Analyse & Opinion - Asset Management Opinion

OPC non monétaires : flux et performances en 2019

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Sur les douze derniers mois, les OPCI non monétaires ont enregistré une décollecte de -50 milliards d’euros. Sans étonnement, ce sont les actions qui observent la plus forte décollecte sur la période, -30 milliards d’euros, vu la hausse de la volatilité passée.

Sur les marchés boursiers, le mois de décembre a été à la fête des
deux côtés de l’Atlantique, il permet de clôturer l’année en beauté.
En 2019, l’indice S&P 500 enregistre une performance annuelle de
30%, la plus élevée depuis 2013 tandis que le Stoxx 600 des valeurs
européennes affiche une performance annuelle de 25%, elle
surpasse largement celle de 2013. Ces millésimes 2019
s’accompagnent d’une forte baisse des indices VIX et VStoxx, qui
clôturent à des niveaux inférieurs à 15%. En France, la performance
globale du CAC40 aura été supérieure à 30%. En revanche, coté
collecte sur les véhicules d’épargne tels que les OPC non
monétaires, les flux sur 12 mois n’ont pas été synchrones avec le
rebond des marchés actions puisque la majorité des véhicules a subi
une forte décollecte.

Décollecte sur les actions et obligations

Pour rappel, sur l’ensemble des encours des OPC non monétaires,
90% sont détenus par les Résidents : l’encours des OPC non
monétaires représentait 1 287 milliards d’euros, selon les chiffres de
la Banque de France, publiés au troisième trimestre 2019. Quant à
la répartition de ces encours, 60% associent actions et autres titres
d’OPC. Ce qu’il faudra noter sur les douze derniers mois à fin
septembre 2019, dernier point disponible, est la décollecte coté
actions, obligations, produits mixtes tandis que le flux associé aux
OPC immobiliers a continué son ascension.
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Sur les douze derniers mois, les OPCI non monétaires ont
enregistré une décollecte de -50 milliards d’euros. Sans étonnement,
ce sont les actions qui observent la plus forte décollecte sur la
période, -30 milliards d’euros, vu la hausse de la volatilité passée. La
décollecte a démarré dès l’automne 2018 avec les premières
turbulences sur les marchés financiers déclenchées par la
combinaison des premiers effets de la guerre commerciale, la
potentielle fin de cycle américain et l’effet domino sur la croissance
mondiale. Rétrospectivement, le montant de décollecte dépasse
celui observé en 2012 pendant l’épisode de la crise de la dette
souveraine en Europe.

  • Sur long terme, il existe une forte corrélation entre la variation
    des flux des OPC actions sur douze mois et celle des indices
    boursiers français, européens (Euro Stoxx) ou mondiaux (via
    MSCI) : 0.76 avec le CAC 40.
  • Toutefois en 2019, tout s’était passé comme si les épargnants
    français étaient restés prudents face au « momentum » boursier.
    Les anticipations sur le retour de la volatilité ont été
    vraisemblablement synonymes d’aversion pour les actions, mais
    pas uniquement. Coté obligations, la décollecte a été également
    sévère puisque sur les douze derniers mois, le montant total est
    de plus de 7 milliards d’euros.

Corollaire à ces deux tendances, les OPC mixtes sur les douze
derniers mois aussi ont accusé le coup, puisque la décollecte atteint
plus de 10 milliards d’euros. Sur plus long terme, le profil de la
collecte des OPC mixtes combine celui des obligations et des
actions en lien avec les phases de gestion tactiques et du cycle
économique mondial.

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Collecte sur l’immobilier et l’épargne salariale

En revanche, la collecte pour l’immobilier (SCPI et OPCI Grands
Publics) continue en régime de croisière à 6 milliards d’euros sur les
douze derniers mois. Ce niveau est inférieur aux 8 milliards de
collecte annualisé depuis la politique d’assouplissement quantitatif
(Quantitatif Easing) de la Banque Centrale. Néanmoins, le « Lower
for Longer » est synonyme d’une potentielle accélération des flux
pour les OPC immobiliers en France[[ Dans le monde, les fonds de pension ont augmenté leur exposition aux actifs alternatifs de 1.8 trillions
de dollars de 2008 à 2017, soit une allocation qui est passée de 7.2% en 2008 à 11.8% en 2017. Dans les
pays émergents, cette tendance est également visible puisque l’allocation est de 6.6% contre 0.97% en 2007. Ces changements stratégiques ciblent essentiellement le capital-investissement (marché US) et
l’immobilier]]: la recherche de rendements,
et l’inflexion du cycle économique militent en faveur d’une
exposition sur des actifs réels moins vulnérables au cycle
économique.

Identiquement, les OPC dédiés à l’Epargne salariale continuent
d’enregistrer une collecte à hauteur de près de 3 milliards d’euros,
en accélération par rapport au passé.

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Des performances en hausse

Coté valorisation, la performance des fonds non monétaires a bien
progressé en 2019, en liaison avec des hausses de valorisation sur
tous les types d’instruments.

  • La performance la plus notable est celle des fonds actions(+10,2%
    en octobre dernier point connu) en lien avec le rebond observé des
    indices boursiers. Au regard de la forte corrélation entre les
    performances de l’Euro Stoxx 600 et les fonds actions, il est
    vraisemblable que la hausse de 6% de l’indice boursier européen
    depuis le mois d’octobre dernier contribuera à un rebond notable
    de la performance globale des fonds actions en 2019 après le recul
    de 12% enregistré en 2018.
  • La performance des fonds obligations s’est elle aussi poursuivie
    (+3.5%, dernier point connu en octobre) et devrait afficher une
    performance positive en 2019 après le retrait de 0,9% en 2018. On
    notera que la performance de l’indice obligataire Euro-MTS, dont
    l’univers est celui des emprunts d’Etat de la zone euro toutes maturités, est synchrone avec la performance des fonds
    obligations, mais elle est beaucoup plus volatile : aussi, le rebond
    de la performance des fonds obligations ne sera pas
    homothétique à celui de l’indice Euro-MTS.
  • La performance des fonds immobiliers suit son rythme de
    croisière : en octobre dernier les indices IEIF OPCI Grand Public
    et Edhec SCPI étaient en hausse respectivement de 4,8% et de 6,3%
    comparativement à leur niveau de fin d’année 2018.

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L’année 2020 s’annonce moins aisée, avec des tensions
géopolitiques croissantes et des grands enjeux à venir dans
l’avènement de la société hyper-industrielle qui combinera
industrie, services et numérisation sous la contrainte de la
transition énergétique, en espérant que les premières, qui sont
facteurs de volatilités, n’occulteront pas les seconds, porteurs de
création de valeur.

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