La reprise des économies développées se confirme
La croissance au sein des économies développées s’accélère
progressivement, mais reste relativement faible, explique Christophe
Donay, responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche
macroéconomique chez Pictet Wealth Management, lors de la conférence
«Perspectives» de Pictet du 18 juin à Paris. En ce qui concerne les EtatsUnis,
nous prévoyons toujours une accélération au 2e trimestre. Car même
si l’on attend encore une confirmation, les données publiées début juin sont
encourageantes. La croissance s’améliore aussi progressivement dans la
zone euro. Néanmoins, une croissance plus forte du crédit et des
investissements productifs sera nécessaire pour relancer durablement la
croissance économique.
La Chine est actuellement la région la plus inquiétante de l’économie
mondiale, le pays cherchant toujours à stabiliser son niveau de croissance.
Nous ne doutons certes pas que les autorités feront ce qu’il faudra pour
éviter un ralentissement sévère et pour stimuler une reprise modeste d’ici
la fin de l’année, mais elles paraissent un peu en retard.
Quant à la stabilisation des prix du Brent autour des 65 dollars le baril elle
favorise des taux d’inflation globale sous contrôle au plan mondial,
apaisant les pressions baissières sur les prévisions de taux d’intérêt des
marchés obligataires.
Le premier relèvement de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed)
pourrait n’être que de 0,125 point
La Fed devrait augmenter ses taux d’intérêt cette année (probablement en
septembre), en l’absence de choc exogène imprévu. Toutefois, ce
relèvement pourrait n’être que d’un huitième plutôt que d’un quart de
point de pourcentage, comme généralement attendu. Les banques
centrales entendent en effet éviter de trop perturber les marchés financiers,
car cela pourrait provoquer un dérapage de la reprise économique.
La valorisation des actions des marchés développés atteint des niveaux
extrêmes
Les valorisations des actions aux Etats-Unis et en Europe évoluent
clairement en zone d’excès. Par exemple, le ratio PER à 12 mois est de 16,8
pour l’indice S&P 500 et de 15,8 pour l’indice Stoxx 600, alors que les
moyennes historiques (depuis 1988, à l’exclusion des bulles) se situent à 14
et 11,7 respectivement. La tendance haussière est ainsi imputable à
l’expansion des valorisations plutôt qu’à la croissance des bénéfices. Dans
ce contexte de politique monétaire favorable, et si l’on suppose que la
croissance économique correspondra aux anticipations, les marchés
actions devraient rester haussiers, à moins d’un choc majeur.
La volatilité restera élevée
La désynchronisation des politiques monétaires des banques centrales
depuis six mois a accru la volatilité des taux de change. La Fed resserrant
sa politique monétaire, alors que la BCE et la Banque du Japon continuent
d’appliquer leur politique d’assouplissement, la désynchronisation
perdure. Celle-ci génère ainsi une forte instabilité sur les marchés des
changes.
La volatilité s’observe également sur les marchés obligataires.
Un nouveau
rebond soudain des taux du Bund allemand début juin a accentué le
trouble des investisseurs, déjà inquiets de l’effondrement possible des
marchés obligataires. Les banques centrales voudront toutefois éviter une
hausse rapide des taux d’intérêt à long terme, car des coûts de financement
excessifs pourraient engendrer un dérapage de la reprise économique.
Nous anticipons donc une progression en douceur des taux plutôt qu’une
hausse accentuée, bien que toujours empreinte de volatilité jusqu’à ce que
les taux retrouvent lentement les niveaux correspondant aux
fondamentaux.
La dette émergente en devises locales pourrait être favorisée par une
liquidation de positions en obligations souveraines des marchés
développés et les rendements sont très attractifs (environ 7% pour l’indice
JPMorgan GBI-EM). Jusque récemment, ils étaient neutralisés par le risque de change mais, à la suite d’ajustements importants, les devises
émergentes nous paraissent très sous-évaluées par rapport au dollar
américain, plusieurs mauvaises nouvelles ayant déjà été intégrées aux
valorisations.
Dans cette situation de liquidités excessives et de volatilité, nous
maintenons une stratégie de diversification robuste du risque des
portefeuilles.
Même en tablant sur une hausse progressive des rendements,
les bons du Trésor américain restent la meilleure protection des
portefeuilles contre un choc possible sur les marchés actions, grâce à leur
corrélation négative. La diversification 60/40 du portefeuille (60% en
actions et 40% en obligations d’Etat) reste dès lors une allocation d’actifs
adaptée à l’environnement actuel.
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