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Stratégie Alternative : Hôtellerie en Europe & Techniques Quantitatives

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Béatrice Guedj, Directrice Recherche et Innovation chez Swiss Life Asset Management montre via des techniques quantitatives d’allocations d’actifs, que l’hôtellerie en Europe répond à la diversification recherchée par les investisseurs en surcroît d’une rentabilité soutenue, à risque contrôlé.

L’introduction de l’immobilier direct dans les portefeuilles
d’institutionnels favorise la diversification et permet une
rémunération suffisante associée au sous-jacent. L’appétit des
investisseurs pour l’immobilier s’est accentué pour les actifs
immobiliers alternatifs car ils permettent d’obtenir des
performances absolues et une exposition à des sous-jacents très
variés. Nous montrons par des techniques quantitatives
d’allocations d’actifs que l’hôtellerie en Europe répond à la
diversification recherchée par les investisseurs en surcroît d’une
rentabilité soutenue, à risque contrôlé.

Stratégie diversifiée

L’hôtellerie a été souvent approchée par le secteur coté, et les indices
boursiers globaux ont historiquement généré des performances
globales supérieures aux indices nationaux. L’exposition à des
géographies différentes, Amérique, Europe, Asie, Europe de l’Est,
pays émergents ou pays développés, sur l’ensemble des territoires
permet une déconcentration de l’exposition et une captation
différenciée des cycles hauts et bas. Le premier graphique illustre
l’exemple de cette surperformance de l’indice hôtellerie Europe
comparativement à l’indice STOXX 600.

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Sur les marchés de l’immobilier direct en Europe, l’hôtellerie n’est
pas recensée, via les données INREV[[Investors in Non-Listed Real Estate Vehicles]], comme un secteur à part entière, témoignage du peu de fonds dédiés à ce segment. L’analyse des statistiques INREV suggère que l’hôtellerie s’ajoute à des stratégies plus classiques mais essentiellement pour doper la
performance, notamment quand il s’agit de redéveloppements liés
au repositionnement d’actifs ou stratégies « mixed-used ». Sur les
trois premiers trimestres de 2018, 50% des fonds levés se sont
concentrés sur le logement, 27% sur la logistique, 11% pour les
commerces, 7% pour les bureaux, 2% pour l’hôtellerie et 2% pour la
santé. Sur d’autres périmètres géographiques, les fonds
panaméricains ou panasiatiques spécialistes de l’hôtellerie
répliquent simplement une stratégie d’indice global de
diversification d’allocations sur le sous-jacent.

Les arguments traditionnels mis en avant pour expliquer les atouts
de l’investissement immobilier du secteur hôtelier :

  • Rentabilité supérieure. Les performances de l’immobilier hôtelier
    en Europe, telles que calculées par l’indice MSCI paneuropéen,
    associent un rendement total supérieur aux autres classes d’actifs
    et cela quel que soit l’horizon d’investissement, 3, 5 ou 10 ans. Le
    rendement à plus de 10% p.a sur les trois dernières années
    s’explique par la forte hausse des rendements en capital tirés par
    un marché très concurrentiel.
  • Stabilité des rendements locatifs à plus de 5% p.a. L’indexation
    des baux sur des périodes longues rend cette classe d’actifs
    particulièrement recherchée car synonyme de stabilité des cash
    flows.
  • Moindre érosion des rendements suite à la grande récession,
    comparativement aux autres classes d’actifs.
    La moindre liquidité
    de ce segment explique aussi sa moindre volatilité dans le passé.
  • Le ratio rendement ajusté du risque est supérieur à 1 en liaison
    avec la moindre volatilité des rendements en capital et en vertu de
    la stabilité des rendements locatifs.

