QUEL BILAN TIREZ-VOUS DE 2016 POUR VOTRE STRATÉGIE ?
L’année 2016 a été une année riche en évènements géopolitiques majeurs qui ont amplifié l’incertitude sur les marchés.
Dans cet environnement de marché particulièrement chahuté, la stratégie des restructurations économiques et financières a principalement souffert de la rotation en défaveur des valeurs de santé et des valeurs de télécommunications ainsi que de son profil de risque défensif/qualité/momentum peu adapté à un environnement de marché mettant à l’honneur les valeurs « deep value ». Les évènements électoraux en Europe et aux Etats-Unis, notamment le résultat du référendum britannique, ont affecté notre portefeuille.
Au-delà de ces impacts négatifs, le portefeuille a bénéficié d’un environnement de marché plus porteur suite à l’élection de Donald Trump et aux résultats du référendum italien.
Quant à notre allocation, dès le début de l’année 2016, nous avons privilégié la thématique des fusions & acquisitions qui, selon nous, devait continuer de bénéficier de facteurs de soutien importants.
De façon générale, le rythme des fusions et acquisitions a tendance à s’accélérer dans un environnement économique et un paysage politique rassurant. L’environnement incertain de 2016 a malheureusement eu tendance à ralentir cette dynamique.
Cependant, et malgré un volume d’activité en baisse de 18% par rapport à l’année précédente, avec 3 800 mds $ d’activité en fusions & acquisitions en 2016, l’année s’inscrit comme le 2e meilleur cru après 2015, grâce notamment à l’accélération notée en toute fin d’année….
QUELS SONT SELON VOUS LES ÉLÉMENTS PROPICES À LA
THÉMATIQUE EN 2017 ?
Nous sommes convaincus que l’environnement de
croissance durablement modérée est un puissant moteur
de soutien aux opérations de restructuration, aussi bien
économiques que financières.
La recherche de croissance passe soit par la recherche de
croissance de chiffre d’affaires (croissance externe donc
fusions et acquisitions) soit par la recherche de croissance
des bénéfices (restructurations économiques). Au-delà, les
sociétés prédatrices bénéficient également d’un impact
significativement relutif sur leurs bénéfices suite aux
opérations de fusions & acquisitions qu’elles ont menées.
Enfin, l’environnement actuel continue d’offrir les
facteurs de soutien habituels aux opérations de fusions et
acquisitions : conditions de financement encore favorables,
trésoreries record à investir, faiblesse de l’euro et faiblesse
de l’inflation.
D’ailleurs, dans ce paysage, l’activité fusions et acquisitions
a démarré l’année 2017 en fanfare avec de nombreuses
annonces touchant des secteurs différents. Parmi les offres
les plus importantes, nous noterons celle de l’américain
J&J sur le suisse Actelion dans le secteur de la santé, le
rachat de Zodiac par Safran en France dans le secteur de
l’aéronautique, la fusion entre Essilor et Luxoticca (secteur
de l’optique), l’acquisition de l’américain Mead Johnson
par Reckitt Benckiser (secteur de la consommation) et
enfin, l’opération Peugeot/Opel dans l’automobile, qui sont
autant d’opportunités pour la thématique.
Ainsi, le montant des transactions comprenant des valeurs
européennes a atteint 6% de la capitalisation boursière
en base annualisée, ce qui correspond à un point haut
depuis novembre 2015, alors que sur les 12 derniers mois,
l’activité apparaissait à la traine et ne représentait que
3,2% de la capitalisation boursière.
Les incertitudes macroéconomiques restent l’un des
meilleurs indicateurs avancé à long terme pour l’activité
des fusions et acquisitions. Si les évènements politiques à
venir en Europe ne militent pas pour une meilleure lisibilité
des perspectives économiques sur la première partie de
l’année, certains éléments du programme de Donald Trump
(plan de dépenses d’infrastructure, fiscalité) et l’activité
soutenue de la Chine en matière de croissance externe (2nd
plus gros acquéreur en Europe avec 21% des opérations
et un montant record de 50Mds $ investis en opérations
de fusions et acquisitions en Europe en 2016) pourraient
constituer des éléments déterminants dans le rebond de
cette activité en 2017.
QUELLE SERA VOTRE STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT ?
Très logiquement, dans cet environnement de marché
favorable aux opérations de fusions & acquisitions,
nous affichons une préférence pour la dynamique des
restructurations financières, qui représente actuellement
65% du portefeuille.
Dans cette optique, nous favorisons les valeurs de la santé.
Ce secteur, qui a souffert en 2016 d’un environnement
politique incertain (élections américaines notamment),
a mis entre parenthèse les opérations de consolidation
qui sont cependant structurellement nécessaires dans un
environnement de croissance modérée et de concurrence
exacerbée. Nous pensons pouvoir bénéficier d’un effet
de rattrapage en 2017, d’ailleurs les dernières opérations
annoncées (offre de J&J sur Actelion notamment) et les
récentes rumeurs de marché confortent notre position.
Dans notre allocation, nous retrouvons également les
valeurs de télécommunications, françaises principalement.
Là encore, le secteur a manqué le virage de la consolidation
en 2016, mais ce n’est que partie remise. La consolidation
du secteur est, là aussi, structurellement nécessaire.
Proposer une offre convergente aux clients, réduire la concurrence donc la pression structurelle sur les prix et les
marges pour stimuler l’investissement indispensable à ce
stade du cycle, sont autant d’éléments qui soutiennent les
opérations de Fusions & Acquisitions dans ce secteur.
Enfin, la chimie de spécialité offre des perspectives
intéressantes en matière de fusions et acquisitions. Si le
secteur a déjà bénéficié de l’annonce de grandes opérations
de consolidation en 2016 (ChemChina et Syngenta, Bayer et
Monsanto), le sous-secteur de la chimie de spécialité reste
très fragmenté et pourrait faire l’objet d’opérations de
fusions et acquisitions en 2017.
Nous sommes également investis à hauteur de 35%
sur les opérations de restructurations économiques.
Cette dynamique reste autant d’actualité que le retour
probable des opérations de fusions et acquisitions en
2017 impliquerait une pression non négligeable sur
les managements de sociétés inefficientes. Celles-ci
pourraient être poussées à réorganiser leurs activités, et
mettre en place de vastes programmes de restructuration
économique, pour éviter de faire partie des longues listes
de valeurs cibles.
Enfin, si l’environnement économique venait à s’améliorer
durablement, les valeurs dites « value » pourraient
continuer à bénéficier d’un marché qui leur a été favorable
en 2016. Or, les valeurs de restructuration économiques
offrent, très souvent, un profil « value ».




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