Les récents indicateurs macroéconomiques témoignent
d’une sortie de crise fragile, marquée par une
amélioration conjoncturelle progressive tant dans les
pays développés qu’émergents… Mais avec des niveaux
d’activité encore éloignés de ceux qui prévalaient avant la
crise ! « Des premiers signes de rebond sont perceptibles,
surtout dans le secteur des services. En zone euro les
indicateurs PMI se redressent peu à peu et la confiance
des consommateurs se raffermit. Aux Etats-Unis, une
envolée conjoncturelle a été constatée en mai dernier,
soutenue par l’embellie du marché du travail qui a stimulé
la confiance des consommateurs » explique Eric
Bourguignon, Membre du Directoire de Swiss Life Asset
Managers France. Néanmoins, les perspectives
macroéconomiques restent soumises à l’évolution de
l’épidémie, laquelle peut prendre la forme d’une seconde
vague avec de nouveaux foyers. De son côté, l’économie
chinoise est en voie de normalisation et compte un temps
d’avance sur les autres pays : en effet, la Chine est le seul
grand pays qui n’enregistrera pas de recul du PIB en 2020
malgré les déflagrations de la crise sanitaire.
Le comportement des ménages jugé déterminant dans
la sortie de crise
Cette amélioration conjoncturelle plus ou moins marquée
d’une région à l’autre ne résulte pas seulement du
processus de déconfinement, elle doit beaucoup aux
mesures inouïes des politiques économiques mises en
place par les gouvernements et les banques centrales.
« Les économies demeurent sous perfusion monétaire.
Très réactives face à la crise sanitaire, la Fed et la BCE ont
respectivement élargi leur bilan d’environ 4 000 à plus de 7 000 milliards de dollars et de 4 700 à 5 700 milliards
d’euros en 2020 » précise Eric Bourguignon.
L’équipe de Swiss Life Asset Managers anticipe un recul de la croissance en 2020, de -6,2% en zone euro et -3,4% aux Etats-Unis, puis un rebond puis un rebond respectif de +5,9% et +3,7% en 2021. La croissance de l’économie chinoise est attendue à +1,2% en 2020 et
+8,4% en 2021. « Le comportement des ménages sera
déterminant dans la sortie de crise. Ils ont accumulé un
montant d’encaisses considérable pendant la période de
confinement. De l’usage qu’ils feront de cette manne
pourrait fortement dépendre le profil de la reprise »
analyse Eric Bourguignon.
Des marchés primaires dynamiques
L’orientation des marchés monétaires et des produits de
taux courts européens a été influencée par les mesures
exceptionnelles de la BCE. « Ces dernières ont eu un
impact notable sur les volumes d’émissions » résume
Julien Russo, Gérant Investment Grade. En détails, la BCE a musclé non seulement ses mesures d’achats d’actifs, entre autres avec le lancement du PEPP puis son augmentation à 1 350 milliards d’euros pour des achats
nets jusqu’en 2021, mais aussi ses opérations de refinancement, avec notamment des conditions d’emprunt plus avantageuses dans le cadre du TLTRO 3 ou encore l’annonce du PELTRO[[PEPP : Programme d’achats d’actifs (dettes publiques et privées) d’urgence contre la pandémie
TLTRO 3 : “Targeted long term refinancing operations 3” ou troisième programme ciblé de refinancement à long terme accordé par la BCE aux banques européennes
PELTRO : programme de refinancement à long terme non ciblé, d’urgence pandémique.]]
Dans le même temps, les volumes d’émissions sur le marché des titres négociables à court terme (NEUCPs) ont augmenté significativement aux mois d’avril et mai, avec des niveaux de taux affichés moins bas qu’en 2019 et
qu’au premier trimestre. « Les volumes de nouvelles émissions ont pu retrouver leur rythme d’avant crise à 40 milliards sur 1 mois glissant, contre 10 milliards à la fin du mois de mars. Depuis le mois d’avril, les niveaux d’émission des NEUCPs à 3 mois, 6 mois et 12 mois oscillent globalement entre -0,25% et + 0,10% (émetteurs financiers et non financiers), contre -0,40% et -0,20% précédemment » constate Julien Russo. Le marché primaire des obligations d’entreprises Investment Grade de maturité
inférieure à 3 ans s’est lui aussi révélé particulièrement dynamique au mois d’avril, avec près de 30 milliards d’euros de nouvelles émissions.
Quelle stratégie d’investissement adopter ?
Dans le cadre de sa gestion monétaire, Swiss Life Asset
Managers conserve un positionnement prudent,
favorable au maintien d’une liquidité élevée. « Dans nos
fonds Swiss Life Funds (F) Cash Euro (horizon de
placement recommandé à 1 semaine), Swiss Life Funds (F)
Short Term Euro (horizon de placement recommandé
jusqu’à 3 mois) et Swiss Life Funds (F) Money Market Euro
(horizon de placement recommandé de 3 à 6 mois), nous
maintenons une exposition relativement réduite aux
obligations. Au plus fort de la crise, entre février et avril,
nous avons privilégié la liquidité en portefeuille, par
exemple en exerçant l’option de nos titres ‘puttables’ »
précise Mathilde Lacoste, Responsable de la gestion
Investment Grade.
L’allocation sectorielle et géographique a elle aussi
évolué en ligne avec une exposition au « risque crédit »
pilotée et maîtrisée, en fonction de l’horizon de
placement : à titre d’exemple l’exposition aux papiers
courts des émetteurs du secteur automobile, cyclique, a
été réduite au cours du premier trimestre. Depuis, un
retour graduel et soumis à une haute sélectivité a été
opéré sur les titres du secteur, tout particulièrement dans
le cadre du fonds Swiss Life (F) Bond 6M dont l’horizon de
placement à 6 mois est plus adapté au profil rendementrisque de ces émetteurs. « Nous avons opéré un mouvement comparable en termes d’orientation géographique concernant les titres issus des pays périphériques, Italie et Espagne » ajoute Mathilde Lacoste.
La recherche de liquidité et la faible volatilité demeurent
les pierres angulaires des solutions monétaires et
obligataires court terme de Swiss Life Asset Managers.
Dans la phase de sortie de crise qui s’ouvre, l’enjeu est de
continuer à proposer des alternatives court-terme aux
investisseurs qui souhaitent optimiser leur trésorerie ou
placer temporairement leurs liquidités, en attendant de
revenir opportunément sur les marchés obligataires et
actions.
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