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Les petites et moyennes valeurs suisses au sommet : un envol durable ?

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Portées par un rythme de croissance bénéficiaire forte, les petites et moyennes capitalisations suisses ont surperformé les grandes capitalisations de plus de 11,8% depuis le début de l’année. Une tendance observée également dans l’ensemble des marchés du Vieux Continent et fraîchement amorcée aux Etats-Unis. Analyse du potentiel de ce segment important de l’économie suisse.

Une question brûle les lèvres des investisseurs intéressés par les actions?: faut-il
continuer d’investir les capitaux dans cette classe d’actifs alors que les marchés
paraissent onéreux à leurs niveaux actuels?? Le S&P 500 se négocie à près de 21,8x le
ratio cours/bénéfices, le Stoxx Europe 600 à 21,3x, le SMI à 24,7x et le SPI à 17,3x[[Le SMI (Swiss Market Index) mesure la performance des 20 valeurs vedettes suisses cotées. Le SPI (Swiss
Performance Index) regroupe l’ensemble des sociétés suisses cotées à la Bourse suisse ainsi que certaines
sociétés étrangères à cotation primaire (Source?: Six Swiss Exchange). Données au 3 novembre 2017, Bloomberg.]].
Certains observateurs avanceraient un chiffre plus élevé pour le SMI, étant donné que
sa performance fut pénalisée par le recul de trois poids lourds qui représentent 60% de
l’indice?: Novartis, Nestlé et Roche. Multiple historique égal classe d’actifs chère?? Pas
nécessairement. Pour les actions, la valorisation se présente en deux volets. Le premier,
celui de la croissance future des profits, qui permet aux actions cotées de s’engager
dans une hausse prolongée aussi longtemps que les entreprises parviennent à maintenir
un rythme de croissance bénéficiaire soutenu. Le second, la valorisation relative.
Comparé au rendement attendu des autres classes d’actifs, celui des actions suscite de
l’intérêt. En Suisse, le rendement du dividende se situe à 3,2% pour le SMI, 2,9% pour
le SPI et 2,1% pour le SPI Extra[[SPIEX – SPI Extra, l’indice de la Bourse suisse qui mesure la performance des petites et moyennes entreprises
(les entreprises qui ne sont pas incluses dans le SMI).]] , des niveaux attractifs dans l’univers des rendements
bas des actifs financiers. Dans le contexte macroéconomique actuel et compte tenu
des perspectives de l’économie globale, les marchés actions ne seraient donc pas
en surchauffe mais auraient atteint une vitesse de croisière synchronisée avec la
croissance mondiale. Pour les investisseurs attirés par les titres suisses, c’est le secteur
des petites et moyennes capitalisations qui s’avère particulièrement séduisant.
Lorsque l’on analyse les gisements catégoriels de surperformance, c’est effectivement
la progression des petites et moyennes valeurs cotées qui saute aux yeux à l’échelle des
marchés développés. En Suisse, elles affichent un différentiel de performance de 11,8%
par rapport aux grandes capitalisations depuis le début de l’année[[SPIEX versus SMI, données au 31 octobre 2017, Bloomberg.]].

La même tendance est observée dans la zone euro, où la
performance des 200 plus petites sociétés du Stoxx Europe
600 a dépassé celle des 200 plus grandes de 7,3 points de
pourcentage[[Une performance de 15.57% pour les 200 sociétés les plus petites contre 8.27% pour les plus grandes depuis le début de l’année. Source: Bloomberg.]].

Aux Etats-Unis, les entreprises à valeur boursière
en dessous de deux milliards de dollars amorcent un cycle de
surperformance à la faveur des attentes autour de la future
réforme fiscale. Ce qui les aiderait à naviguer avec le vent dans
le dos dans le moyen terme.

