Institutional Shareholder Services (ISS) vient de publier une étude sur le
déroulement de la saison européenne de vote en 2020. Quels sont les principaux enseignements à retenir ?
Tout d’abord, le niveau de participation est resté stable en 2020, passant de
65,5% en moyenne en 2013 à 70,8% du capital en 2018, pour se maintenir à peu
près au même niveau en 2019 et 2020. La taille des ordres du jour des réunions européennes a été augmentée en 2020, principalement en raison des
modifications des règlements liés à la tenue des assemblées générales (AG)
en période de Covid. Après cinq ans de stabilité relative, le nombre moyen de
résolutions par AG est passé de 15,1 en 2019 à 16,4 en 2020.
Le niveau moyen de votes négatifs des actionnaires européens a augmenté
quant à lui en raison de l’introduction de nouveaux types de votes « say on
pay ». Ainsi, aux Pays-Bas, une nouvelle réglementation concerne le vote sur
la politique de rémunération. Le vote doit désormais obtenir une majorité
de 75% pour être approuvé. Cette exigence de majorité accrue est destinée à
encourager les entreprises néerlandaises à entretenir un dialogue constructif
avec leurs actionnaires afin d’obtenir un large soutien pour leur politique de
rémunération.
Sur 32 sociétés, seules cinq n’ont pas reçu un soutien suffisant
de la part des actionnaires sur la résolution « say on pay ». Dans les pays où
les votes sur les rapports de rémunération préexistaient, le niveau de rejet est resté stable ou a légèrement diminué en 2020.
De nombreux dirigeants ont en effet accepté de réduire temporairement leur
salaire fixe ou leur rémunération variable en réponse aux défis créés par la
pandémie. Il sera toutefois intéressant d’analyser l’évolution de leur rémunération totale dans les années à venir… Par exemple, toute diminution temporaire du salaire fixe ou variable pourrait être plus que compensée par l’acquisition de bonus à long terme si les objectifs de performance s’avèrent inappropriés à mesure que le cours des actions se rétablit.
Plusieurs entreprises britanniques ont mis en suspens la fixation d’objectifs
pour les incitations à long terme accordées en 2020, arguant que l’incertitude
créée par la pandémie les empêchait de déterminer des objectifs appropriés.
En France, quelques politiques de rémunération ont été modifiées pour
permettre au conseil d’administration d’exercer un pouvoir discrétionnaire lors
de la détermination de la rémunération variable des dirigeants si la réalisation
des critères de performance était affectée par des circonstances imprévues…
De nombreuses propositions de dividendes ont été retirées de l’ordre du jour
en réponse à la crise du Covid. Le nombre de votes négatifs sur ce sujet est
resté faible et globalement conforme aux niveaux observés les années précédentes, suggérant que les actionnaires acquiescent majoritairement les niveaux de distribution en période de pandémie. Le nombre d’entreprises visées par des résolutions d’actionnaires hors conseil d’administration s’est quant à lui stabilisé, passant de 27 en 2019 à 24 en 2020, après deux augmentations en 2018 et 2019, certains actionnaires se montrant vraisemblablement pusillanimes en raison des nombreux défis à relever par les entreprises face au Covid.
Enfin, le soutien aux résolutions d’actionnaires liées au climat a augmenté en
2020 mais ces dernières ont été très peu nombreuses, passant de cinq en 2019 à six en 2020. Trois résolutions de ce type ont été soutenues par 14% ou plus des votes en 2020, alors que le niveau maximum de soutien antérieur pour les propositions d’actionnaires de ce type était de 8% en 2019 et de 5% en 2018.
Ainsi, malgré la crise du Covid, nous ne pouvons que constater la modestie du
changement de comportement des actionnaires.
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