La première moitié de l’année aura mis les nerfs des investisseurs à
rude épreuve. Craintes d’une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, crises
politiques en Espagne et en Italie aux conséquences difficilement quantifiables…la tension
est montée d’un cran sur les marchés. Après avoir évolué à leurs plus bas niveaux historiques
en 2017, les indices de volatilité ont nettement rebondi de part et d’autre de l’Atlantique.
Dans cet environnement perturbé, Wall Street fait de la résistance. Alors que de nombreux
observateurs estimaient, encore en début d’année, que les marchés américains devenaient
chers, le S&P500 s’affiche pourtant en hausse, en dollars comme en euros, depuis le 1er janvier
tandis que les indices européens ont reculé. Rien ne semblait donc justifier une correction du
fait d’une supposée survalorisation. La cherté est en effet une notion toute relative et qui ne
s’avère que rarement un indicateur de timing fiable. Surtout si l’on rapporte les multiples de
capitalisation de la Bourse de New-York à la dynamique bénéficiaire des grandes entreprises
cotées qui la composent. Entre la fin de l’année dernière et aujourd’hui, les analystes ont
relevé de près de 13% leurs prévisions de résultats.
Dans le même temps, les estimations de croissance de bénéfice par action à un horizon d’un
an sont passées d’environ 10 % à 15%. L’effet des réformes fiscales y est pour beaucoup, tout
comme la solidité de la croissance économique américaine. Si bien que mécaniquement, les
niveaux de valorisation du S&P 500 ont baissé, avec un PER (price earning ratio) de 16,4
actuellement contre 18,2 fin décembre, et offrent des opportunités d’investissements
intéressantes. D’autant que la dynamique bénéficiaire des poids lourds de la cote
newyorkaise ne semble pas vouloir montrer de signes de faiblesses.
Dernier exemple en date, la première salve de résultats du premier trimestre a fait ressortir
une croissance de 23% des bénéfices sur les 12 derniers mois alors que le consensus
n’attendait que 18%. Et les prochains trimestres sont eux aussi attendus de très bonne
facture. Le tout sur fond de statistiques macroéconomiques rassurantes, notamment du côté
des indicateurs d’activité (ISM,…)
A contrario, la décote des marchés financiers européens par rapport à leurs homologues
outre-Atlantique n’est pas le fruit du hasard. A priori plus attractive en début d’année parce
que moins chère, l’Europe boursière ne dispose en définitive pas des mêmes armes. En
particulier sur le front microéconomique. Les anticipations de bénéfices y ont été rehaussées
de 4,4% seulement pour l’indice Stoxx 600, soit le tiers du taux de révision observée aux Etats-
Unis.
Peut-être aussi parce la montée en puissance du risque politique couplé à une croissance
modeste et stagnante brouille les cartes et rend l’exercice de la prospective plus difficile. Dès
lors, à 14 fois les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois, les marchés d’actions
européens semblent plutôt correctement valorisés…du moins tant que la prime au
dynamisme bénéficiaire ne traversera pas l’Atlantique.
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