This post is also available in:
English
Pour 75 % d’entre eux, l’environnement de marché actuel est favorable à la gestion
active. En revanche, la part qu’ils allouent aux stratégies passives décroît pour la troisième année consécutive.
- La part des stratégies passives dans les allocations diminuent pour la troisième année consécutive,
et 75 % des institutionnels pensent que l’environnement de marché actuel est favorable à la gestion
active. - 72 % des institutionnels s’étonnent de la faiblesse durable de la volatilité. Les risques géopolitiques
et les bulles spéculatives restent pourtant les plus grandes préoccupations des investisseurs. - Les institutionnels se tournent vers l’Europe et les marchés émergents. D’un point de vue sectoriel, la
technologie, la santé, l’aéronautique et la finance sont considérés comme les plus performants.
Pour protéger leurs portefeuilles contre la volatilité que devrait entraîner, selon eux, la disparition progressive
des politiques monétaires ultra-accomodantes des banques centrales, les investisseurs institutionnels
augmentent leurs allocations vers les actifs non-traditionnels, comme le private equity, la dette privée, les
infrastructures, et l’immobilier. En quête de meilleurs rendements, ils recherchent en effet des alternatives aux
obligations.
L’étude montre que 59% de ces institutionnels pensent que la disparition artificielle de la volatilité est due aux
flux vers les stratégies passives. Plus de la moitié (57%) estiment que la gestion passive a entraîné des
distorsions de prix des actifs et à créer des risques systémiques (63%) et 72% sont également persuadés que
les investisseurs particuliers ne sont pas conscients de ces écueils.
Jean-François Baralon, Directeur Distribution de Natixis Investment Managers pour la France, la Suisse
francophone et Monaco, commente ces résultats : « Les investisseurs institutionnels s’inquiètent des conditions
de marchés fragiles, de la distorsion des prix des actifs et des risques systémiques causés par les interventions
des banques centrales et par la popularité croissante des investissements passifs. Ils continuent à se tourner
vers la gestion active pour naviguer dans ces marchés incertains. Ils sont confiants dans la capacité de leurs
propres portefeuilles à résister aux futures conditions de marchés, mais ils estiment que les investisseurs
particuliers ne sont pas assez conscients des risques systémiques causés par la gestion passive. »
Une gestion active pour des marchés actifs
57 % des investisseurs institutionnels déclarent que les gérants actifs surperforment les tenants de la gestion
passive sur le long terme. Trois quarts d’entre eux estiment que les gérants actifs parviennent à mieux accéder
aux opportunités sur les marchés émergents et une même proportion déclare que les gérants actifs offrent une
meilleure exposition à des classes d’actifs non corrélées.
« Gérer les risques baissiers sera une tâche ardue en 2018, mais la nouvelle année doit également être vue
comme source d’opportunités », explique Jean-François Baralon. « Bien utilisée, la volatilité peut permettre
d’améliorer les performances. Toutefois, les institutionnels dont le portefeuille n’est pas réellement diversifié et
durable risquent de réagir aux corrections et à la volatilité des marchés, plutôt que de profiter de telles
fluctuations. Les marchés pourraient connaître une année 2018 plus animée : des marchés « actifs »
imposeront en conséquence une gestion bien plus active. »
Bulles financières et volatilité des actions
Dans leur grande majorité (77 %), les institutionnels estiment que la longue période de très faibles taux d’intérêt
a conduit à la formation de bulles financières. Par ailleurs, en 2018, pour 61 % des investisseurs institutionnels,
la hausse des taux d’intérêt sera la première source de préoccupation car elle pourrait être le déclencheur
d’une correction des cours des obligations.
Ainsi, quand on leur demande quel facteur est le plus susceptible d’obérer leurs performances en 2018, les
institutionnels placent les bulles spéculatives au même rang que la hausse des taux d’intérêt. Toutefois, les
risques géopolitiques demeurent la plus grande préoccupation des investisseurs (74 %).
Le renforcement de la volatilité (plutôt qu’une correction prolongée) devrait caractériser les marchés actions en
2018. En effet, 78% des institutionnels s’attendent à un regain de volatilité sur les actions en 2018. Une
majorité (59%) pense que l’absence de volatilité de cette année ne peut durer et qu’elle est source
d’importantes préoccupations.
La quête de diversification
Les investisseurs institutionnels misent davantage sur les actions et les investissements alternatifs non corrélés
pour les aider à faire face à cette nouvelle réalité des marchés. Près des deux tiers (64 %) indiquent que les
obligations ne remplissent plus leur rôle traditionnel de gestion des risques au sein des portefeuilles, tandis que
60% pensent désormais que les actifs traditionnels sont trop corrélés pour offrir des sources spécifiques de
rendement.
A l’inverse, 78 % sont d’avis qu’accroître le recours aux investissements alternatifs est un moyen efficace de
gestion des risques. Au sein des investissements alternatifs, l’illiquidité suscite également de l’intérêt ; 74 %
pensent ainsi que les performances potentielles de tels investissements font plus que compenser le risque
associé. Le private equity est l’exemple le plus apprécié : 39 % des institutionnels renforcent le poids de leurs
investissements dans le private equity et 67 % sont satisfaits des performances de ces investissements au sein
de leurs portefeuilles.
En termes sectoriels, 45 % des institutionnels estiment que la technologie devrait surperformer les autres
secteurs, suivie par la santé (44 %), la défense/l’aéronautique (43 %) et les financières (41 %).
Plus de 75 % des investisseurs institutionnels déclarent que la dette privée, en concurrence directe avec les
obligations, offre de meilleurs rendements ajustés du risque que les véhicules obligataires et 36 % augmentent
leur exposition dans cette classe d’actifs.
A plus long terme, la prise en compte de la durabilité des performances fait également son apparition. Trois
institutionnels sur cinq (60 %) indiquent désormais que l’intégration des critères environnementaux, sociaux et
de gouvernance (ESG) sera la norme pour tous les gérants d’ici les cinq prochaines années. Cette intégration
ne répond pas uniquement à des besoins éthiques : 60 % des investisseurs déclarent qu’elle permet de
générer de l’alpha.
« Les investisseurs institutionnels du monde entier se préparent à affronter la possible formation – et explosion
– de bulles spéculatives, ainsi que le relèvement des taux d’intérêt et le renforcement de la volatilité », conclut
Jean-François Baralon. « Au-delà des interactions traditionnelles entre les actions et les obligations, de
nombreux investisseurs institutionnels cherchent également refuge dans les stratégies d’investissement
alternatives pour tenter de protéger et de diversifier leurs portefeuilles, tout en générant des performances
satisfaisantes. En lieu et place de la traditionnelle quête de rendements, on observe plutôt une volonté de
procéder à une analyse approfondie des portefeuilles – et une nouvelle quête de diversification ».
Ajouter un commentaire