Le tissu économique suisse est fait de petites et moyennes
entreprises (PME)[[99% des entreprises suisses sont des PME. Source : Confédération suisse https://www.eda.admin.ch/aboutswitzerland/fr/home/wirtschaft/uebersicht/wirtschaft—
fakten-und-zahlen.html (dernière mise à jour 18 août 2017).]] . La majeure partie de celles cotées en Bourse
sont des entreprises exportatrices. Pour elles, c’est la croissance
des marchés extérieurs qui donne la cadence de leurs perspectives
bénéficiaires. Et elles ont des raisons d’être optimistes. Pour la
première fois depuis la crise financière de 2008, les économies
mondiales se sont engagées cette année dans une reprise
synchronisée et stable. Un environnement économique dit
soft goldilocks, caractérisé par une croissance équilibrée, une
inflation maîtrisée et un coût du capital abordable. Nos contacts
attestent que la performance des petites et moyennes valeurs
suisses est bel et bien rythmée par la reprise économique en
Europe et dans le reste du monde. Si la majorité d’entre elles
se gardent de donner publiquement trop de détails sur les
chiffres attendus – conservatisme traditionnel oblige – elles
affichent un bon degré de confiance par rapport à leurs activités
futures. En matière de secteurs, les entreprises de matériaux de
construction tablent principalement sur la reprise économique
de la zone euro et un ton constructif en provenance de Chine.
Les noms liés à l’industrie automobile continuent de bénéficier
des tendances positives en Europe. Pour ce qui est du secteur du
pétrole et du gaz, si la prudence est de mise, les carnets d’ordres
se stabilisent. Les entreprises du secteur agricole affichent une
tenue constructive.
Dans l’ensemble, les entreprises suisses
continuent de financer des produits innovants et de mettre sur
pied des modèles d’affaires novateurs dans le secteur de la santé,
de la technologie, de l’automation, de l’optimisation des chaînes
logistiques et bien d’autres.

Certes, la Suisse affiche aujourd’hui un rythme de croissance
économique plus modeste que celui de l’Europe et des EtatsUnis.
Pour dynamiser la croissance, les acteurs économiques
ne pourront pas se passer d’investissements décisifs car les
excès d’épargne risquent d’asphyxier la croissance domestique.
Néanmoins, le pays a des atouts très importants. La Suisse figure
en tête de l’indice de la compétitivité du Forum économique
mondial (WEF) et se trouve par conséquent très bien placée
pour tirer le profit de la quatrième révolution industrielle. Ce
rang atteste de la sophistication de l’activité économique, de
l’efficacité du marché du travail et de la capacité d’innovation.
Le WEF qualifie la Suisse de l’un des écosystèmes d’innovation
les plus fertiles du monde et met en évidence le secteur des PME
comme un pan de l’économie très actif en matière d’innovation
et réputé pour la qualité de ses produits et services[[The Global Competitiveness Report 2017-2018, K. Schwab, World Economic Forum, 26 sept. 2017.]]. Berceau de
sociétés d’envergure mondiale, la Suisse a historiquement produit
des leaders dans de nombreuses industries et l’innovation a
stimulé la croissance économique. Une croissance soutenue par
les avancées en matière de technologie – des forces structurelles
donc, plutôt que des facteurs cycliques – est particulièrement
souhaitée car elle endosse un caractère défensif. Elle tend à
protéger les bénéfices des sociétés lorsque l’économie s’engage
dans un cycle baissier. Le segment des petites et moyennes
valeurs se trouve bien positionné sur ce chemin de transformation
structurelle?: le secteur technologique représente aujourd’hui 11%
de l’indice SPI Extra et le secteur industriel 26%.

Les économies et marchés mondiaux restent vulnérables à
certains risques, parmi lesquels les investisseurs seraient
bien avisés de scruter ceux qui risquent d’entraver l’embellie
économique mondiale?: une détérioration des conditions
financières mondiales, une inflation qui ne serait plus maîtrisée
et les risques géopolitiques qui pèsent sur nombre de marchés.
Alors qu’à court terme le marché suisse des actions évolue à
des niveaux élevés en termes de valorisation, nous pensons que
des poches d’opportunités existent dans le segment des petites
et moyennes capitalisations, un secteur de qualité, bien placé
pour bénéficier de solides fondamentaux qui soutiennent la
progression de l’économie mondiale dans son ensemble.

Performance de l’indice SPI Extra versus l’indice SMI

Depuis le début de l’année 2017
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