Investisseurs toujours avides de rendement
Le marché européen du high yield a évolué à
l’intérieur de sa fourchette après un début de
mois en fanfare. Toutes les notes ont terminé
en territoire positif, malgré un essoufflement
des B. Au plan sectoriel, les banques (en
particulier les obligations subordonnées) ont
bien résisté, de même que la santé, les services
et les télécoms. En revanche, l’automobile est
restée à la traîne. Au plan géographique, les
risques géopolitiques, surtout dans l’ex-URSS,
se sont ajoutés à la désaffection des
investisseurs pour les émissions émergentes,
notamment en Russie et en Afrique du Sud.
Les emprunteurs européens exposés à la
Russie, à l’Ukraine et plus généralement aux
marchés émergents ont survécu aux
turbulences, soutenus par l’amélioration en
zone euro, où la demande intérieure a
contribué à la croissance au dernier trimestre
2013.
En Italie, l’indice de confiance vient
d’atteindre un plus haut depuis trois ans,
confirmant la tendance positive dans la
péninsule.
Le marché primaire
Après une fin de saison des résultats sans
surprise notable, le marché primaire a été plus
actif en mars, grâce à des signatures solides
comme KBC (dette subordonnée), Obrascon,
groupe espagnol de construction et de
concessions, Nationwide, groupe financier
britannique, Lowell, groupe de services de
crédit et Renault, constructeur automobile
français. Parmi les primo-émetteurs, les
entreprises espagnoles figurent en bonne place
avec l’exploitant de parkings Antolin, le
groupe d’ingénierie et de construction Isolux
et le groupe pharmaceutique Almirall.
Fondamentaux des entreprises et actualité
Les bilans sont restés relativement sains. Le taux de
défaut devrait demeurer faible en 2014 du fait de la
politique accommodante de la BCE, mais aussi du
meilleur ratio relèvement/abaissement de notes.
Sur le front des entreprises, la saga de l’acquisition
du groupe français de téléphonie mobile SFR se
poursuit. Numericable et Bouygues s’affrontent,
chacun faisant le compte de ses alliés politiques.
ONO a finalement accepté l’offre de Vodafone
valorisant le deuxième cablo-opérateur espagnol à
7 milliards d’euros. Globalement, la nouvelle la
plus notable a émané du marché des dérivés.
L’institut financier espagnol BBVA a été inclus
dans la nouvelle série de l’Itraxx Main, le principal
indice IG.
BBVA est donc le premier émetteur
périphérique à y être réintégré après la crise
souveraine de la zone euro.
S’agissant de l’indice
high yield Itraxx Crossover, il s’est étoffé, avec
60 signatures ce mois-ci. Cinq signatures évoluant
dans une fourchette de négociation très étroite, en
général suite à des activités de fusion-acquisition
(comme ONO cité plus haut), ont été remplacées, et
dix nouveaux émetteurs ajoutés. De ce fait, l’Itraxx
Crossover a brusquement monté, les nouvelles
signatures s’échangeant plus largement avec une
pondération renforcée des B. Globalement, l’indice
reflète mieux le marché européen du high yield,
sachant que cet élargissement peut aussi favoriser
la liquidité.
Perspectives
Nous restons optimistes quant au high yield.
Les risques de dégradation au sein de la zone
euro diminuent. Les fondamentaux restent
favorables et les facteurs techniques robustes,
avec un élargissement de la base de clients et
les avantages d’une émission nette négative
d’obligations financières. Le marché a intégré
cette amélioration. Les valorisations actuelles
reflètent l’amélioration de la conjoncture soutenue par la BCE.
Au niveau des émetteurs,
les risques spécifiques devraient rester élevés,
de manière positive du fait des fusions-acquisitions et des IPO, et de manière négative
en raison de la détérioration des paramètres de
crédit pour quelques émetteurs.
Globalement,
le contexte reste favorable au high yield, la
sélection bottom-up étant susceptible de gagner
en importance alors que le marché reprend son
souffle après un robuste début d’année.
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