Tout – ou presque – est question de communication. En retirant le terme
« patient » de son dernier communiqué, la Fed a bien préparé les
marchés à une remontée de ses taux d’intérêt courts. Pour autant,
Janet Yellen, sa présidente, n’a marqué aucune impatience à changer
de stratégie monétaire. Elle s’est juste libérée de tout engagement pour
ne pas les relever, mais en restant flou sur le calendrier. D’ailleurs, les
prévisions de hausse des taux d’intérêt courts ont été revues à la
baisse. Reflet d’un début d’année moins robuste de l’économie
américaine. La Réserve fédérale peut ainsi faire ce qu’elle veut quand
elle le décide.
En agissant ainsi, Janet Yellen se recentre sur ses objectifs, à savoir le
plein emploi et la stabilité des prix. Si le taux de chômage est revu à la
baisse pour 2015, les indicateurs du marché du travail ne sont pas
encore au niveau qui correspond au mandat de la Fed.
De même, sous
les effets d’un prix du pétrole en recul et d’un dollar cher,
l’inflation devrait rester basse à court terme. Là encore, l’objectif
de 2% d’inflation en 2015 sera difficile à atteindre.
La décision de
remonter les taux est donc « data dependent ». Il conviendra de
surveiller de très près les statistiques économiques américaines à venir
pour connaître la prochaine hausse des taux qui sera, de toute
évidence, graduelle. Le message de la Fed a été bien accueilli par la
communauté financière : le dollar s’est replié, les marchés actions ont
poursuivi leur hausse et les taux à 10 ans américains sont repassés un
temps sous les 1,90%. Une détente qui a aussi profité aux 10 ans
allemand et français qui ont touché un plus bas historique à
respectivement 0,17% et 0,44%.
Enfin, de ce côté de l’Atlantique, c’est le printemps économique au sein
de la zone euro. En effet, l’OCDE a revu à la hausse ses prévisions
de croissance à 1,4% en 2015 contre 1,1% précédemment. L’embellie
semble donc se confirmer. La publication, cette semaine, d’une batterie
d’indicateurs (IFO, PMI…) devra la valider.
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