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Le secteur de l’énergie se trouve à un tournant et un nouveau cycle haussier des marchés pétroliers s’amorce, selon Robin Batchelor, gérant du fonds BGF World Energy de BlackRock…
Avec une économie mondiale solide en 2010, le marché du pétrole commence à montrer des
signes de tension. L’offre peine à progresser à un rythme suffisamment rapide pour compenser la
baisse relativement sévère des taux de production et satisfaire une croissance soutenue de la
demande dans de nombreuses parties du monde. En conséquence, les stocks et les capacités
inutilisées de l’OPEP – deux indicateurs clés de la qualité de l’offre sur le marché pétrolier –
montrent des signes d’affaiblissement. Les actions du secteur énergétique affichent encore des
valorisations séduisantes et pourraient en outre bénéficier d’une dynamique positive et de
révisions des prévisions de résultats à la hausse. De manière générale, le gérant a identifié
plusieurs facteurs clés auxquels les investisseurs doivent se montrer attentifs :
1) La demande d’énergie est aujourd’hui solide à travers le monde : En 2010, la progression
de la demande de pétrole a été environ deux fois plus élevée qu’estimé en début d’année, sous
l’impulsion d’une croissance de la demande plus robuste que prévu dans les pays de l’OCDE et
du dynamisme économique persistant des principales régions hors OCDE. La demande mondiale
de pétrole a même enregistré un nouveau record au troisième trimestre 2010 et son taux de
croissance annuel a été l’un des plus élevés de ces trois dernières décennies (à partir, il est vrai,
de niveaux très bas). La demande pétrolière hors OCDE surpassera probablement dès 2013
celle de l’OCDE. La Chine demeure l’un des principaux moteurs de cette croissance, avec une
consommation de pétrole par habitant inférieure à un cinquième de celle des Etats-Unis, et
seulement 36 véhicules pour mille habitants (statistiques de 2008), contre 842 véhicules pour
mille habitants aux Etats-Unis.[[Source : Recherche Exxon, 2010]]
2) Les tensions de l’offre qui ont entraîné la hausse des prix du pétrole en 2007 restent
d’actualité : Beaucoup de gisements pétrolifères dans le monde sont vieux de plusieurs
décennies et leurs niveaux de production sont en baisse. En conséquence, le secteur pétrolier a
du mal à maintenir l’offre à un niveau soutenu. Selon les estimations du cabinet de conseil Wood
MacKenzie, l’offre existante mondiale de pétrole recule de 4 % à 5 % par an. En outre, malgré
des investissements élevés et quelques découvertes importantes ces dernières années, l’AIE
estime que l’offre des pays non membres de l’OPEP augmentera de seulement 0,4 % par an
jusqu’en 2015 (soit à un rythme beaucoup plus lent que le rythme annuel moyen de 1,3 %
observé au cours de la dernière décennie).[[ Source : Recherche AIE, février 2011]]
3) Des chiffres qui ne concordent pas : Si, conformément aux estimations, l’offre des pays non membres de l’OPEP augmente de seulement 0,4 % par an jusqu’en 2015 tandis que la demande de pétrole progresse au taux annualisé de 1,3 %, la différence devra être fournie par l’OPEP. Cela laisse penser que les capacités disponibles des pays de l’OPEP ont culminé aux alentours de 5 millions de barils par jour et qu’elles seront progressivement réduites au cours des prochaines années, à mesure que les tensions augmenteront sur le marché pétrolier et que ce dernier se remet d’un environnement caractérisé par un ralentissement de la demande – du fait de la crise du crédit -, des capacités disponibles et des stocks importants. Exception faite d’éventuels chocs au niveau de l’offre, plusieurs analystes commencent à prévoir que les capacités disponibles de l’OPEP tomberont à 2,5 millions de barils par jour en 2012, niveaux inédits depuis le record des cours du pétrole en 2007/08.
4) Les statistiques s’améliorent déjà : Alors que nombre d’observateurs voient dans les
événements politiques la principale explication de l’envolée récente des cours du pétrole, nous
pensons que cette appréciation s’explique également par des facteurs plus fondamentaux. On
commence déjà à observer une augmentation de la production des pays de l’OPEP et des signes
d’une diminution des stocks (en décembre, la couverture de la demande à terme des pays de
l’OCDE est tombée à 57,5 jours, son niveau le plus faible des deux dernières années). Nous
sommes convaincus que nous amorçons un cycle haussier de l’énergie. Pourtant, les
valorisations des sociétés du secteur restent raisonnables. Il semble donc que le marché
n’intègre pas encore pleinement le potentiel bénéficiaire de ce secteur. Si l’on considère par
exemple l’indice S&P 500, les titres du secteur de l’énergie représentent environ 12 % de l’indice
mais devraient selon les prévisions générer 17 % des bénéfices cette année.[[ Sources : statistiques BlackRock, recherche S&P, février 2011]]
Selon Robin Batchelor, « ces quatre facteurs clés démontrent clairement la dynamique
prometteuse qui est à l’oeuvre dans le secteur énergétique et qui sera probablement le moteur de
sa performance en 2011.
« Dans ce contexte, les investisseurs doivent prendre en compte avec intérêt le potentiel du
secteur sur le long terme. Nous pensons que 2011 s’annonce comme l’année d’un retour en
grâce de l’énergie et présentera des opportunités d’investissement attractives ».
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