En revanche, les marchés émergents ont signé de
piètres performances, dans un contexte marqué par une érosion du moral des
investisseurs sur fond de hausse du dollar et des taux d’intérêt américains. Les
pays dépendant davantage du financement externe ont vu leurs monnaies se
déprécier. La Chine a pâti des menaces de barrières douanières du gouvernement
américain : les valeurs du secteur des technologies de l’information et les valeurs
technologiques ont signé des performances particulièrement médiocres. Notre
scénario central prévoit la poursuite de cette tendance jusqu’à la fin du cycle,
à savoir une croissance mondiale toujours solide mais en perte de vitesse à
mesure que l’inflation progresse, avec un risque de correction. Nous pensons que
les banques centrales maintiendront le cap de la normalisation progressive de
leurs politiques monétaires dans un contexte caractérisé par des perspectives macroéconomiques relativement
favorables. Les conflits liés au commerce mondial devraient perdurer et les évènements exceptionnels (à l’instar
de la crise en Turquie) devraient survenir à intervalles plus rapprochés sur fond de dégradation du système et de
resserrement des conditions de financement. Nous continuons à privilégier les investissements et les thèmes de
valeur relative par rapport aux expositions directionnelles et nous continuerons à nous concentrer sur la solidité
des fondamentaux pour mieux faire face à l’incertitude qui règne sur les marchés.
Des idées à conviction forte
Nous conservons un positionnement quasi neutre sur les actions mondiales, convaincus que le cycle financier
arrive à maturité. Il est difficile d’envisager une forte correction des marchés actions lorsque la croissance est
forte et que les bénéfices sont importants (nous pensons que les résultats des entreprises seront solides aux T2
et T3), mais il devient difficile de se positionner à l’heure où les cours des actions américaines flirtent avec leurs
plus hauts historiques.
Les investisseurs ont tout intérêt à miser sur un thème que nous avons appelé « la dernière ligne droite pour les actifs risqués » et à cibler les marchés actions affichant une forte croissance des bénéfices,
en privilégiant notamment les valeurs américaines et britanniques aux valeurs européennes.
Nous privilégions
une rotation en faveur des titres européens sous-valorisés, avec une préférence pour les valeurs de rendement
par rapport à l’indice EMU. Dans l’univers obligataire, nous cherchons les titres sous-valorisés susceptibles de
profiter de l’asynchronisme des politiques des banques centrales. Nous affichons un positionnement défensif
sur l’extrémité courte de la courbe des taux allemands et sur les taux réels britanniques.

Nous affichons un
positionnement neutre sur la duration américaine et nous affichons un positionnement légèrement long sur les
obligations d’entreprise « investment grade » et sur les obligations indexées sur l’inflation (10Y US, EUR, JPY et
US 2/10 inflation steepener). Nous avons réduit notre surexposition systématique aux obligations d’entreprise.
Nous conservons un positionnement neutre sur les marchés émergents (actions et obligations), mais la stratégie
consistant à distinguer les titres porteurs des titres sans avenir reste l’un de nos thèmes principaux.
Nous
cherchons les valeurs de rendement sous-valorisées les plus intéressantes, en nous concentrant sur les pays
avec des fondamentaux solides et peu de vulnérabilité externe. Nous privilégions les valeurs chinoises aux
valeurs émergentes mondiales à moyen terme.
Globalement, nous estimons que les valorisations sur les
marchés émergents sont attractives mais nous préférons attendre les points d’entrée qui se présenteront après
les élections américaines de mi-mandat, car nous pensons que les tensions commerciales se seront apaisées à
cette date et parce que la plupart des échéances électorales attendues dans les marchés émergents seront alors
passées.
Risques et couverture
Il convient impérativement de couvrir les risques dans le contexte actuel de fin de cycle caractérisé par une
forte incertitude géopolitique. Nous conservons l’or comme couverture. Le yen (face au dollar ou au dollar
australien) pourrait également contribuer à protéger les portefeuilles des investisseurs contre les effets des
tensions commerciales.
Il est également judicieux de prévoir des couvertures contre certains risques, comme
celui lié au marché des obligations d’entreprises à haut rendement, lequel pourrait subir une correction en cas
de tarissement de la liquidité, ou contre une dégradation importante des conditions de marché (correction du
S&P 500).

Ajouter un commentaire