L’expansion économique mondiale se poursuit, mais la dynamique faiblit. Nous observons une certaine
décélération sur certains marchés émergents alors que les risques politiques et géopolitiques restent élevés
(différends commerciaux, élections). En conséquence, la fragile confiance des investisseurs peut brutalement se
transformer en aversion au risque pour certaines classes d’actifs, comme cela a
été le cas récemment pour les marchés émergents. Toutefois, cette préoccupation
n’a pas entraîné de « flight-to-quality » et donc pas de surperformance des actifs
des marchés développés. En revanche, les États-Unis ont été le grand gagnant
à la faveur d’espoirs divers (bénéfices, productivité et croissance des dépenses
d’investissement), mêlés de peur (statut de valeur refuge, rapatriement de fonds)
et de momentum. Jusqu’à présent, les performances du troisième trimestre
suivent ce schéma, dans la mesure où le marché actions américain continue
de voler de record en record tandis que la plupart des autres marchés affichent
une évolution soit stable (actions européennes et indices obligataires aggregate),
soit négative. Dans ce contexte, nous restons prudents à l’égard de l’exposition
aux actifs risqués et nous concentrons sur des thématiques soutenues par une
dynamique économique forte ou des valorisations intéressantes.
Il est temps de se
positionner pour
une fin de cycle,
en favorisant
des thématiques
actions sélectives
(États-Unis,
value) et en
faisant preuve de
prudence sur le
crédit.
Des idées à conviction forte
En termes d’actifs risqués, nous restons positionnés sur le marché actions américain, soutenu par la dynamique
de croissance et les perspectives bénéficiaires positives. Du côté des actions européennes, nous privilégions les
thématiques value dans notre quête d’exposition défensive et redevenons progressivement plus optimistes. Même
si le budget italien et les élections bavaroises peuvent être sources d’incertitudes à court terme, nous pensons
que les actions européennes devraient bientôt devenir plus attrayantes dans la mesure où les valorisations sont
de plus en plus intéressantes. Nous sommes également positifs sur le marché des actions britanniques en raison
des valorisations, des flux et des révisions bénéficiaires, ainsi que de la nature défensive de ce marché dans
un environnement de fin de cycle. Toutefois, nous continuerons de suivre avec attention les négociations sur le Brexit afin de confirmer cette opinion.
Sur le plan sectoriel, nous favorisons les matériaux de base européens,
compte tenu de bons fondamentaux, de valorisations raisonnables et d’un environnement économique toujours
favorable aux matières premières. Sur les taux, nous recommandons une faible exposition à la duration, les
investisseurs cherchant des opportunités en jouant activement les positionnements de courbes et les arbitrages
entre les obligations américaines et allemandes, en raison de la divergence entre les politiques monétaires des
banques centrales. Les devises permettent aussi de profiter de ces divergences, et les thématiques géopolitiques
offrent également de belles opportunités. À cet égard, nous sommes négatifs sur la livre sterling en raison des
incertitudes liées aux négociations sur le Brexit. Sur l’inflation, notre scénario principal continue d’anticiper
une accélération progressive de la dynamique des prix, mais nous pensons que les arguments en faveur des
obligations indexées sur l’inflation aux États-Unis ont perdu de leur vigueur, le risque futur de hausse trop
importante de l’inflation américaine nous semblant limité. Nous maintenons un positionnement prudent sur les
marchés du crédit ainsi que sur les actifs émergents.
Sur ces derniers, nous confirmons notre préférence pour la
Chine au sein de l’univers des actions émergentes, sur la base de valorisations attrayantes et d’une amélioration
des perspectives à moyen terme suite à l’adoption récente d’une politique plus accommodante.
Risques et couverture
Face à la vulnérabilité des marchés, nous estimons prudent de conserver les couvertures en place et d’envisager
une certaine exposition à l’or afin de couvrir le risque d’escalade des tensions géopolitiques et de bénéficier d’une
attitude potentiellement plus accommodante qu’anticipé de la Fed. L’exposition au JPY (face à l’USD et à l’AUD)
pourrait également profiter de son statut de valeur refuge.


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