Analyse & Opinion - Asset Management Opinion

Le boom du M&A en Europe devrait animer les marchés actions

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La thématique des fusions & acquisitions offre de nombreuses opportunités d’investissement boursier. Il convient cependant de bien identifier les cibles et les signaux favorables à la réussite d’une opération car elles ne sont pas toutes couronnées de succès et source de performance pour les investisseurs...

Les fusions acquisitions ont fourni un terreau fertile en
2017 (3800 Md$ de transactions dans le monde, soit une
hausse de 5,4% par rapport à 2016[[Source Bloomberg]]). La tendance se
confirme et semble même s’accélérer en 2018 avec près
de 1800 Md$ de transactions annoncées dans le monde
depuis le début de l’année. Avec plus de 450 Md$,
l’Europe est la deuxième zone la plus active derrière les
Etats-Unis. La thématique des fusions & acquisitions
offre de nombreuses opportunités d’investissement
boursier. Il convient cependant de bien identifier les
cibles et les signaux favorables à la réussite d’une
opération car elles ne sont pas toutes couronnées de
succès et source de performance pour les investisseurs.

Un contexte favorable aux fusions-acquisitions

Evolution des transactions en valeur depuis 2007
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Nous pensons que la vague de fusions-acquisitions
devrait se poursuivre et voire même s’accélérer cette
année pour diverses raisons. Premièrement, la
conjoncture économique mondiale est favorable. En
période de crise, les entreprises se concentrent sur leur
survie plutôt que sur la croissance et réduisent les coûts,
les effectifs et l’endettement. L’expansion conjoncturelle
actuelle provoque un regain de confiance et les sociétés
privilégient à nouveau la croissance. Deuxièmement, les
dirigeants d’entreprise ne souhaitent pas se laisser
dépasser par la révolution technologique (nécessité
d’adapter leurs entreprises à la transformation digitale).
Enfin, un grand volume de liquidités est à la disposition
des entreprises pour financer leurs activités. La baisse
des taux d’imposition (réforme fiscale) et une incitation à
rapatrier les liquidités donneront aux entreprises
américaines plus de capacité à mener des opérations
stratégiques alors qu’elles disposent déjà de beaucoup
de trésorerie.

En 2017, portés par un environnement
macroéconomique très favorable, les secteurs
financiers, de la consommation non cyclique, des
communications ou de la technologie ont fait l’objet d’une
multitude d’opérations. L’année 2018 a démarré en
fanfare avec de nombreuses opérations touchant des
secteurs différents et les rumeurs de rapprochement se
multiplient (Ingenico/Atos ou encore Ingenico/Wirecard,
Europacorp/Netflix, etc.).

Principales opérations réalisées ou annoncées en 2017 et 2018
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Ces dernières années, l’activité des fusions- acquisitions
s’est révélée plus dynamique aux Etats-Unis qu’en
Europe. Un rééquilibrage devrait être observé en 2018,
avec notamment bon nombre de rapprochements
transfrontaliers en projet en Europe sur le segment des
petites et moyennes capitalisations. Il n’est d’ailleurs pas
étonnant de constater que ce segment est propice aux
opérations de fusions-acquisitions, puisqu’il est
composé d’entreprises n’ayant pas encore atteint leur
pleine maturité et leur taille définitive, affichant ainsi des
potentiels de croissance élevés.

En Europe, un contexte politique et économique plus
stable engendre une plus grande confiance pour faire
avancer les choses. Des transactions, qui étaient dans
les tuyaux depuis longtemps, se sont concrétisées et
certains secteurs, comme celui des services aux
collectivités sont en pleine évolution avec cette vague de
consolidation. Le mouvement devrait se poursuivre dans
d’autres secteurs comme les télécoms, les
infrastructures et plus généralement les secteurs à forte
réglementation (utilities), où la nécessité pour les acteurs
d’amortir leurs investissements très lourds passe le plus
souvent par des rapprochements. Les opportunités
devraient donc être nombreuses en 2018.

Les fusions-acquisitions, facteur de soutien des
valorisations

Tout cela a donc de quoi animer les marchés actions et
soutenir les valorisations, à condition que les opérations
soient mûrement réfléchies : à terme, le but est de créer
des dynamiques d’ensemble, des synergies, de réduire
les coûts, de gagner des parts de marchés et/ou des
points de marge, d’être plus solide en somme.

Investir sur la thématique des fusions-acquisitions
consiste à investir sur des sociétés pouvant faire l’objet
d’une opération financière susceptible de faire monter
fortement leurs cours de bourse. Il s’agit le plus souvent
d’OPA (offres publiques d’achat) ou de rachats de titres
minoritaires par l’actionnaire majoritaire.

Les cibles autant que les sociétés acquéreuses sont à
suivre de près. Du côté de la cible, il convient de détecter
le profil « cible » d’une valeur très en amont, avant le
marché, afin de bénéficier pleinement de la montée du
cours liée à une éventuelle opération (prime de contrôle
payée par l’acquéreur). Pour cela, il faut faire une
analyse fondamentale approfondie, qui permettra
d’identifier les sociétés qualifiées de « pépites ». Dans le
cas de la société acquéreuse, une intégration réussie
peut générer des synergies et améliorer sa rentabilité
structurellement et de fait être source de performance
boursière.

Rappelons que le succès d’une opération de
rapprochement n’est jamais garanti. Les objectifs tracés
ne sont pas toujours au rendez-vous. Une fusion est une
opération complexe, sa réussite dépend d’un si grand
nombre de facteurs qu’elle ne peut être entièrement
maîtrisée. Pour les investisseurs boursiers, il est donc
primordial d’identifier en amont les signaux favorables au
bon résultat d’une fusion ou acquisition.

L’expérience prouve que la fusion de concurrents
proches apporte de meilleurs résultats qu’une opération
de diversification, lors de laquelle l’apprentissage de
l’activité et l’assimilation du savoir-faire sectoriel,
peuvent s’avérer longs et difficiles. La consolidation
relative au rapprochement de deux compagnies
concurrentes, évoluant dans des segments proches,
génère plus facilement des synergies et des gains de
productivité via la rationalisation des moyens et des
coûts, ainsi qu’une moindre concurrence.

Récemment, nous avons pu constater que les
opérations de grande taille dont les montants atteignent
plusieurs milliards et qui modifient profondément
l’activité de l’acquéreur ne tiennent pas toujours leurs
promesses. La persistance des incertitudes politiques et
réglementaires font peser un risque sur les transactions
importantes (exemple Qualcomm/Broadcom). Mener à
bien une opération de grande taille est souvent un
exercice difficile, et parvenir à générer de la valeur
nécessite une procédure de due diligence rigoureuse et
des compétences en matière d’intégration. En revanche,
les opérations de plus petite taille, qui réunissent un
acquéreur et une cible géographiquement plus proches,
sont plus faciles à finaliser car les obstacles sont
moindres.

Autre facteur essentiel pour la réussite d’une opération,
c’est la faculté des sociétés à partager une culture
d’entreprise commune. Dans le cadre d’opérations de
fusion-acquisition, la différence de culture d’entreprise
est le principal obstacle constaté dans plus de 85% des
échecs[[Source : Enquête internationale Mercer 2017]].

Enfin, il existe chez certains groupes une culture des
fusions-acquisitions qu’il est important d’évaluer. Des
sociétés comme Eurofins Scientific, Altran, Atos ou AB
InBev ont inscrit la croissance externe dans l’ADN de
leur business model avec la réussite qu’on leur connaît
et réalisant ainsi une à deux opérations par an.

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