Après six années de performances négatives et le
plus long « bear market » depuis les années 70, les
matières premières enregistrent depuis 2016 des
performances positives, qui demeurent toutefois
modestes en comparaison historique. Nous
pensons que l’accélération de la croissance
mondiale en 2018 devrait créer des conditions
particulièrement favorables pour l’évolution des
prix des matières premières d’autant que le dollar
américain ne semble pas prêt de fortement
s’apprécier. Généralement considéré comme un
actif financier de fin de cycle économique, les
matières premières surperforment en effet les
marchés obligataires et actions en phase
d’accélération conjoncturelle.
Une dynamique positive
Dans le cycle économique actuel, tous les signaux
sont au vert et la demande de matières premières
devrait croître dans ce contexte alors que depuis
plusieurs années, les investissements ont
fortement été réduits. La chute des CAPEX n’a pas
seulement touché le secteur de l’énergie, elle aussi
largement affecté les matériaux de base et les
métaux précieux, créant ainsi les conditions d’une
stabilisation et même d’une diminution des
capacités de production et de l’offre.
Evolution des capex dans l’industrie minière

L’accélération attendue de la conjoncture en 2018
devrait largement profiter aux différentes matières
premières. En tant que classe d’actifs, il est
important de souligner les mérites historiques de la
diversification sur les matières premières en raison
de la corrélation plutôt négative avec les actions et
les obligations. A long terme, la performance
annualisée est d’environ +7%, mais ce résultat a
été sensiblement réduit par la contre-performance
de l’année 2008 (-49.65%) et de la période 2014-
2015 (-58%). Le cycle économique actuel nous
semble favorable à un retour de la surperformance
des matières premières par rapport aux autres
classes d’actifs.
Performances du pétrole, de l’or et des métaux de
base sur 2007-2017

Le marché pétrolier est en train de se tendre
Sur le marché pétrolier, l’offre de brut s’est enfin
stabilisée en 2017 grâce à l’action décisive menée
par les pays de l’OPEP et hors OPEP (en
particulier la Russie) qui se sont engagés à maintenir une politique de limitation de l’offre
jusqu’à fin 2018 en vue de normaliser les stocks
mondiaux. La tendance baissière des stocks
américains (alors qu’ils s’accumulent
habituellement pendant l’hiver) est le signe que cet
objectif sera peut-être atteint d’ici la fin de l’année.
La coalition a clairement indiqué sa volonté d’agir
pour stabiliser les prix sur un horizon de court à
moyen terme. Les principaux signataires ont intérêt
à respecter leurs engagements en raison de leurs
propres contraintes budgétaires. Pour la Russie, il
convient de maintenir un prix du pétrole stable afin
de pérenniser sa reprise économique dans une
année électorale.
Aux Etats-Unis, les dernières statistiques ont
indiqué que la production de schiste avait
augmenté et même dépassé le pic de 2015 (+1,7
Mb/j en 2017). Soulignons que la majeure partie de
ce surplus d’offre provient d’une hausse de la
productivité (sur le bassin Permian en particulier)
plutôt que d’une augmentation du nombre
d’appareil de forage. Dans la mesure où les
sociétés productrices sont souvent très endettées
et peu rentables, elles doivent faire face à la
pression de leurs actionnaires qui leur réclament
davantage de génération de trésorerie. Elles vont
devoir donner la priorité à la discipline financière,
ce qui devrait limiter les dépenses d’investissement
sur les prochains trimestres.
Dans ce contexte, l’offre globale mondiale est en
phase de stabilisation alors que la demande
mondiale a progressé de 1,3 Mb/j en 2017. Pour
2018, nous estimons que la demande pourrait
dépasser le niveau de l’offre et soutenir une
poursuite de la hausse des cours, qui sera
accompagnée par une tendance régulière de
réduction des stocks. La hausse de la demande
devrait en effet être supérieure à la capacité
d’augmentation de la production américaine de
pétrole de schiste en particulier.
En 2018, la demande mondiale sera encore très
influencée par l’évolution de la demande chinoise.
Globalement, nous estimons que la hausse de la
demande mondiale est probablement sousestimée
en raison de divers facteurs et en
particulier ceux affectant le niveau de l’offre et de
la demande en Chine.
La demande chinoise n’a certainement pas de
raison de ralentir dans le contexte d’une croissance
de +6,5% du PIB en 2018. Les importations de
pétrole chinoises ont d’ailleurs encore augmenté
en 2017 et devraient continuer de croître à un
rythme soutenu en 2018. La production chinoise de
brut est à la peine, compte tenu de la baisse des
investissements ces dernières années, et il
apparaît probable que la Chine approche
rapidement d’un pic de production. Le déficit de
production chinoise sera donc comblé par une
hausse des importations de brut.
Par conséquent, sans un changement majeur de
politique des pays de l’OPEP, les cours du brut
pourraient donc poursuivre leur progression en
2018 et même se diriger vers 80$ en 2019.
Or, impact positif de la baisse du dollar et
amélioration des fondamentaux
La progression enregistrée par les cours de l’or en
2016 et 2017 ne reflète qu’en partie l’évolution de
facteurs fondamentaux particulièrement positifs qui
devraient soutenir de nouvelles hausses en 2018.
Malgré toute l’attention portée par les investisseurs
en 2017 sur les crypto-monnaies, les valeurs
technologiques et les actions en général, les cours
de l’or ont enregistré une progression plutôt
satisfaisante (+13%) grâce à l’affaiblissement du
dollar et en dépit de la hausse des taux d’intérêt.
Un retour de la volatilité sur les marchés financiers
serait un facteur temporairement favorable pour les
cours de l’or, mais ce sont néanmoins les facteurs
fondamentaux du marché physique qui devraient
pousser les cours plus haut en 2018,
conjointement à une hausse de la demande
d’investissement. L’offre mondiale d’or physique
reste contenue par des capacités de productions
limitées et par une offre de recyclage en déclin. Du
côté de la demande, les banques centrales seront
encore acheteuses nettes en 2018, mais c’est
certainement une reprise plus sensible de la
demande de joaillerie qui devrait se développer en
Chine, en Inde, mais aussi aux Etats-Unis. La
demande d’investissement devrait se renforcer
dans le contexte financier, économique et
géopolitique de l’année 2018. Les flux
d’investissement dans des ETF en or physique
devraient augmenter et peut-être déjà retrouver en
2018-2019 le niveau maximum qu’ils avaient atteint
en 2013. Les cours de l’or et de l’argent devraient
profiter de cet environnement favorable et
progresser à 1300-1500$ en 2018.






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