La mise en œuvre des moyens de réalisation de ces objectifs représente un
découplage des émissions des portefeuilles et de l’économie mondiale
Trente des plus grands investisseurs mondiaux représentant 5 000 milliards de dollars d’actifs sous
gestion ont convenu collectivement d’objectifs concrets de décarbonation de
leurs portefeuilles en conformité avec le scénario de 1,5 °C du Groupe d’experts intergouvernemental
sur l’évolution du climat (GIEC) pour les cinq prochaines années.
Les membres de la Net-Zero Asset Owner Alliance, soutenue par les Nations Unies, mettront en
œuvre de fortes réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) allant de 16 à 29 % d’ici 2025
par rapport à 2019, dans un contexte de hausse probable des émissions mondiales sur cette même
période.
Publié aujourd’hui en vue d’une seconde consultation publique, le Protocole de fixation des objectifs
à horizon 2025 (2025 Target Setting Protocol) présente des plans visant à ce découplage substantiel
des émissions de GES des portefeuilles des investisseurs institutionnels et de l’économie mondiale. Le
Protocole est indispensable à la mise en œuvre de plans cohérents et complets pour réduire les
émissions, accroître les investissements dans la transition vers la neutralité carbone et renforcer
l’influence sur les marchés et les politiques publiques.
Avec ce Protocole, les membres de l’Alliance envoient un signal très fort aux milliers d’entreprises
qu’ils détiennent, en leur indiquant la nécessité de réductions drastiques des émissions.
Ils
travailleront avec celles qui sont prêtes à adapter leurs modèles économiques, et ne souhaitent pas
s’engager dans des opérations de désinvestissement. Le succès de leurs efforts exige des actions fortes
des pouvoirs publics.
Au premier trimestre 2021, les membres de l’Alliance fixeront des objectifs pour leurs propres
portefeuilles en partant de différents points de départ compte tenu du niveau actuel des émissions
carbone de leurs portefeuilles. Plusieurs membres de l’Alliance définiront des objectifs importants de
réduction, alors que d’autres, forts des progrès substantiels déjà accomplis par leurs portefeuilles sur
la voie de la neutralité carbone, se fixeront des objectifs de réduction situés dans le bas de la
fourchette ; par ailleurs, un objectif limité pour 2025 sera pour certains le reflet de contraintes
géographiques ou politiques leur imposant de décarboner plus lentement les premières années.
Le Protocole a été élaboré pour permettre aux membres de l’Alliance d’utiliser une combinaison
d’approches favorisant au mieux leurs stratégies spécifiques de décarbonation et d’engagement et
tenant compte des différents niveaux de leurs émissions carbone à ce jour.
Chaque membre est
unique et peut, à ce titre, identifier des leviers propres à son institution pour accélérer la
décarbonation. Les membres ont également différents périmètres et stratégies d’investissement,
structures de gouvernance interne et niveaux d’exposition à certains secteurs fortement émetteurs Ainsi, les membres de l’Alliance visent à se doter d’objectifs « transparents et uniques » adaptés à leur
propre institution, mais pouvant aussi être agrégés, de manière à ce que les progrès des différents
membres et ceux de l’Alliance dans son ensemble puissent faire l’objet d’un suivi et d’une
communication transparente.
Les premières mesures en faveur des engagements de l’Alliance comprennent deux volets : faire
évoluer les portefeuilles d’investissement vers la neutralité carbone d’ici 2050 ; et y parvenir en
plaidant et en s’engageant pour la mise en œuvre par les entreprises, mais aussi par les pouvoirs
publics, d’actions favorisant la transition des secteurs économiques vers le bas carbone en cohérence
avec les données scientifiques et en considérant les impacts sociaux. La définition des trajectoires vers
la neutralité carbone passe par la prise en compte des objectifs, mais également des conséquences,
pour assurer une transition juste.
L’engagement auprès des entreprises détenues en portefeuille est un élément primordial pour
garantir non seulement la transition vers la neutralité carbone des portefeuilles des membres de
l’Alliance, mais également l’impact des actions de ces derniers sur l’économie réelle.
Même s’il
pourrait être facile de parvenir à la décarbonation des portefeuilles en cédant les investissements à
forte intensité carbone, il est fortement douteux que ces mesures aient à elles seules un impact positif
sur l’économie réelle. En outre, elles pourraient compromettre la capacité des membres de l’Alliance
à mener des actions d’engagement auprès de ces entreprises pour obtenir des réductions dans
l’économie réelle.
Günther Thallinger, Président de l’Alliance et membre du comité de direction d’Allianz SE, a déclaré :
« Les membres de l’Alliance commencent par changer eux-mêmes avant de nouer le dialogue avec
diverses entreprises pour œuvrer au changement de leurs activités. »
« Atteindre la neutralité carbone ne se limite pas simplement à réduire les émissions tout en
conservant les modèles économiques d’aujourd’hui. L’économie neutre en carbone sera source de
profonds changements et de grandes opportunités : nous pensons que de nouvelles opportunités
d’affaires et de belles réussites s’offriront à ceux qui sont prêts à prendre les devants », a-t-il ajouté.
Eric Usher, Responsable de l’UNEP FI, a indiqué : « Selon l’Emissions Gap Report de l’UNEP, chaque
année de retard pris dans l’atteinte du pic d’émissions nécessitera des réductions plus importantes et
plus rapides. Le Target Setting Protocol représente un progrès d’envergure mondiale dans l’atteinte
des réductions d’émissions nécessaires par certains des principaux investisseurs au monde. »
Fiona Reynolds, Directrice générale des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), a
déclaré : « Établir des objectifs intermédiaires fermes de décarbonation des portefeuilles est essentiel
pour atteindre les engagements de l’Accord de Paris sur le climat. Passer de 12 investisseurs
institutionnels membres lors du lancement il y a un an, à 30 et plus, signifie que la Net-Zero Asset
Owner Alliance, initiative conjointe des PRI et de l’UNEP FI, peut avoir une influence considérable sur
la manière dont les entreprises gèrent l’empreinte carbone de leurs activités. »
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