Un environnement incertain à l’approche de 2016
Après avoir atteint le régime de Forte aversion au risque à la
fin du troisième trimestre, l’indicateur de Régime de Marché
(MRI) a reculé au quatrième trimestre et terminé en régime
Normal. Il a débuté la période en régime de Forte aversion
en raison du niveau défavorable de deux facteurs sur trois
(volatilité implicite des actions et spread de la dette). Sous l’effet
de la détente des trois facteurs, le signal a reculé tout au long du
mois d’octobre pour revenir à un régime Normal à la mi-mois.
Il est ensuite remonté en novembre, renouant avec le régime de
Forte aversion au risque en milieu de mois. Début décembre,
il s’établissait juste au-dessus du seuil de ce dernier. Le signal
est ensuite rapidement redescendu dans le régime Normal pour
y rester jusqu’à la fin de l’année. À ce stade, la volatilité implicite
des devises avait reculé, le spread de la dette restait défavorable
et la volatilité implicite des actions se normalisait.
Le facteur de volatilité implicite des actions a été assez instable
au cours du trimestre. Il a débuté la période en régime de
Crise et s’est sensiblement détendu en octobre pour renouer
avec un régime Normal en raison des différentes annonces
de politique monétaire (baisse des taux chinois, renforcement
de l’assouplissement quantitatif par la Banque Centrale
Européenne et hausse progressive des taux de la Fed).
Le facteur a été relativement stable tout au long du mois
de novembre, passant brièvement dans le régime de Forte
aversion dans les jours suivant les attentats de Paris (la
volatilité des marchés s’est envolée en raison de l’incertitude
géopolitique grandissante) avant de finir le mois dans un
régime Normal. Le mois de décembre a été plus inconstant :
la volatilité des actions a atteint un pic mi-novembre, ce qui a
renvoyé le facteur en régime de Forte aversion au risque après
une réunion décevante de la BCE et alors que les investisseurs
se tourmentaient à propos du premier relèvement des taux de
la Fed en neuf ans. Le facteur est ensuite revenu au régime
Normal puisque la volatilité des actions a reculé à l’approche
de la fin d’année.
Le spread de la dette est resté à un niveau défavorable pendant
la majeure partie du trimestre. Ce facteur a débuté la période
en régime de Crise, puis sur fond de resserrement des spreads,
il est redescendu en régime de Forte aversion au risque durant
la dernière semaine d’octobre.
Il est resté ainsi tout le mois de
novembre, atteignant quasiment le seuil du régime Normal en
début de mois avant de remonter. Le spread de la dette s’est ensuite élargi durant la première quinzaine de décembre,
renvoyant le facteur en régime de Crise à la mi-mois, où il
a terminé l’année. Les spreads des obligations des marchés
émergents et des obligations à haut rendement se sont
progressivement élargis au cours de la période, dans un
contexte de poursuite du repli des cours pétroliers et de
difficultés sur les marchés émergents.
C’est le facteur de volatilité implicite des devises qui a été le plus
instable sur le trimestre. Il a débuté en régime Normal avant de
reculer rapidement en régime de Risque faible, où il est resté
jusqu’à fin octobre.
Puis il est progressivement remonté en
novembre, revenant au régime Normal avant de passer en
régime de Forte aversion où il a terminé le mois. Cette poussée
de volatilité implicite des paires de devise est imputable à la
publication du procès-verbal du Federal Open Market
Committee qui a engendré un relèvement de la probabilité
(de 50 % à 75 %) de hausse des taux de la Fed avant la fin de
l’année. Début décembre, le facteur est rapidement retombé en
régime d’Euphorie sous l’effet de l’affaiblissement du dollar
américain face à d’autres devises (notamment l’euro) après la
réunion de la BCE. Le facteur a ensuite oscillé entre le régime
d’Euphorie et celui de Risque faible et terminé l’année juste
au-dessus du seuil de Risque faible.
L’année 2015 a tiré sa révérence avec un signal MRI en régime
Normal, mais cependant deux des facteurs dans des régimes
extrêmes opposés tandis que le troisième était au milieu d’un
régime Normal. Notons également que le MRI affiche un
niveau moyen de 68 % pour 2015, ce qui correspond au régime
de Forte aversion au risque.
Contrairement à début 2015, la
perspective de croissance mondiale en 2016 est généralement
plus morose en raison des anticipations de ralentissement
de croissance du PIB chinois. Par ailleurs, les prévisions
de croissance du FMI concernant l’économie américaine
et mondiale en 2016 sont inférieures à leur niveau d’il y a
un an. Perturbés par des politiques monétaires divergentes,
la baisse continue des prix des matières premières et le
risque géopolitique au Moyen-Orient, les marchés resteront
probablement turbulents jusqu’à nouvel ordre. En ce début
d’année, nous recommandons la prudence dans cet
environnement incertain puisque de manière générale, des
tensions prolongées sur les marchés internationaux (comme
en témoigne le niveau élevé du MRI au cours de l’année
écoulée) peuvent avoir des conséquences négatives plus
durables sur les économies et marchés sous-jacents.


Ajouter un commentaire