Stabilisation de la croissance à un niveau moyen
La thèse du trou d’air semble se confirmer. La croissance
économique est attendue légèrement au-dessus de 1% cette
année en Zone Euro, LBPAM attend 1,2%.
Deux thèmes émergent. D’une part la dispersion augmente
entre les pays ; cela se ressent sur les performances des actifs
financiers. D’autre part la consommation devrait être plus
résiliente avec des salaires et des créations d’emplois qui
progressent alors que l’effet négatif du pétrole est absorbé.
BCE : patience et longueur de temps ne résolvent pas tout
La BCE devrait conserver une politique très laxiste. Les
anticipations d’inflation restent très basses et la banque
centrale n’arrive pas à les modifier malgré sa communication. Il
s’agit là d’un problème majeur pour la gestion du prochain
ralentissement économique. L’incitation est donc forte à être
trop laxiste, une erreur dans l’autre sans serait difficile à
corriger.
Une conjoncture politique compliquée et invasive
Il n’est pas possible, hélas, d’avoir une bonne compréhension
des raisons à l’origine du net refroidissement des négociations
commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Pourtant, le
besoin de part et d’autre de s’entendre reste présent. Chacun
des deux Présidents a besoin d’assurer un niveau satisfaisant de
croissance économique. Ne sont-ils pas alors « condamnés » à
trouver un compromis ?
Les dossiers politiques européens sont nombreux : de
l’ouverture des négociations commerciales avec les Etats-Unis à
l’élection au Parlement européen et du dossier du Brexit à la
stabilité gouvernementale en Espagne et en Italie. C’est sans
doute sur le Brexit et sur la situation intérieure italienne que la
visibilité est la plus faible.
Notre lecture du marché et nos allocations.
La croissance économique du 1er trimestre a été meilleure que
suggérée par les enquêtes de conjoncture. De quoi donner du
crédit au diagnostic du « trou d’air » de l’an dernier désormais
laissé derrière. Ce n’est pas pour autant qu’à l’horizon des
prochains mois les banques centrales se départiraient d’une
attitude toujours accommodante en matière de gestion de la
politique monétaire. Nous ne jouons pas le « scénario du pire »
en matière de déroulé politique ; simplement car ce n’est raisonnablement pas dans l’intérêt des acteurs impliqués dans
les principaux dossiers. Néanmoins cette incertitude, jointe à
des valorisations désormais « confortables », nous fait avoir
une vue assez neutre sur les marchés de capitaux. La remontée
des taux longs ne serait que modérée (de l’ordre de 15
centimes pour un taux à 10 ans américain ou allemand) et les
rendements attendus côté Credit et actions, assez modestes.
Changement de vue sur la politique budgétaire
Après plusieurs années de consolidation fiscale, 2019 marque le
premier retournement depuis une décennie avec une
contribution à la croissance positive, mais faible, à la croissance.
La dynamique de la dette publique en Zone Euro, et
particulièrement en Allemagne va immanquablement mener à
plus de stimulus fiscal.
Deux éléments ont fondamentalement changé les règles du jeu
en matière de dynamique fiscale. D’une part le QE, en
transférant une partie de la dette sur le bilan des banques
centrales, équivaut à une réduction de facto de la dette sur PIB.
D’autre part le faible niveau des taux d’intérêt a permis à la
majorité des pays d’améliorer leur soutenabilité fiscale malgré
la hausse de la dette ; une analyse plus subtile que le simple
ratio dette sur PIB est nécessaire.
L’incertitude est là pour durer
L’incertitude s’est solidement installée dans le paysage des
marchés et a significativement augmenté au cours des
dernières années. Cette montée doit impacter négativement la
dynamique économique et des marchés. Même si mesurer
précisément la relation est un exercice compliqué.
Les éléments constitutifs à la montée de l’incertitude vont-ils
rester en place pour encore longtemps ? D’une façon générale,
des relations internationales, caractérisées par un monde
multipolaire et non-coopératif, et la montée des démocraties
populistes font conclure par l’affirmative.
L’ambition d’être plus spécifique, en s’intéressant aux marges
de manœuvre en matière de politique économique, aux
relations commerciales et à l’avenir de l’Union Européenne,
conforte plutôt la vue : l’incertitude est là pour durer !
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