Le cout des mesures annoncées pour tenter d’apaiser la colère des Gilets Jaunes (hausse du
SMIC de 100 euros, exonération des charges sur les heures supplémentaires, prime de fin
d’année exonérée et exonération de la CSG sur les retraites inférieures à 2000 euros) est
évalué à 11 milliards d’euros, en incluant l’annulation de la taxe carbone.
Corrélativement, la croissance française devraitbaisser de 0,1% à 0,2% cette année et subir
l’impact du ralentissement mondial l’année prochaine, ce qui porterait le déficit en France à
3,6% en 2019, selon le journal les Echos.
Rappelons que l’estimation du déficit budgétaire,envoyé à la Commission Européenne, était
encore de 2,8% la semaine dernière. Même si nous incluons les mesures d’économies de 3 à 4
milliards d’euros annoncées par Bercy, cela ramènerait le déficit budgétaire français à 3,5% en
2019, très au-delà du plafond de 3%.
La réaction de la Commission Européenne ne s’est pas fait attendre selon les mots de son
Vice-Président Valdis Dombrovskis : « Nous surveillons de près les possibles nouvelles
mesures annoncées, mais nous ne pouvons faire aucun commentaire avant qu’elles aient été
formellement annoncées et détaillées».
Il est à prévoir que la Commission Européenne ne pourra pas se montrer intransigeante avec
l’Italie et laxiste avec la France. Soit l’Italie ne fait pas l’objet de procédures de sanctions…
comme la France, soit la deuxième et la troisième économie de la zone euro seront
sanctionnés. A défaut, le pacte budgétaire risquerait d’être décrédibilisé. Or, l’Europe est un
édifice technocratique qui tire sa légitimité des règles communes. Si les pays membres
enfreignent les règles, c’est tout l’édifice qui est menacé.
Le Président Emmanuel Macron l’avait surement déjà acté mais toute réforme de mutualisation
des risques en zone euro sera renvoyée aux calendes grecques. Or, les euro bonds adossés à
un budget européen et la garantie mutuelle des dépôts sont deux réformes indispensables à la
stabilité financière de la zone euro.
Ces réformes n’auront certainement pas lieu, car la défiance entre les pays créditeurs et
débiteurs (dont la France fait officiellement partie) va s’accroitre. Le spread France / Allemagne
s’établit désormais à 46 bps, son plus haut niveau depuis l’élection présidentielle d’Emmanuel
Macron, alors que dans le même temps, le spread Italie / Allemagne vit une accalmie autour de
280 bps.
Spread Italie / Allemagne et Spread France / Allemagne (double échelle)
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Concernant la conjoncture des marchés, la liquidité est toujours tendue sur l’ensemble des
nœuds du système financier.
Heatmap financière des contagions systémiques
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La clé de sortie de crise sera l’évolution des marchés du crédit Corporate qui restent sous
tension.
A ce jour, aucun signe d’accalmie n’est présent malgré le rebond des marchés d’actions.
Spreads de crédit Corporate HY EUR et USD
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Sur le marché des changes, nous maintenons notre biais négatif sur l’euro face au dollar et
également contre l’or dans un environnement de hausse des déficits budgétaires et de
contraction de l’activité économique dans le monde.
Les Banques Centrales (et particulièrement la BCE) sont plus que jamais contestées dans leur
choix de resserrement de la politique monétaire. Cette compétition donnera lieu à un concours
de laideur qui sera aisément remporté par la zone euro au fil du temps, d’où la recommandation
baissière sur l’euro. Cependant, le concours de laideur bénéficiera en définitive à l’or qui
pourrait polariser l’intérêt des investisseurs en tant que réserve de valeur dans un contexte de
rechute globale des taux d’intérêt.



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