En juillet 2012, le président de la BCE Mario Draghi, avec sa formule « Whatever it takes » initiait une politique
monétaire qui allait entraîner une compression historique des rendements obligataires en Europe (ce qui
signifie un renchérissement des actifs obligataires). Si outre-Atlantique le processus de normalisation des taux
d’intérêt est maintenant bien enclenché, l’Europe vit toujours dans un contexte de taux (artificiellement) bas :
l’Etat allemand emprunte à moins de 0,3% à 10 ans, la France à taux 0 à 5 ans, les obligations de bonne
qualité en zone Euro (Investment Grade 10 ans) ont un rendement de 1,45%… Qu’en est-il des marchés
actions ? Le parallèle le plus évident est de comparer les rendements obligataires au rendement du dividende
des actions européennes (i.e. Dividende par action / Cours de l’action).
Le constat est assez simple : pour les actions, il n’y a pas eu du tout de phénomène de compression des
rendements (qui aurait supposé que les cours des actions progressent nettement plus vite que les dividendes
versés).
En effet, depuis 2012, le rendement du dividende des actions européennes est resté assez stable
autour de 3,6% quand, par exemple, celui des obligations d’entreprise (IG) a baissé de plus de 50% (et donc
la valeur de ces obligations progressaient fortement).
Le rendement des actions en Europe a donc, ces dernières années, dépassé un à un l’ensemble des
rendements des actifs obligataires : Etats biens notés puis moins bien notés, obligations d’entreprises de
bonne qualité puis obligations à haut-rendement (« High Yield »), ce dernier phénomène ne s’était d’ailleurs jamais produit en Europe.
N’ayant donc pas profité de cette
longue phase de compression
des rendements, on peut
imaginer que le marché actions
ne souffrirait pas autant que les
marchés de taux lorsque la
normalisation de la politique
monétaire de la BCE sera
effective.
Bien sûr, le rendement du
dividende n’est pas l’Alpha et
l’Omega de la valorisation des
actions et les inquiets diront que
les bénéfices et les dividendes,
élevés aujourd’hui, pourraient
baisser dans cette phase
prochaine de normalisation.
On pourra cependant rétorquer que les dividendes ne baissent en moyenne que du quart de la baisse des
bénéfices, qu’ils n’ont baissé que de 12% lors de l’éclatement de la bulle TMT et dans le pire des contextes, la
crise de 2008/2009, de 30% environ. Le rendement des actions européennes dans ce scénario noir
resterait de l’ordre de 2,6% … toujours très compétitif contre les rendements obligataires actuels!


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