
année encore appelé à mettre fin au
diktat du court-terme.
En envoyant sa
traditionnelle lettre annuelle aux
dirigeants des plus grandes
entreprises américaines et
européennes, dont Blackrock est
actionnaire, Larry Fink les invite à se
détacher des revendications
immédiates des investisseurs et à
concentrer leurs efforts de
communication sur les éléments
stratégiques qui garantissent la
création de valeur de long terme.
Warren Buffet et Jamie Dimon se sont
joints à sa réflexion.
Une récente étude sur la comptabilité dite créative ou agressive des sociétés cotées conclut que
si la plupart des entreprises cherchent à mettre en avant les points positifs de leur gestion et
minimiser leurs lacunes, l’exercice devient dramatique quand cette manipulation comptable sert
seulement à satisfaire les attentes d’un consensus financier trimestriel ou annuel.
Et de souligner
que pour déceler les ajustements excessifs dans les comptes des entreprises, le meilleur moyen
est de s’intéresser aux critères utilisés dans la définition des rémunérations variables de leurs
dirigeants !
La situation doit nous pousser à prendre chacun nos responsabilités d’investisseurs, d’agir à notre
échelle dans l’intérêt de nos clients, des entreprises, de la société dans son ensemble.
Et d’appliquer, sans relâche, notre principe de conviction.
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