– Un Brexit non souhaité, mais nécessaire (…)
– Garder la tête froide et se projeter vers l’avenir (…)
– Plus de bruit que de réels dégâts de valorisation (…)
– Des gérants actifs maîtres de leur destinée (…)
– Toute réussite est faite de patience et de temps… et de fidélité aux fondamentaux !
Un Brexit non souhaité, mais nécessaire
Quitte à grossir le trait, à l’instar du passage à l’an
2000 et d’autres évènements fortement médiatisés, ce
n’est pas la première fois, ni la dernière, que nous
sommes confrontés à une dramatisation à outrance
d’une échéance qui est certes importante, mais dont il
ne convient pas d’exagérer les conséquences,
notamment immédiates. Le problème est avant tout de
nature politique et ses conséquences se
manifesteront plutôt à moyen-long terme. A cet égard,
depuis le début de leur adhésion à l’Union, les
britanniques ont toujours exprimé des positions non
seulement contrariantes, mais surtout guidées par une
attitude fondée sur un marchandage permanent vis-à-
vis des projets proposés et menés au sein de l’Union.
Ainsi, même si le Brexit apparaît comme un sujet
anxiogène, son dénouement devrait apporter un peu
plus de clarté, et pourquoi pas de sérénité, aux
relations entre ces deux nouvelles entités, et –
pourquoi pas – servir de catalyseur pour la relance et
la revigoration du projet européen.
Garder la tête froide et se projeter vers l’avenir
Aspect à ne pas négliger, selon certains analystes, le
Brexit pourrait même avoir un impact positif sur
l’avenir de certaines places financières du continent.
Mais plus fondamentalement, le Brexit vient nous
rappeler avec force que la réussite en gestion est
avant tout, outre la qualité intrinsèque des gérants,
une question de patience et de temps. Aux
gestionnaires d’actifs d’analyser et d’intégrer de
manière objective les informations disponibles sur les
entreprises, toujours dans une perspective de long
terme, lors de la composition et la gestion de leurs
portefeuilles.
Une fois passés les premiers soubresauts postréférendum,
essayons donc de garder la tête froide et
projetons-nous vers l’avenir. Pour cela, il faut faire
clairement la distinction entre les effets directs
ressentis dans le court-terme, et ceux à moyen-long
terme qui devraient nous intéresser en priorité. Ainsi,
l’échéance du 23 juin étant dépassée et les
mouvements baissiers des marchés qui l’ont suivie étant en principe derrière nous, le moment est venu de
tirer un premier bilan, aussi bien sur le comportement
des marchés que sur la philosophie de la gestion
active à long terme.
Plus de bruit que de réels dégâts de valorisation
L’analyse des évolutions boursières sur les douze
derniers mois permet d’observer que la baisse ayant
suivi le référendum n’a rien de significative si l’on tient
compte notamment des chutes des Bourses advenues
en février de cette année, ainsi que celles de juillet à
septembre 2015.
En effet, après des premières séances boursières
post-Brexit, caractérisées par des baisses
relativement importantes sur les marchés européens,
plus particulièrement pour les valeurs bancaires, on
assiste depuis à une « normalisation » progressive, à
la hausse, des valorisations. Au risque de nous
tromper, on peut considérer, du moins dans le court
terme, que le Brexit a produit sur les marchés plus de
bruit que de réels dégâts en termes de valorisation.
D’autre part, le mouvement de correction semble plus
rapide que lors des « incidents » précédents, ce qui
paraît infirmer l’hypothèse d’un « manque de
préparation » de la part des acteurs de marché.
Malgré leur sensibilité aux chocs exogènes qui les
agressent, la tendance historique des marchés finitelle
toujours par triompher. Elle est déterminée par la nature profonde des fondamentaux des titres en
portefeuille.
Sur le long terme, avec des décalages et un temps de
reprise variable selon la nature des crises, les
marchés suivent la tendance tracée par le potentiel de
croissance de l’économie et par la prime anticipée
qu’ils attribuent aux entreprises cotées les plus
dynamiques. En effet, à la « traditionnelle » prime de
risque viennent s’ajouter d’autres primes dont celle de
qualité.
Des gérants actifs maîtres de leur destinée
Par leur travail constant et patient, les gérants actifs
jouent un rôle positif essentiel en attirant l’attention, en
localisant et en sélectionnant les bonnes opportunités
de placement pour les investisseurs. Outre le fait de
permettre une diversification des risques, les gérants
remplissent une autre fonction fondamentale : ils
rendent « visible » la prime de qualité en repérant par
leurs analyses approfondies et permanentes les
meilleures valeurs de demain. Les gérants actifs sont
à même de repérer les distorsions de valorisation et
saisir les opportunités qui se présentent à eux sur des
marchés perturbés.
Ainsi, la prospérité des marchés se fonde en dernier
ressort sur le potentiel de croissance de l’économie
réelle. Ce trend bénéficie d’un tropisme positif sur le
long terme, ce qui représente une véritable source
d’optimisme pour les investisseurs patients que nous
sommes.
Toute réussite est faite de patience et de temps…
et de fidélité aux fondamentaux !
En dehors de toute considération liée au Brexit ou tout
autre épiphénomène de cette nature, notre conviction
profonde en matière de gestion réside in fine dans des
processus d’investissement fondés sur une
philosophie qui privilégie clairement une gestion à
long terme fondée sur la sélection rigoureuse et
pragmatique des valeurs et surtout cette vertu si
souvent oubliée : la patience. Oui, la patiente est une
valeur que, sans fatalisme, selon Horace, « rend
tolérable ce qu’on ne peut pas empêcher. »
Sans enlever de leur importance aux phénomènes
passagers ou conjoncturels, nous retenons deux
principes de base (édictées et formalisés dans
l’analyse financière par Benjamin Graham) : le
premier, lié au cycle économique nous dit que des
conditions anormalement bonnes ou anormalement
mauvaises ne durent pas éternellement, et le second,
qu’il ne faut jamais acheter un titre immédiatement
après une hausse substantielle ou vendre
immédiatement après une baisse substantielle.
Dans ce contexte, notre philosophie d’investissement
ne change pas, et nous restons fidèles à notre
processus d’investissement. Nous restons convaincus
que les décisions d’investissement sont meilleures si
elles sont réalisées avec une perspective à long
terme. Notre travail, tel que nous l’entendons, est de
toujours rester concentrés dans la détermination et
l’estimation des flux de trésorerie futurs, qui sont le
vrai fondement de la valeur des entreprises, en faisant
abstraction du bruit à court terme.
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