Plusieurs ministres des finances de la zone euro et fonctionnaires de la Commission
européenne ont critiqué l’augmentation de l’objectif de déficit annuel de
l’Italie à 2,4% du PIB en 2019-2021. En conséquence, les rendements sont
maintenant environ 160 points de base supérieurs à ceux des obligations
en euros à notation comparable.
Bien que nous estimions que la notation de crédit de l’Italie pourrait être
dégradée d’un cran, le pays devrait conserver une notation investment
grade pendant au moins les 12 prochains mois, et il y a très peu de
chances, selon nous, que l’Italie fasse défaut au cours des deux prochaines
années.
Seulement 13% des emprunts d’Etat doivent être renouvelés
d’ici fin 2019, de sorte que la hausse des rendements n’augmente que
progressivement le coût de la dette.
Ainsi, nous pensons que les récentes
ventes massives offrent aux investisseurs une occasion intéressante
d’acheter des obligations italiennes à deux ans. Nous mettons toutefois
en garde contre les obligations italiennes à long terme et contre toute
exposition concentrée sur ces dernières.
La position comporte des risques. Les rendements italiens pourraient
augmenter en cas de montée des tensions entre l’Italie et la Commission
européenne, de dissolution de la coalition italienne actuelle ou de départ
du ministre des Finances, Giovanni Tria, qui avait préconisé un objectif de
déficit de 1,6%.
Les obligations italiennes pourraient également souffrir
d’une détérioration sensible de l’économie de la zone euro ou d’une
dégradation de la notation de crédit de l’Italie en dessous d’investment
grade.
Cela dit, étant donné le niveau élevé des rendements et le rolldown,
l’opération atteindra le seuil de rentabilité sur six mois, même si les
rendements augmentent de 100 pb. Nous considérons donc que les risques
valent la peine d’être pris au vu de la performance potentielle.
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