Performance positive en septembre
Les obligations high yield européennes ont affiché
des gains ce mois?ci. Bien que tous les marchés se
soient focalisés sur l’éventuelle réduction du QE
de la Fed, la décision de celle?ci de le poursuivre
n’a eu que des effets directs limités sur le marché
européen du high yield, lequel a progressé très
régulièrement au cours du mois. A l’inverse, les
rendements souverains ont chuté des deux côtés
de l’Atlantique. Celui du Bund allemand à dix
ans a reculé par rapport à leur plus haut depuis
le début de l’année de 2,04%. Au plan politique,
les élections allemandes n’ont pas inquiété,
Angela Merkel ayant assuré la victoire de la
CDU. Les craintes relatives à un nouveau plan
pour les pays périphériques ont pesé sur les
obligations d’Etat portugaises ainsi que sur les
émetteurs high yield, notamment les émetteurs
grecs qui ont été affectés par cette victoire. Les
signes de réchauffement conjoncturel et la
progression des indices des directeurs d’achat,
tant au coeur de l’Europe qu’à sa périphérie, ont
également soutenu la classe d’actifs.
Quels que soient les pays et les secteurs, la
plupart des émetteurs ont affiché des gains. Les
obligations d’entreprises ont légèrement
surperformé les valeurs financières grâce aux
télécommunications et à la consommation
cyclique. Les services aux collectivités sont restés
en retrait. En termes de notations, les BB, plus
sensibles aux rendements souverains, se sont
reprises pendant la seconde partie du mois, ces
derniers ayant baissé après la réunion de la Fed.
En septembre, le marché primaire a été atone.
TVN, le réseau de télévision polonais noté B+, a
émis un emprunt à 7,37% venant à échéance en
2020. ENEL a fait appel au marché avec un
emprunt hybride noté BB+, libellé en dollars. Le
marché primaire a été dominé par Verizon, le
groupe américain de télécommunications noté
investment grade qui a lancé le 11 septembre
l’émission obligataire la plus importante
enregistrée à ce jour. Les obligations Verizon ont
été bien reçues et les spreads se sont resserrés. En
termes de révision de notes, le constructeur
automobile britannique Jaguar a été relevé à Ba2
par Moody’s. Le fabricant allemand de
pneumatiques Continental a été relevé à Baa3 par Moody’s et à BBB par Fitch.
Schaeffler, le principal actionnaire de ce fabricant, a vu sa note
relevée par Moody’s, après avoir cédé 4% de
Continental afin de rembourser sa propre dette.
A l’inverse, EDP, l’ancien monopole d’électricité
portugais, a été mis sous surveillance négative
par Standard & Poor’s, suite à la dégradation du
Portugal. Les nouvelles relatives aux entreprises
se sont concentrées sur le secteur des
télécommunications où les fusions, acquisitions
et restructurations s’avèrent un thème dominant.
Verizon Communications a notamment accepté
de racheter à Vodafone Group, pour
130 milliards de dollars, sa participation dans
Verizon Wireless aux Etats?Unis. Le groupe
néerlandais KPN était en discussion avec
America Movil, tout en cédant sa filiale
allemande E?Plus à Telefónica. Moins
réjouissant, Codere, la société de jeux espagnole,
a fait défaut après avoir reporté le paiement de
son coupon au?delà de la période de grâce.
Perspectives
Nos perspectives macroéconomiques pour
l’Europe sont devenues plus positives depuis le
mois dernier, suite au rebond dans toute
l’Europe des indices de directeurs d’achat. Le
24 septembre, l’indice allemand du climat des
affaires a progressé, moins toutefois que ne le
prévoyaient les économistes. Sur fond de chiffres
de la croissance en amélioration, la fin de la
saison des résultats n’a pas révélé de surprises
négatives, apportant la confirmation de la
relative bonne santé des bilans, résultat d’une
gestion prudente. Par ailleurs, en raison de la
moindre volatilité des rendements souverains,
les craintes des investisseurs devraient
s’estomper et l’appétit pour le risque se
renforcer. Toutefois, nous continuons de
surveiller de près la situation politique en
Europe. La nomination d’un nouveau président
de la Fed et la perspective d’un prochain round
de chamailleries à propos du plafond de la dette
pourraient également être sources de volatilité à
court terme. Globalement, nous restons positifs
quant au high yield, dans la mesure où le
désendettement des banques crée des
opportunités intéressantes et où les investisseurs
non européens reviennent sur les marchés
européens des actions et du crédit.
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