Le nouveau label ISR constitue une innovation pour la promotion de l’Investissement
Socialement Responsable en France et en Europe. Soutenu par le ministère de l’Economie
et des Finances et résultat d’un long dialogue avec les parties prenantes, il est désormais la
référence pour proposer les produits ISR aux épargnants individuels.
Il leur permet d’identifier facilement des investissements favorisant le développement
durable tout en visant le même rendement financier que des produits classiques.
Les dernières études montrent que les particuliers cherchent à donner plus de sens à leurs
placements. Mais, si l’ISR croît plus rapidement que le marché européen de la gestion
d’actifs dans son ensemble[[Etude sur le marché européen de l’ISR 2016, Eurosif ]]
, c’est surtout grâce aux investisseurs institutionnels (caisses de
retraite, fonds souverains…).
Les particuliers passent encore peu à l’acte et la part des produits responsables dans leur
épargne (assurance-vie, comptes titres, PEA…) est encore très faible (moins de 2 %). Seule
l’épargne salariale se distingue pour le moment avec un tiers de ses encours ISR.
L’ambition de ce label d’Etat est de garantir la qualité de la démarche ISR des fonds
labellisés et de les rendre plus accessibles auprès des épargnants.
Principale innovation du label : des impacts sociaux et environnementaux
mesurables et mesurés
Créé par décret, ce label distingue les fonds qui investissent dans des entreprises aux
pratiques responsables en matière environnementale, sociale et de bonne gouvernance.
Les sociétés de gestion des fonds labellisés doivent non seulement avoir mis en place une
méthodologie et des moyens suffisants d’analyse mais aussi prendre effectivement en
compte les résultats de ces analyses dans la construction du portefeuille.
C’est surtout sur la mesure d’impact que le label innove. Obtenir le label ISR, c’est définir
des objectifs en matière d’environnement, de politique sociale et de gouvernance des
entreprises financées. Les fonds devront illustrer l’atteinte de ces objectifs notamment par le
calcul d’indicateurs mesurables.
Déjà plus de 10 milliards d’euros d’encours labellisés
En quelques semaines, le montant des encours des fonds labellisés dépasse déjà les 10 milliards d’euros. Au total, ce sont 9 sociétés de gestion et 58 fonds qui ont obtenu le label ISR. Ils sont distribués par une dizaine de réseaux bancaires et d’assurance en France et en Europe et de nombreux conseillers financiers.
Sur le site dédié au label (www.lelabelisr.fr), figure la liste de l’ensemble de ces fonds. Les épargnants ont également accès à des outils pédagogiques qui expliquent l’intérêt d’épargner responsable.
Alors que les études académiques[[ESG and financial performance : aggregated evidence from more than 2000 empirical studies, Gunnar Friede,
Timo Bush & Alexander Brassen, 2015.]] confirment que le rendement financier de l’ISR est comparable à celui de n’importe quel autre fonds, le label permet de placer son argent de façon responsable sans renoncer à un retour sur investissement.
Une organisation qui garantit l’indépendance du label
Le label ISR est la propriété des pouvoirs publics. Il est attribué pour 3 ans au terme d’un
processus d’attribution strict réalisé par des organismes tiers spécialement accrédités (il
s’agit pour l’instant d’EY France et d’AFNOR certification). L’audit de labellisation des fonds
est réalisé en toute indépendance selon le référentiel défini par arrêté ministériel. Surtout, la
labellisation n’est jamais définitivement acquise : les fonds sont régulièrement contrôlés et,
en cas de manquements persistants, ils perdent leur label. Le label offre donc la garantie
d’un placement dont les qualités de gestion ISR ont été confirmées par des professionnels
externes aux établissements qui les commercialisent.
Le comité du label, organe collégial indépendant, est chargé de proposer aux pouvoirs
publics les évolutions du référentiel du label. Ce comité, présidé par Nicole Notat, est
constitué de représentants, intuitu personae, de toutes les parties prenantes de l’ISR :
spécialistes de l’épargne salariale et de la finance d’entreprise, professionnels de la gestion
d’actifs, experts de l’investissement institutionnel et de la promotion de produits d’épargne,
représentants d’associations de consommateurs, etc. Pour mener à bien ses travaux, il
s’appuie sur un comité scientifique composé d’universitaires spécialistes du sujet.
Ajouter un commentaire