La corrélation entre la dépréciation du yen et la hausse des actions nippones a été l’un
des principaux moteurs de cette fin d’année. L’indice TOPIX affiche une performance
positive depuis le début de l’année. L’augmentation de la TVA en avril (de 5 % à 8 %) a
fait ralentir la croissance. A tel point que le pays a enregistré deux trimestres consécutifs
de croissance négative (en termes réels) aux 2ème et 3ème trimestres.
Les impôts et les élections
De nombreuses annonces, largement relayées par les médias, ont ponctué l’année
boursière au Japon. Premièrement, le renforcement du plan d’assouplissement quantitatif
(QE) annoncé par la Banque du Japon fin octobre, avec une augmentation marquée des
achats d’emprunts d’État japonais (JGB) et d’actifs risqués, d’ETF sur actions japonaises
et des J-REIT (sociétés immobilières nippones). Quelques semaines plus tard, le Premier
ministre Shinzo Abe a annoncé le report d’une nouvelle hausse de la TVA initialement
prévue en octobre 2015 et a convoqué des élections anticipées en décembre 2014. Avec
ce report de 18 mois, la seconde hausse de la TVA (de 8 % à 10 %) n’interviendra qu’en
avril 2017 et aucun autre report ne sera possible. Des nouvelles positives ont aussi été
annoncées en octobre : le fonds de pension du gouvernement japonais GPIF – le plus
important au monde – a annoncé une diminution de son portefeuille obligataire et une
augmentation de son allocation en faveur des actions japonaises et internationales.
Conséquence de ces décisions, le yen a continué à se déprécier, alors que le marché
d’actions japonais a enregistré un fort rebond entre la fin octobre et le mois de novembre.
Une économie résiliente
Malgré la déception récente induite par l’augmentation de la TVA en avril, confirmée par les
deux trimestres inattendus de croissance négative, nous restons positifs à l’égard du Japon
à la faveur de la légère embellie de son économie. Les tensions sur le marché du travail
semblent indiquer une croissance constante des salaires, qui devrait contribuer à la hausse
de l’inflation visée par la Banque du Japon. Avec le report de la seconde hausse de la TVA,
nous pensons que l’impact positif de la hausse des salaires commencera à se répercuter
sur l’économie réelle au cours des deux prochaines années et que cela entraînera un
rebond marqué de la consommation intérieure dès 2015. En outre, les groupes cotés du
pays sont plus résilients qu’il n’y paraît. Les sociétés japonaises devraient tirer plus de la
moitié de leurs bénéfices de leurs activités à l’étranger.
La croissance des
résultats des entreprises
reste soutenue au
Japon et, surtout,
nous y observons des
avancées tangibles en
matière de gouvernance
d’entreprises.
Malgré un certain ralentissement, la croissance mondiale devrait rester modérément
positive au cours des prochaines années, alimentée par les États-Unis. Et au Japon
aussi des signaux encourageants apparaissent. Les bénéfices des entreprises continuent
à s’améliorer et les budgets d’investissement sont également renforcés, ce qui devrait –
espérons-le – se traduire par une accélération de la demande intérieure.
Le potentiel de hausse des résultats des entreprises
Comme nous l’avons déjà précisé, la croissance des résultats des entreprises reste
soutenue au Japon et plusieurs facteurs devraient soutenir cette tendance. En particulier
l’impact positif de la faiblesse du yen, qui ne se reflète pas encore dans les prévisions de
résultats. De nombreux groupes exportateurs intègrent un taux de change moyen dollar/yen
proche de 100-105 yens, alors que ce dernier se situe actuellement à 118 yens par dollar.
Les entreprises japonaises pourraient également profiter d’une réduction de l’impôt sur
les sociétés, l’un des principaux points de la stratégie de croissance de Shinzo Abe.
Actuellement le plus élevé au monde, la baisse du taux d’imposition des entreprises
japonaises (qui pourrait passer de 35 % à moins de 30 % en quelques années) pourrait
également soutenir la génération de bénéfices à moyen terme.
Soulignons par ailleurs qu’à moyen et long terme, nous observons des avancées
tangibles en matière de gouvernance d’entreprise au Japon. Les dernières mesures
prises en la matière incluent la présence d’administrateurs indépendants dans les conseils
d’administration, la création du JPX400 (un indice construit à partir de facteurs quantitatifs
et qualitatifs dont un rendement des capitaux propres (ROE) plus élevé) et la mise en
application d’un code de bonne conduite (« stewardship code »). Les réformes devraient
se poursuivre début 2015. La bourse de Tokyo va instaurer un code de gouvernance
d’entreprise. Depuis cette annonce, nous constatons que de plus en plus d’entreprises
annoncent des rachats d’actions pour réduire leur trésorerie et améliorer le rendement de
leurs capitaux propres. Tous les éléments précités semblent indiquer que les perspectives
des entreprises japonaises pour 2015 sont encourageantes.
Retour aux fondamentaux
Où allons-nous rechercher des opportunités en 2015 ? Dans le cadre de nos analyses,
nous nous intéressons aux entreprises qui présentent des bénéfices et des valorisations
soutenables à moyen et long terme. Nous privilégions celles qui bénéficient de moteurs
de croissance qui leur sont propres, plutôt que de faire des paris sur la reprise cyclique ou
les facteurs macroéconomiques porteurs, comme la baisse du yen.
Dans le cadre de nos
analyses, nous nous
intéressons aux entreprises
présentant des bénéfices
et des valorisations
soutenables à moyen et
long terme.
Nous jugeons attractives certaines valeurs cycliques (constructeurs automobiles,
fabricants de matériel électrique et certaines entreprises spécialisées dans les machines),
du fait du potentiel de révision à la hausse de leurs résultats, tout en restant prudents
concernant les niveaux de valorisation. Nous apprécions également les sociétés de
négoce et les valeurs financières pour leurs valorisations peu élevées. En 2015, nous
pensons aussi être en mesure d’identifier des opportunités d’investissement dans des
valeurs délaissées mais en phase de retournement. Comme toujours, nous maintenons
la même rigueur et suivons à la lettre notre approche de sélection des valeurs au cas
par cas, en nous appuyant sur les travaux de recherche fondamentale réalisés par nos
équipes sur le terrain.
Ajouter un commentaire