ENCORE LOIN DU « DÉBUT DE LA FIN »
Cette accalmie sur les questions politiques et de commerce international a toutefois permis
aux marchés de revenir aux fondamentaux et notamment à la publication des résultats des
entreprises du premier trimestre. Aux Etats-Unis, si la saison de publications n’est pas encore
achevée, les surprises positives concernant les profits comme les chiffres d’affaires sont
particulièrement élevées. Les résultats sont plutôt de bonne facture dans les autres zones,
mais plus classiques. Sur le plan économique, il y a indéniablement une modération de l’activité
observée depuis le début de l’année, notamment en Europe, mais elle vient en contrepoint d’un
quatrième trimestre très vigoureux. Il n’y a pas de signe avant-coureur de « début de fin de
cycle » et ces récentes évolutions ressemblent davantage à des mini-cycles à l’intérieur du
cycle.
La progression des bénéfices dans un contextte de sur-place des marchés d’actions a eu une
incidence : la détente des valorisations, revenues à des niveaux plus normaux.
Convaincus que
la poursuite du cycle économique conserve une bonne visibilité et que le risque d’escalade
protectionniste demeure mesuré, nous maintenons notre surpondération en actions dans les
portefeuilles en privilégiant la zone euro ainsi que le Japon.
LA BCE ASSOUPLIT SON DISCOURS
Les marchés des emprunts d’Etats ont été sous pression aux Etats-Unis, la remontée de
l’inflation (le noyau dur de l’inflation « core PCE » rejoignant 2% en mars) ainsi que les
dérapages fiscaux ont ainsi propulsé le taux 10 ans autour de 3%. La répercussion sur les
marchés obligataires européens a été très modeste. Dans un contexte de ralentissement de la
croissance, même jugé transitoire par la BCE, la banque centrale ne veut prendre aucun risque Nous restons sous-pondérés sur les marchés obligataires mais ne sommes pas particulièrement
inquiets. Si les taux longs devraient continuer de monter un peu, les obligations américaines
offrent désormais un rendement plus satisfaisant, limitant le risque de perte en capital dans
la durée et un potentiel de diversification en cas de scénario adverse qui devient intéressant.
Après avoir été sous-pondérés, nous sommes désormais neutres. En revanche, nous restons
sous-pondérés sur les emprunts d’Etats européens, leur rendement demeurant insuffisant et
intégrant bien la récente prudence de la BCE.
Sur les marchés du crédit, où les fondamentaux des entreprises restent
bons, nous demeurons neutres au regard de la cherté du marché mais
considérons toujours que les dettes subordonnées financières seront
en mesure de délivrer davantage de performance.
Le dollar a connu des mouvements erratiques depuis le début
de l’année, déconnecté des fondamentaux traditionnels. Mais la
normalisation de l’inflation américaine, couplée au ralentissement
européen, a conduit à une nette réappréciation du dollar depuis deux
semaines, ce qui marque aussi un retour aux fondamentaux. Nous
restons exposés sur cette devise mais avec prudence.
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