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Emmanuel Macron l’emporte d’une large tête face à la représentante de l’extrême-droite.
Avec près de 66 % des voix, le candidat du centre indépendant dispose d’une avance
confortable témoignant du rejet du Front National de Marine Le Pen, qui a fait campagne
sur un programme nationaliste incluant la proposition d’un référendum sur la sortie de
l’Union européenne (UE).
L’attention devrait maintenant se polariser sur les élections législatives de juin. Leur issue
sera décisive pour qu’Emmanuel Macron puisse mettre en place son programme
économique, qui comprend notamment des réformes renforçant la flexibilité du marché du
travail. Les actifs risqués devraient afficher un rebond modeste et momentané, dans la
mesure où la victoire du candidat centriste était largement attendue depuis le premier tour
par les marchés et les instituts de sondage.
Nos perspectives pour les actions européennes sont positives, et nous prévoyons un
regain d’intérêt des investisseurs pour la classe d’actifs dans un contexte d’amélioration de
la croissance dans la région. Les indices de directeurs d’achats européens annoncent
l’activité économique la plus soutenue depuis six ans. L’Europe devrait bénéficier de la
reflation à l’œuvre à l’échelle internationale et les secteurs cycliques présentent des
valorisations attrayantes. Nous sous-pondérons le crédit européen en raison de
l’amélioration des perspectives économiques, qui risque d’entraîner une augmentation des
rendements et un écartement des spreads – en particulier si les marchés estiment que la
Banque centrale européenne va réduire ses achats d’actifs.
En attendant la nouvelle Assemblée nationale, qui prendra ses fonctions en juillet, le
Président formera un gouvernement provisoire ; celui-ci ne devrait pas prendre de
décisions majeures, mais sa composition en dira long sur la capacité d’Emmanuel Macron
à fédérer des personnalités de gauche et de droite pour constituer une majorité élargie.
Selon nous, le Président devra choisir un Premier ministre de consensus et composer tant
bien que mal pour obtenir le soutien de cadres du PS et des Républicains : ce qui peut finir
par vider les projets de réforme d’une partie de leur substance. Toutefois, compte tenu de
cette large victoire, il semble envisageable que le nouveau mouvement « En Marche ! » et
ses alliés réussissent à décrocher une majorité nette qui facilitera la tâche du Premier
ministre et de son gouvernement. Une autre possibilité, moins probable, est que la droite
des Républicains remporte la majorité parlementaire, Ces deux scénarios favoriseraient la
mise en œuvre de réformes favorables aux entreprises, et seraient certainement salués par
les marchés.
L’élection française confirme notre point de vue selon lequel les marchés ont eu tendance
à surestimer le risque politique en Europe. En Italie, cependant, le risque politique et la
fragilité du système bancaire risquent de faire à nouveau parler d’eux, surtout si les
chances d’élections anticipées fin 2017 augmentent. Ces questions, ainsi que celle de l’état
toujours inachevé de l’union budgétaire et bancaire, révèlent des lignes de fracture qui
pourraient être exposées en cas de normalisation de la politique de la BCE, et qui
remettent en cause la viabilité de l’euro.
L’élection d’Emmanuel Macron marque un changement profond dans le paysage politique
français. En effet, le nouveau Président n’appartient à aucun des grands partis de gauche
et droite en place depuis la création de la Vème République par Charles de Gaulle, il y a
une soixantaine d’années. Ancien banquier d’affaires, Emmanuel Macron a mené une
campagne axée sur le « changement », privilégiant des réformes pro-entreprises et une
plus grande intégration européenne. Il s’est d’ailleurs engagé à ramener le déficit
budgétaire à l’objectif de 3 % via des baisses de dépenses, des investissements ciblés et
l’assouplissement du marché du travail.
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