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Ce n’est pas parce-que l’actualité boursière reste déprimée qu’il faut baisser les bras. Deux seuls petits conseils ou plutôt deux erreurs à ne pas commettre ou ne plus jamais commettre
PREMIERE ERREUR
A entendre bon nombre de « spécialistes », Il parait que puisque les marchés actions ont fortement corrigé, ils seraient bon marché. En fait, ils n’ont pas corrigé, ils se sont brutalement et impitoyablement reconnectés à un trend structurellement baissier depuis Juin 2007 et l’ancien plus haut de 6168 pour le CAC 40).
En réalité, les marchés continuent à se tromper lorsqu’ils considèrent que la prime de risque des actions est suffisamment importante aujourd’hui . Ceci conduit naturellement de nombreux spécialistes de la valorisation actions à nous parler – et plus encore aujourd’hui avec la baisse des marchés – de l’attractivité des actions car la prime de risque supportée par cette classe d’actif serait devenue colossale . Il est vrai qu’avec des taux longs d’emprunts d’état entre 2% et 2.5% servant à actualiser les bénéfices futurs, on ne peut que conclure naivement à la sous-évaluation des equities. Le problème, néanmoins, est de savoir quel est le taux long qu’il faut utiliser pour valoriser une action de la zone Euro en 2011 ? Si l’on prend des taux à terme (dits « forward ») ou encore des taux à terme avec une prime de risque liée à l’aversion au risque, ou si l’on prend le taux moyen des emprunts d’état de la zone Euro , voire celui des obligations émises par les banques ou par des corporate très cycliques, l’histoire n’est plus la même et la sous évaluation n’est plus si évidente. D’autant que l’on a même pas pris en compte dans cet argumentaire les évolutions réglementaires et prudentielles qui vont décourager l’ investissement en actions et même continuer à peser sur l’offre de certaines actions des secteurs banques et assurances compte tenu des besoins de recapitalisation attendus
PREMIERE CONCLUSION : non décidément, et en dépit de la violente baisse constatée depuis 3 semaines, je ne suis pas sur que les actions soient si bon marché
SECONDE ERREUR
Comme je le mentionnais dans un papier récent sur cette tribune et d’autres , l’ idée selon laquelle l’investissement en actions s’inscrit dans la durée car vous achetez des perspectives bénéficiaires d’entreprises (qui finiront bien par générer un retour sur investissement) est tout simplement devenue absurde .
Les marchés se sont également trompés dans leur valorisation du secteur bancassurance en 2004-2006 en sous-estimant dramatiquement les risques systémiques (subprime en 2006-2007, souverains périphériques zone Euro en 2009-2011 et peut-être demain autres souverains non périphériques en zone Euro et hors zone Euro). Et également en ignorant complètement les évolutions réglementaires (accélérées d’ailleurs par l’accroissement du risque systémique ) Bale 3 et Solvency 2 qui mettront sous pression le business model bancaire par exemple avec une baisse des positions de transformation , une hausse du cout de la liquidité et des fonds propres, toutes choses de nature à ralentir la progression du produit net bancaire et donc celle du résultat net courant. De la même façon que les TMT qu’étaient Alcatel , Vivendi et France Télécom ne reverront jamais plus leurs cours de 2000 (pour cause d’erreur sur la valorisation du modèle économique de l’époque) , les grandes valeurs bancaires ne retrouveront jamais plus leurs cours de 2006-2007 pour cause là aussi d’évolution du contexte économique et réglementaire dans lequel les banques sont désormais rentrées sur la période 2008-201????.
SECONDE CONCLUSION : contrairement à une idée répandue, il se peut qu’un investisseur en actions ne revoit jamais ses cours … je connais un nombre important d’actions qui sont très vraisemblablement dans ce cas
Marches actions : deux erreurs à ne plus commettre
Je dois admettre que malheureusement je partage votre avis. Le potentiel de baisse reste entier, surtout pour retracer le plus bas de mars 2009. Car il n’y a pas de justification à ne pas retrouver ce niveau.
Je garde toutefois un espoir mince que des nouvelle conjoncturelles plus positives sortent avant la fin de l’année, le timing étant important, car chaque jour qui passent sans bol d’air complique considérablement la vie des pays sur la scellette. A défaut de telles nouvelles, les 2500 me semblent inévitables.