Produit & Stratégie - Asset Management Stratégie

Recherche prudente d’opportunités sur le crédit

-52.jpg
Les spreads de crédit se sont fortement accrus, intégrant le risque d’une récession, plus que celui d’un simple ralentissement de l’économie. Depuis peu les actifs émergents font preuve d’une certaine résistance, ce qui pourrait être le signe avant-coureur d’un regain de confiance de la part des investisseurs.

Évaluation globale

Après la forte hausse des rendements réels causée par la normalisation de la politique de la Fed, les bons du
Trésor américain se sont redressés ces derniers mois, soutenus par les inquiétudes politiques et le ralentissement
économique. Le marché a rapidement cessé d’anticiper 3 à 4 hausses de taux pour n’en prévoir plus qu’une tout
au plus en 2019. Cette trajectoire heurtée des taux d’intérêt a généré des sorties significatives sur les obligations
corporate et émergentes. Les spreads de crédit se sont fortement accrus, intégrant le risque d’une récession, plus
que celui d’un simple ralentissement de l’économie. Depuis peu les actifs émergents font preuve d’une certaine
résistance, ce qui pourrait être le signe avant-coureur d’un regain de confiance de la part des investisseurs. La
grande question pour les investisseurs obligataires est de savoir jusqu’où la Fed peut encore relever ses taux face
à des conditions financières qui se resserrent déjà. À notre avis, nous nous rapprochons du niveau auquel la Fed
deviendra plus neutre, ce qui favorisera un relâchement des tensions sur l’USD et une amélioration des conditions
de liquidité. Si notre scénario central se confirme, la Fed marquera probablement une pause l’an prochain, tandis
que nous observons quelques signes d’apaisement des tensions commerciales ; par conséquent, la baisse récente
du crédit des marchés développés et de la dette émergente constitue une opportunité de s’exposer à nouveau, à
bon compte, mais de façon très progressive et au cas par cas.

Obligations des marchés développés

Le ralentissement cyclique des économies, conjugué aux incertitudes des marchés, tend à exercer des pressions
baissières sur les courbes de taux. Nous privilégions les taux US parmi les marchés développés En Europe,
nous maintenons une opinion neutre à l’égard de la dette des pays périphériques. En ce qui concerne l’Italie,
malgré certains progrès, nous préférons rester prudents et garder une approche
attentiste, la prime de risque devant perdurer. Des opportunités existent au
niveau des points morts d’inflation, car la croissance est supérieure au potentiel
et l’écart à la production se résorbe rapidement. Sur le front des obligations
d’entreprise, au cours du second semestre, les spreads ont anticipé la hausse des
taux et de l’endettement des émetteurs, ménageant des points d’entrée attrayants
sur certains titres. En Europe, les nouvelles émissions fourniront peut-être des
opportunités de repositionnement sur le marché ; toutefois, le crédit de la zone
euro restera volatil en raison du niveau élevé de l’incertitude politique et du
ralentissement de la croissance régionale, et les risques sont baissiers (sur le
plan interne et externe, dans la mesure où l’Europe est relativement exposée
au ralentissement de l’économie chinoise). Aux États-Unis, le crédit offre un
potentiel haussier modeste compte tenu de la relative stabilité des fondamentaux,
mais une exposition trop importante comporte des risques. Nous recommandons de privilégier des titres les
plus liquides dans l’univers IG et dans certains segments précis du marché HY (les émissions notées B offrent
un plus grand nombre d’opportunités de sélection).

Des points
d’entrée devraient
apparaître au sein
des obligations
émergentes,
principales
bénéficiaires
du ton plus
accommodant de
la Fed en 2019

Obligations des marchés émergents

Grâce au ton plus conciliant que prévu de la Fed et au relâchement des tensions commerciales sino-américaines,
le sentiment est devenu plus positif dernièrement pour les actifs émergents. L’environnement technique est
favorable à la fois pour la dette en devise locale et forte, mais nous préférons cette dernière pour l’instant, car
elle est en mesure de générer des performances positives à moyen terme (son rendement est supérieur à celui de
la dette en devise locale pour la première fois depuis 2009) tout en protégeant les investisseurs contre le risque
de change. Nous sommes plus optimistes envers les pays avec un risque politique moindre (l’agenda politique des
marchés émergents étant très rempli pour 2019), ainsi que ceux qui sont moins exposés aux conflits commerciaux
ou qui offrent un meilleur portage.
-52.jpg

Marché des changes

Les tensions haussières sur le dollar américain devraient commencer à se dissiper l’an prochain. En Europe,
nous préférons les devises nordiques (SEK, NOK) à la monnaie unique, car celles-ci sont mieux protégées contre
les tensions politiques émanant de la zone euro. La livre sterling pourrait rester volatile, car le risque extrême
lié à la crise politique actuelle est toujours présent.

Catégories