Analyse & Opinion - Asset Management Opinion

Le contexte économique global devrait rester porteur pour les actifs risqués mais certaines distinctions s’imposent

Les marchés ont fait preuve d’une forte volatilité depuis plusieurs semaines. L’inquiétude des investisseurs trouve sa source dans des interrogations sur la croissance mondiale, et notamment sur la Chine, ainsi que sur la politique monétaire américaine...

Les marchés ont fait preuve d’une forte volatilité depuis plusieurs semaines. L’inquiétude des investisseurs trouve sa source dans des interrogations sur la croissance mondiale, et notamment sur la Chine, ainsi que sur la politique monétaire américaine. Selon Lazard Frères Gestion, ce climat d’incertitude s’explique par des changements au sein de l’économie mondiale auxquels les marchés doivent s’adapter.

Dans un contexte marqué par la baisse
du prix du pétrole et des autres matières
premières, la croissance mondiale devrait
ré-accélérer progressivement après un
premier semestre en demi-teinte.

États-Unis : une croissance soutenue

Les indicateurs de confiance des entreprises
sont cohérents avec une croissance forte dans
les trimestres à venir, bien que le niveau élevé
de stockage constitue un risque à court
terme. Le rebond de la construction va
soutenir la croissance et l’investissement
devrait se reprendre après la correction liée
à la baisse du prix du pétrole. Les gains
de pouvoir d’achat qui en résultent et un
marché du travail toujours bien orienté
devraient permettre à la consommation
de poursuivre son accélération.

Zone euro : la reprise va se poursuivre

Le niveau de croissance devrait permettre
une poursuite de la baisse du taux de
chômage qui va continuer de soutenir la
consommation des ménages.

L’investissement devrait prendre le relais
grâce à l’amélioration des conditions de
crédit. Le risque politique pourrait revenir
sur le devant de la scène avec les élections
espagnoles de décembre.

Japon : le ralentissement de l’activité n’est probablement que temporaire

La consommation des ménages reste
médiocre car les salaires n’accélèrent pas
malgré un marché du travail qui se tend de manière continue. La politique du
gouvernement de Shinzo Abe s’est en
grande partie retrouvée dans les profits
des entreprises japonaises qui ont continué
de progresser à un rythme très soutenu.

Chine : un ralentissement structurel qui reste maîtrisé

Les indicateurs de conjoncture publiés
récemment ont globalement été décevants,
en particulier dans le secteur industriel.
La Chine a atteint un niveau de
développement à partir duquel la croissance
ralentit tendanciellement mais l’atterrissage
devrait se faire en douceur. Le rééquilibrage
de la croissance vers le secteur des services
est bien engagé et le gouvernement dispose
de marges de manœuvres suffisantes pour
soutenir la croissance. La dépréciation
du yuan au mois d’août étant insuffisante
pour avoir un impact significatif sur les
exportations semble davantage répondre
à l’objectif d’internationalisation du yuan
qu’au ralentissement de l’activité.

Pays émergents : une situation difficile pour plusieurs pays exportateurs
de matières premières

La croissance à plusieurs vitesses devrait
se poursuivre avec d’un côté, les pays
importateurs de matières premières qui
bénéficient de la baisse des cours comme
l’Inde, et de l’autre, les pays exportateurs qui
en pâtissent comme la Russie et le Brésil.
La remontée des taux à venir de la Fed risque
de peser sur les flux de capitaux. Bien que les
réserves de change soient plus importantes
que par le passé, certains pays restent
vulnérables comme la Turquie où le risque politique a augmenté.

1. Marchés obligataires

La remontée des taux ne devrait être que
progressive. La partie longue des courbes de
taux reste très basse et exposée à l’ajustement
des anticipations de la politique monétaire de
la Fed qui devra probablement remonter ses
taux plus rapidement que ce qui est actuellement
anticipé par le marché en 2016 et après.

Nous privilégions les dettes subordonnées
financières qui offrent selon nous un
supplément de rendement toujours important
avec un risque systémique moindre.

Les obligations à haut rendement bénéficient
de la croissance économique porteuse
et d’une liquidité toujours abondante.
Sur le marché des obligations convertibles,
l’appréciation des marchés va contribuer
à soutenir cette classe d’actifs.

2. Marchés actions

Le contexte économique global porteur
et l’abondance de liquidités devraient
soutenir la classe d’actifs qui offre un
supplément de rendement par rapport
aux autres classes d’actifs.

Nous privilégions les actions de la zone euro
qui devraient bénéficier d’un contexte
économique porteur et d’une liquidité
abondante.

L’euro devrait encore se déprécier
marginalement face au dollar et le levier
opérationnel devrait permettre d’assurer un
bon niveau de croissance des profits qui est
encore 20 % inférieur à celui de 2007
(contre environ 35 % supérieur pour les
États-Unis).

Le marché japonais bénéficie toujours d’une
dynamique bénéficiaire favorable malgré
la hausse récente du yen.

Une certaine sélectivité s’impose sur
les actions émergentes dans un contexte
de baisse des prix des matières premières
et de hausse des taux américains.

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