Après la forte croissance de l’année dernière, la dynamique semble s’affaiblir aux États-Unis,
en Europe et en Chine. Toutefois, comme l’explique John Greenwood, économiste en chef
d’Invesco, dans ses perspectives économiques trimestrielles pour le T2 2018, cela ne
pourrait être au final qu’une correction typique de mi-parcours, à moins que deux
évènements potentiels ne surviennent et n’affectent la croissance : la confrontation
commerciale avec la Chine, qui pourrait temporairement déstabiliser l’activité économique,
et un resserrement monétaire involontaire qui pourrait potentiellement entraîner un
ralentissement durable.
Comme l’explique John Greenwood, avec l’augmentation des taux de la Réserve Fédérale
américaine et la réduction simultanée de son bilan, l’économie américaine deviendra très
dépendante de la capacité du système bancaire et financier à créer de nouveaux crédits,
notamment sous le régime plus restrictif de Bâle III. Le principal risque ici est que la
contraction du bilan de la Fed puisse davantage ralentir la croissance de la monnaie et du
crédit aux États-Unis et ainsi limiter la croissance économique. De même, compte tenu de la
croissance toujours anémique de la monnaie et du crédit dans la zone euro, la Banque
Centrale Européenne risque d’étouffer la croissance économique en mettant fin trop tôt à
ses achats d’actifs.
Alors que la confrontation commerciale des États-Unis avec la Chine pourrait avoir un effet
déstabilisant temporaire sur l’activité économique, John Greenwood ne s’attend pas à ce
qu’une « guerre commerciale » déclenche un ralentissement mondial. En effet, une guerre
des droits de douane ou commerciale ralentirait la croissance des échanges si elle se
maintenait, mais n’aurait qu’un impact marginal sur la croissance du PIB global, à condition
que la demande intérieure puisse se maintenir à un certain niveau dans les économies les
plus importantes.
« Il ne fait aucun doute que les droits de douane sont une mauvaise nouvelle tant pour les
consommateurs que pour les entreprises, mais puisque les importations de marchandises ne
représentent qu’environ 12 % du PIB américain et 15 % du PIB chinois, même si une
escalade des tarifs douaniers de part et d’autre devait être mise en œuvre, les conséquences
négatives sur l’activité économique réelle ne représenteraient qu’environ 0,1-0,2 % du PIB »,
note John Greenwood. « Les deux principaux risques pour l’expansion du cycle économique
mondial pourraient venir des erreurs potentielles dans la politique monétaire américaine et
dans celle de la zone euro, et non des revendications de l’administration Trump concernant
le protectionnisme ».
Ajouter un commentaire