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Obligations : hausse des flux vers les obligations risquées

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Au cours de ces dernières semaines, la quête de rendement dans les segments obligataires aux taux plus élevés s’est accentuée. Les taux de plus en plus faibles des obligations d’État et les achats de la BCE découragent les détenteurs actuels de papier d’État.

  • Nouveaux planchers pour le papier d’État allemand
  • Modeste hausse des taux attendue à moyen terme
  • Les obligations plus risquées attirent davantage de capitaux
  • Prudence à l’égard des devises émergentes

Nouveaux planchers pour le taux allemand à 10 ans

Depuis le début de l’année, on a assisté à une poursuite du
repli du taux des obligations d’État allemandes à 10 ans. Début
février, le taux allemand à 10 ans est descendu pour la
première fois sous le taux japonais à 10 ans. Depuis lors, le
taux allemand n’avait guère bougé, fluctuant entre 0,3% et
0,4%. Le 9 mars, la BCE a entamé son programme de rachat
d’obligations de 60 milliards d’euros par mois et le taux
allemand est par conséquent passé de 0,4% à 0,2% en
l’espace de trois jours. Le 10 mars, le taux allemand à 30 ans
est quant à lui descendu (pendant la journée) sous 0,75% pour
la première fois de son histoire.

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Les raisons de ces taux obligataires extrêmement faibles ont
déjà été citées à maintes reprises dans ce document :
croissance faible, inflation modérée, politique monétaire souple
de la BCE et début de son programme d’assouplissement
quantitatif en combinaison avec une demande élevée
persistante pour les obligations liquides de qualité.

…mais le plancher ne devrait plus être très éloigné

Eu égard au taux de 0,2%, il est clair que la valorisation du
Bund allemand est devenue extrêmement élevée. Le
positionnement des investisseurs est également extrême.
L’assouplissement quantitatif semble désormais incorporé dans
les taux, tandis que les chiffres macroéconomiques s’améliorent
grâce à la politique monétaire non conventionnelle. Le repli des
prix énergétiques et la dépréciation de l’euro soutiennent
également la croissance.

En outre, le taux obligataire américain à 10 ans semble avoir
atteint son creux début février et a recommencé à augmenter
grâce à une stabilisation des prix pétroliers, aux solides
données du marché du travail américain et à l’anticipation d’un
premier relèvement des taux par la Réserve fédérale. Étant
donné qu’il existe toujours une forte corrélation entre les taux
allemands et américains à 10 ans, nous nous attendons à une
légère hausse des taux allemands à moyen terme. Nous
conservons par conséquent leur sous-pondération.

Les obligations plus risquées performent mieux

Au cours de ces dernières semaines, la quête de rendement
dans les segments obligataires aux taux plus élevés s’est
accentuée. Les taux de plus en plus faibles des obligations
d’État et les achats de la BCE découragent les détenteurs
actuels de papier d’État. Nombre d’entre eux s’intéressent par
conséquent désormais aux segments plus risqués et aux
obligations aux maturités plus longues.

Ceci est clairement visible dans les données des flux
d’investissement. Les segments plus risqués enregistrent des
entrées de plus en plus importantes : les fonds mondiaux à
haut rendement enregistrent des entrées depuis six semaines
consécutives et les fonds d’obligations des marchés émergents
en monnaies fortes depuis cinq semaines d’affilée.

Ces flux de
capitaux se font surtout au détriment des fonds monétaires et
obligataires – essentiellement américains.

En outre, la stabilisation des prix pétroliers a profité aux
obligations à haut rendement et aux obligations des marchés
émergents en monnaies fortes car ces classes d’actifs ont été
particulièrement pénalisées par l’impact du déclin des prix
pétroliers sur les fondamentaux de leurs pays et de leur
entreprises. Nous surpondérons ces classes d’actifs.

Prudence accrue à l’égard des devises émergentes

Nous sommes plus prudents à l’égard des obligations des
marchés émergents en général. Tout d’abord, la tendance de la
croissance des marchés émergents s’est détériorée nettement
au cours de ces dernières semaines. Ensuite, l’assouplissement
monétaire a gagné du terrain puisque quasiment tous les
grands pays émergents ont abaissé leurs taux.
La combinaison
d’une croissance plus faible et d’une confiance excessive des
banques centrales est mauvaise pour les devises émergentes,
qui sont devenues plus volatiles depuis fin février.

Les banques
centrales des marchés émergents comptent dans une trop large
mesure sur les flux de capitaux liés au portage et, eu égard à
l’imminence du premier relèvement des taux par la Fed
américaine, elles devraient selon nous être plus prudentes.

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