Les mesures de la BCE, ajoutées à la nette baisse des rendements des dettes souveraines
« Core » et « Périphériques » (Allemagne 5 ans : 0,18%, Espagne 5 ans : 0,82%, au 08/09/2014),
devraient encore amplifier dans les mois à venir la recherche de rendement de la part des investisseurs.
Ainsi, en termes de valeur relative, nous voyons toujours le crédit comme une classe d’actif à privilégier.
Le crédit Investment Grade offre actuellement un rendement de 1,19%[[Barclays Euro Aggregate Corporate index (au 05/09/2014).]] et une duration autour de 5. Bien
qu’il s’agisse d’un niveau de rendement historiquement faible, ce rendement correspond à une composante
spread encore attractive d’environ 90bp contre les obligations souveraines allemandes.
Au sein de ce
compartiment, nous surpondérons les financières qui offrent un rapport rendement / risque attractif à
notre sens.
Les banques se refinançant à l’avenir davantage via le TLTRO, cela devrait mécaniquement engendrer une
raréfaction des émissions de dettes bancaires et améliorer leur profitabilité. Les ABS permettront
également aux banques de sortir de leurs bilans une partie de leurs créances et améliorer encore leur
profil de crédit.
Par ailleurs, les ABS devraient particulièrement profiter des annonces de la BCE concernant le programme
d’achat de cette classe d’actifs. Les prêts sous-jacents aux ABS, qui incluent notamment des prêts
automobiles et hypothécaires, et des cartes de crédit, sont intrinsèquement conçus pour stimuler
l’économie en faisant baisser les taux de financement, et par conséquent le coût du crédit.
Cette classe
d’actifs affiche de solides notations (AAA) alliée à des maturités relativement courtes, ce qui présente un
intérêt tout particulier dans le cadre de la problématique Solvency II des assureurs. De plus, la BCE a
récemment réitéré son constat concernant le besoin d’assouplissement de la réglementation des ABS
européens en raison de leurs faibles taux de défaut. La volonté clairement affichée par la BCE de traiter
plus favorablement ces actifs est donc en effet à même d’encourager un rebond des émissions d’ABS.
Le High Yield offre pour sa part un rendement actuariel de 4,3%[[BofA Merrill Lynch Euro High Yield index (au 05/09/2014)]] pour une duration de 3,4 ans qui, malgré
le resserrement important des spreads, représente un niveau encore attractif pour les investisseurs à la
recherche de rendement.
Et ce d’autant plus que les fondamentaux des entreprises restent robustes : nos
prévisions de taux de défaut à un an se situent à un niveau faible (autour de 2%).
Enfin, les obligations convertibles présentent aussi un profil intéressant, à la fois par leur composante
crédit et par leur composante action.
Même si le crédit présente des rendements actuariels moins séduisants, nous anticipons encore un
resserrement des spreads, tout en n’excluant pas de possibles corrections du marché, en raison par
exemple de la résurgence du risque géopolitique.
En résumé, nous nous attendons à ce que le marché continue de performer, étant donné le niveau des
spreads et le soutien offert par les facteurs techniques et de valorisations.
Conclusion
Jusqu’à présent le marché a intégré cette nouvelle information qui soutient globalement une dynamique de taux bas et qui favorise la convergence des taux des Etats européens vers le benchmark constitué par l’Allemagne. A ce stade, il est cependant prématuré de mesurer pleinement les implications à attendre au-delà de l’effet clairement positif sur le crédit, et plus indirectement sur les pays périphériques.
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