L’agence de notation a une perspective négative sur le secteur pour plusieurs
raisons : 1/ l’affaiblissement de la croissance économique 2/ le ralentissement de la
croissance des ventes automobiles 3/ les changements technologiques et 4/ la
réglementation environnementale.
En Europe, l’échéance pour la réduction des émissions approche : en 2021, les
constructeurs devront atteindre une émission moyenne de 95g CO2/km par
véhicule. Les objectifs sont ajustés selon les différentes sociétés (voir ci-dessous).
Jaguar Land Rover (Vente) produisant moins de 300k véhicules par an a donc un
objectif fixé de 131 g CO2/km.
Des mesures drastiques doivent être prises sur les deux prochaines années. Les
retards dans le déploiement des véhicules à faible émission de carbone pourraient
entraver la capacité des constructeurs à éviter les pénalités. Les pénalités seront
de 95€ par g/km au-dessus de la norme et par véhicule. Egalement, les
consommateurs européens délaissent les voitures diesel, ce qui rend la réalisation
des objectifs en matière d’émissions plus difficiles. En 2018, les véhicules à moteur
diesel sont tombés à 36% des voitures particulières neuves immatriculées en
Europe, contre 44% en 2017 et un sommet de 56% en 2011.
Les réductions d’émissions peuvent être réalisées de 3 manières :
- En améliorant l’efficacité CO2 des moteurs à combustion interne produits
- En augmentant la production de véhicules à faible émission de CO2
donnant droit à des supercrédits - En intégrant des mesures qui permettent de réduire les émissions de CO2
(des alternateurs efficaces, des lumières LED ou des fonctions de roue
libre)
Selon la Recherche de Tullett Prebon, compte tenu de leur écart actuel par rapport aux objectifs de 2021, Fiat Chrysler , Volkswagen ou encore Ford sont parmi les
plus exposés à de potentielles pénalités.
L’accord que FCA a passé avec Tesla
pour profiter des crédits CO2 du groupe en Europe n’est qu’une solution
économique à court terme mais n’évite pas les problèmes à plus long terme.
La Recherche de Tullett Prebon estime qu’au vu de la situation actuelle, il y a un réel
risque de pénalités pour le secteur automobile. Ces coûts supplémentaires auront donc
un impact négatif pour les marges opérationnelles des constructeurs
automobiles. Toutefois pour les analystes de Tullett Prebon, les objectifs de réduction de CO2 pour 2021 devraient conduire à une consolidation du secteur, ce qui est positif du
point de vue crédit.
Situation à fin 2017 et objectif d’émission de CO2 (moyenne par véhicule) pour 2021 (Moody’s) :

Pénalités potentielles en Europe, si les objectifs pour 2021 ne sont pas atteints (selon un scénario de transition “modéré” de Moody’s) :



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