Diversification, allocation optimale

Les données MSCI sur l’hôtellerie par pays sont relativement
hétérogènes autant en termes historiques ou de profondeur de
marché pour tout exercice de diversification de portefeuille. Les
données de croissance de RevPar par pays et par gamme sont les
références quand il s’agit de réellement mesurer les moteurs sousjacents à l’immobilier. Un bon proxy du RevPar est le nombre de
nuitées, comme sources de données pour utiliser les modèles
quantitatifs d’allocations.

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D’après analyses des données Eurostat[[Aussi, Eurostat offre des études « clés en main » du secteur de l’hôtellerie, les flux, les arrivées, les
nuitées, la demande par nationalités et l’offre par segment. Ces analyses permettent d’identifier les
mutations côté offre (changement de gammes des différents produits) mais aussi demande (loisirs
versus affaires).]], 80% des arrivées
touristiques se concentrent sur 4 Grands marchés, l’Allemagne, la
France, l’Espagne et l’Italie, 75% pour les nuitées. L’Allemagne se
caractérise essentiellement par une demande en tourisme d’affaires
tandis que l’Espagne associe une demande de loisirs très
domestique, pour illustrer en synthèse les moteurs économiques à
l’œuvre dans la dynamique des cycles.

Une diversification de portefeuille, par techniques quantitatives[[Différents profils de risque sont associés, mais les résultats sont agrégés pour une « photographie » simple et lisible.]], telle qu’élaborée par un investisseur institutionnel donnerait les allocations optimales suivantes :

Sous hypothèse de concentration de la stratégie sur les 4 grands
marchés Core
, l’allocation optimale, via le modèle quantitatif, est
très équilibrée : les 59% alloués au duo Italo-Allemand sont liés au
peu de volatilité des nuitées dans ces pays, tirée par le tourisme
d’affaires essentiellement en Allemagne et par un mix d’affaires et
de loisirs en Italie. Les 41% alloués au duo Franco-Espagnol
s’expliquent par plus de volatilité des nuitées sur ces marchés
engendrée par une corrélation plus forte avec la demande pour le
tourisme de loisirs.

L’allocation pour l’Espagne à 19%, faible comparativement au fait
que ce pays soit la première destination en termes de nuitées (près
de 300 millions) s’explique par la forte volatilité – exacerbée
pendant la crise de la dette souveraine et plus tard par un saut de
demande (nouvelle volatilité) lié aux risques politiques dans
certains pays du bassin méditerranéen. Ces remarques sur l’Espagne
sont fondamentales pour légitimer un recalibrage tactique plus
conséquent sur ce pays, en regard des perspectives à venir[[L’étude de la matrice des corrélations entre les différents marchés permet de visualiser le pouvoir de diversification à l’œuvre dans le processus d’allocation d’actifs, via la compréhension des interdépendances commerciales ou non entre les différents périmètres.]].
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Sous hypothèse d’ouverture de la stratégie initiale Core, via 4 plus
petits marchés
, la stratégie reste également très équilibrée : 49%
pour le duo Italo-Allemand, 51% pour les marchés qui ont tendance
à dynamiser la performance (via une très forte croissance des
nuitées depuis 2014). La part de l’Espagne se réduit au bénéfice des
autres petits marchés, dont le rendement risque en termes de
croissance de nuitées est supérieur à celui de l’Espagne.
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Notre conviction : à long terme, l’hôtellerie offre une exposition à
la croissance économique mondiale, et à l’effet richesse par tête
engendrée par la croissance notamment sur le continent asiatique.
L’Europe qui concentre aujourd’hui près de 51% du tourisme
mondiale, en arrivées et en nuitées, n’est pas prête de perdre sa place
de position de leader compte tenu de l’intensification du tourisme
d’affaires ou de loisirs.
Nos travaux quantitatifs via les modèles
d’allocation démontrent l’intérêt d’une exposition en immobilier
sur le segment hôtelier en Europe.

Cette exposition permet une
forte diversification géographique et sectorielle, en termes de
moteurs de demande et de gammes, soit une différenciation
horizontale et verticale !

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